mercredi 24 décembre 2008

MESRINE, L'ennemi public n°1 ****


Sortie : 19 novembre 2008
De : Jean-François Richet
Avec : Vincent Cassel, Ludivine Sagnier, Olivier Gourmet, Mathieu Amalric, Gérard Lanvin, Samuel Lebihan...

Après de multiples méfaits à l'étranger, Mesrine revient en France. Déclaré ennemi public n°1 à la suite d'un énième braquage, ses crimes de plus en plus politisés suscitent autant la peur, que la fascination chez les Français. La police, plus que jamais sur ses talons se fait réellement menaçante mais Mesrine, fort de sa popularité ne prend pas assez garde. Jusqu'à ce que sa vie de gangster le rattrape fatalement, le 2 novembre 1979.

La première partie du diptyque consacré à la vie de Mesrine mettait l'eau à la bouche, nous donnant une envie furieuse de découvrir la suite et la fin de ses périlleuses "aventures". Le second opus est plus que jamais réjouissant. On retrouve avec un immense plaisir Vincent Cassel décidément fantastique dans la peau de Mesrine. Sa désinvolture est savoureuse, sa nervosité vraiment terrifiante. Mesrine fait rire autant qu'il fait peur. On prend un plaisir coupable à le suivre dans son existence d'hors-la-loi, mais quand sa violence dépasse les bornes, on se prend à avoir honte d'être tant impressionnés. Vincent Cassel disait que même après neuf mois de tournage, il ne pouvait toujours pas juger Mesrine. Le spectateur est tout autant troublé par son ambiguïté. 
Le casting changeant du tout au tout dans cette deuxième partie, on découvre les nouveaux partenaires de crime du gangster. Samuel Lebihan assez peu présent à l'écran n'a pas le temps de laisser une forte impression. Gérard Lanvin est quant à lui, surprenant avec son accent basque. Olivier Gourmet est le plus méconnaissable dans la peau du commissaire responsable de l'exécution de Mesrine. Mais c'est surtout Mathieu Amalric, parfait en complice roi de l'évasion qui se montre le plus à la hauteur de Cassel. Son jeu tout en retenue contre-balance celui plus électrique de son partenaire. Ludivine Sagnier est également parfaite en compagne forte tête, elle semble être celle qui aura été le plus dans un rapport de parité avec son ennemi public n°1 de compagnon.
La réalisation tout aussi excellente que dans le précédent opus est cependant aussi plus frustrante. Les spectaculaires évasions de Mesrine constituant des scènes particulièrement intenses, le scénario en inclut cette fois-ci deux plutôt qu'une, mais passé ces instants de pur suspens, il est dommage que le montage soit si haché. On a toujours cette impression de rater des moments clés de sa vie. Sa fin prématurée nous laisse sur notre faim et deux heures dix de film (une heure cinquante pour le premier épisode) ne semble pas rendre justice à la trépidante vie de ce criminel hors du commun. Un format plus long nous aurait permis d'en apprendre davantage. Heureusement Mesrine eut la bonne idée d'écrire, on ressort avec l'envie d'en découvrir plus par l'intermédiaire de sa propre main.
Peut-être que cette seconde tranche de vie est plus frustrante que la première, mais on ne peut bouder son plaisir face à un aussi bon thriller français lequel permet à Cassel, lesté de vingt kilos supplémentaires, de livrer une magistrale performance.

Relire ma critique de : Mesrine, l'instinct de mort


dimanche 21 décembre 2008

SECRET DEFENSE ***

Sorti le : 10/12/08
Réalisateur: Philippe Haim
Avec: Gérard Lanvin, Vahina Giocante, Nicolas Duvauchelle, Simon Abkarian, Rachida Brakni, Mehdi Nebbou, Aurélien Wiik, Kamel Belghazi...

