vendredi 12 novembre 2010

LA PRINCESSE DE MONTPENSIER **


Sortie: 3 novembre 2010
Réalisateur: Bertrand Tavernier
Avec: Mélanie Thierry, Lambert Wilson, Gaspard Ulliel, Raphaël Personnaz, Grégoire Leprince-Ringuet, Michel Vuillermoz, Florence Thomassin...

1562. Marie de Mézières est folle amoureuse d’Henri de Guise mais son père décide de la marier avec Philippe de Montpensier. Après leur mariage, ce dernier appelé par le roi, la confie à son bon ami, le comte de Chabannes. Il ne tarde pas, lui aussi, à être séduit par la jeune femme. Mais Marie n'a pas oublié de Guise. Enjeu de rivalités amoureuses auxquelles viendra s'ajouter par la suite, le duc d'Anjou, le frère du roi, Marie à force de passion, se perdra.

Après un thriller au cœur du bayou de la Nouvelle-Orléans avec Dans la Brume électrique, Bertrand Tavernier retourne aux films de costume. La princesse de Montpensier, sélectionné en compétition officielle au dernier festival de Cannes (où il n’a rien remporté), est une adaptation de la nouvelle éponyme de Madame de la Fayette (1662). Vie romancée de personnages ayant réellement existé (quoique Marie semble être une pure invention), Madame de la Fayette, féministe avant l’heure, y décrit à travers l’histoire d’une passion, la liberté entravée des femmes de son époque.
Difficile pour Bertrand Tavernier de choisir celle qui interprétera cette femme au destin bridé. Il a finalement porté son choix sur Mélanie Thierry. Césarisée pour Un dernier pour la route, l’actrice française qui a donc le vent en poupe en ce moment, est plutôt crédible dans la peau de Marie. Mais elle ne se contente que du strict minimum. Elle est bien belle et douce, mais tant que le tout manque cruellement de fougue. Pendant que Gaspard Ulliel (Henri de Guise), lui, déborde de passion, son animalité croissant avec les années, Mélanie Thierry aurait dû s’adjaniser davantage.
Ses partenaires masculins s’en sortent par contre à merveille. Ainsi, Grégoire Leprince-Ringuet (croisé dans La princesse de Clèves, également une adaptation de Madame de la Fayette) assure dans le rôle du mari trompé et jaloux. Ulliel est, quant à lui, dans son élément. Tandis que Raphaël Personnaz (le duc d’Anjou) est la révélation du film. Heureusement que le jeune comédien est là pour relever le ton accablé du film, de sa jovialité et de son charisme. Mais tout du long, on a d’yeux pour que Lambert Wilson. L’acteur auréolé du succès du très récent Des hommes et des dieux, doit être dans une période prolifique. Tour à tour, pygmalion, protecteur, amoureux platonique, père de substitution de la jeune Marie, le comte de Chabannes est le plus admirable et le plus sincère de tous ses prétendants. Wilson est tout bonnement magnifique. On ne lui connaissait pas cet aura si romantique.
La princesse de Montpensier serait d’un académisme ennuyeux selon certains. Peut-être. Mais le dernier Tavernier vaut tout de même le détour. Un rappel de la place de la femme au XVIème siècle ne peut pas faire de mal et Lambert Wilson est plus touchant que jamais.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ton blog s'embellie à chaque visites, j'adore tes critiques, et avant chaque scéance ciné je pense toujours à checker ta critique
Merci Tiffany

laurence a dit…

Je partage votre avis pour le jeu des acteurs, en particulier Lambert Wilson. Pour le reste, je suis un peu agacée de lire des choses telles que Mme de la Fayette "féministe avant l'heure" qui montre les conditions de la femme du XVIème siècle. Agacée aussi de cette perpétuelle recherche d'historicité, de réalité. Le personnage, réel ou pas, n'est qu'un prétexte à construire un personnage aux prises avec la passion, en quoi est-ce utile pour (mal) juger cette nouvelle (que vous n'avez sans doute pas lue)?
En voyant ce film, j'ai eu l'impression d'un viol de la nouvelle: les personnages sont grossis, simplifiés, vulgarisés. Les scènes de violence se multiplient, de même que les moments érotiques: en opposition parfaite avec la délicatesse du style de Mme de Lafayette, et à l'esthétique classique. La princesse de Montpensier n'est plus une jeune fille tiraillée entre sa vertu et sa passion qui finit par mourir d'amour, mais une gamine effrontée et parfois vraiment stupide;
Le comte de Chabannes quant à lui est transformé en héros défenseur de la dignité humaine... beau rôle mais complètement anachronique !
Finalement, tout ceci nous montre que Tavernier est passé à complètement à côté de la nouvelle, ce qu'aucun critique n'est malheureusement capable de dire.