Il n'y a pas plus différent que Pierre, jeune délinquant jeté en prison et Diane, étudiante en arabe. Mais quand il se laisse embrigader dans le terrorisme et qu'elle se fait recruter par la DGSE afin de lutter contre celui-ci, leurs vies si distinctes prennent une tournure vite parallèle jusqu'à se croiser.
Traitant des thèmes de l'espionnage et de la manipulation, Philippe Haim réalise ici son quatrième et meilleur film. Le scénario à la trame plutôt simple est d'une efficacité exemplaire. Voir ces deux jeunes, auxquels on s'attache immédiatement se faire manipuler à leur insu par deux entités ennemies, est passionnant. La république contre le terrorisme : deux systèmes aux valeurs divergentes mais aux méthodes de recrutement similaires, mais Haim sait éviter tout manichéisme pour mieux se concentrer sur ses personnages. Si tous les protagonistes, loin d'être surfaits, sont réellement approfondis, ce sont les rôles de Vahina Giocante et de Nicolas Duvauchelle qui interpellent le plus. Le spectateur totalement néophyte en matière de secret défense découvre en même temps que ces deux héros, les coulisses du pouvoir et ses néfastes conséquences. Giocante, totalement impliquée est celle qui retiendra le plus notre attention, véritable héroïne du film, elle fait, sans mal, face à un Lanvin, parfait en chef des services secrets toujours froid, méfiant et manipulateur. Duvauchelle quant à lui est extrêmement touchant dans le rôle de ce jeune, perdu, à la recherche d'une famille de substitution. Complètement naïf à cause de son absence de repères, il se laisse entraîner du mauvais côté et ne se rendra compte de son erreur que trop tard.
Nous tenant en haleine du début à la fin, le film se dote sans se cacher d'une efficacité toute américaine, mais conserve bien heureusement une fine subtilité française qui lui évite de tomber dans la facilité. Bien loin de toute référence jamesbondienne, "Secret défense" est bien plus qu'un film d'action français tentant de rivaliser face aux blockbusters hollywoodiens et ce grâce à un très bon réalisateur qui intègre à son film des thèmes qui nous amènent à réfléchir sur notre société actuelle et ses problèmes. Mais le film déjà excellent sous ce format aurait gagné en épaisseur en se dotant d'une intrigue plus complexe et plus noire encore. Certaines scènes sont assez dures mais il est certain que la réalité doit être encore plus violente.
Haim livre un des meilleurs films français de l'année. Son scénario clair, intelligent, solide et fouillé marquera probablement les esprits des spectateurs pendant un temps. On ressort de la salle un brin soupçonneux.

bande annonce allociné

dimanche 14 décembre 2008

MENSONGES D'ETAT ***


Titre original : Body of lies
Sortie : 5 novembre 2008
De : Ridley Scott
Avec : Leonardo Dicaprio, Russell Crowe, Mark Strong, Golshifteh Farahani...

Agent secret travaillant pour le compte de la CIA, Roger Ferris est envoyé en Jordanie afin de capturer un des principaux chefs de file du terrorisme. Sur place, il tente de s'assurer le soutien du directeur des services de renseignements jordaniens mais les directives douteuses de son propre supérieur, Ed Hoffman, basé à Washington, lui compliquent la tâche.

Marquant la quatrième collaboration de Ridley Scott et de Russell Crowe et la deuxième de ce dernier avec Leonardo Dicaprio, Mensonges d'Etat aborde le sujet sensible du terrorisme. Se basant sur un roman éponyme de David Ignatius, journaliste au "Washington Post" (Body of lies), le film décrit sans langue de bois les méthodes d'espionnage des services secrets américains.
Le film très réaliste aurait pu égarer le spectateur mais l'intrigue très complexe est, fort heureusement limpide avec un minimum d'attention. Lorgnant du côté du Royaume (l'excellente surprise de 2007), le scénario fait état de notre actualité, il lui manque néanmoins l'intensité du film de Peter Berg. Seule une éprouvante scène de torture nous fera agripper nos mains aux accoudoirs. Mais c'est que Mensonges d'Etat prend le temps de se concentrer sur ses personnages pour mieux nous révéler toute l'ambiguïté des relations de l'agent et de son patron. Le peu de scènes qui les réunit sont savoureuses. Crowe n'est jamais aussi bon que quand il est dirigé par un Ridley Scott inspiré (on est loin de la splendeur de Gladiator mais on est également loin du désastreux Une grande année. Le duo réitère dans le polar réussi après American gangster). L'acteur aux répliques jubilatoires joue avec les nerfs d'un Dicaprio prêt à exploser, les deux hommes se respectent tout en se défiant et le jeu des acteurs est formidablement complice. Leurs scènes communes sont un pur régal.
Mais la révélation du film n'est autre que Mark Strong. Déjà hypnotisant dans Rock'n'rolla de Guy Ritchie, l'acteur éblouit l'écran de son évident charisme. Son rôle, pas si évident de chef des services secrets jordaniens, fait de lui le personnage le plus ambigu du film et du coup, le plus passionnant. On adore également l'actrice iranienne, Golshifteh Farahani, d'une beauté incroyable. 
Mensonges d'Etat ne révolutionnera pas le cinéma traitant de terrorisme mais c'est plaisant de suivre une bonne intrigue jouée par de bons acteurs dirigés par un bon réalisateur.

MADACASGAR 2 ***

Sorti le: 03/12/08
Réalisateur: Eric Darnell et Tom McGrath
Avec les voix de: Ben Stiller, Chris Rock, David Schwimmer, Jada Pinkett Smith, Sacha Baron Cohen, Bernie Mac, ALec Baldwin...

Après s'être échoué par erreur en Madasgacar, loin de leur New York natal, Alex, le lion, Marty, le zèbre, Gloria, l'hippopotame, et Melman, la girafe, se retrouvent en Afrique, la terre de leurs ancêtres, après un vol raté.
Un occasion pour eux de renouer avec leurs origines.
Sorti en 2005, le premier opus de la saga Madacasgar (un troisième est déjà en préparation), avait illuminé les salles françaises alors en pleine période de fête du cinéma. Film anti-dépresseur par excellence, on ressortait de la salle le sourire aux lèvres, fruit d'une incontenable bonne humeur.
Le deuxième opus reprend la marque de fabrique du premier et nous emplit tout autant de joie. Si ce n'est plus. Le scénario mieux ficelé et plus approfondi place la barre un peu plus haute pour le futur et dernier épisode.
Les animaux new-yorkais apprivoisent vite le continent africain bousculant ses codes aidés par une assurance toute citadine. Mais ils restent toujours drôles et émouvants dans leurs découvertes teintées d'une naïve sincérité. Mais si l'émotion est au rendez-vous, elle ne prend jamais le pas sur l'humour, principal pivot du film pour lequel le spectateur se déplace et paye. Alex et Marty forment un duo attachant, et Melman est touchant meurtri par son amour secret pour Gloria. Mais il n'y aura pas plus truculent que le king Julian, mégalomane puant de prétention mais drolatique à souhait ou cette bande de pingouins surprenants d'inventivité.
A noter également, une scène d'anthologie qui sans atteindre le niveau de "I like to move it", se révélera certainement avec le temps, tout aussi culte. Celle de Moto Moto (Will.I.Am des Black Eyes Peas), prétendant de Gloria, qui lui chante son amour pour les rondes ("big and chunky") sur des faux airs de "I'm too sexy" de Righ Said Fred.
Les images de synthèses 3D, plus abouties que dans le premier, sonnent comme du 2D et comblent nos esprits nostalgiques tout en restant modernes. De plus l'équipe technique a su recréer une Afrique tout aussi belle que si elle avait été filmée. Une véritable prouesse!
Seul fausse note du film, la présence trop accrue des humains, spécialement celle de la grand-mère, grande rivale d'Alex le lion. On finit par se lasser de ces humains bêtes et méchants, espérant que le retour parmi les animaux de la jungle ne sera pas trop long.
En bref, un excellent second opus diffuseur de bonheur. Vivement la suite!

bande annonce allociné

samedi 29 novembre 2008

MESRINE, L'instinct de mort ****




Sortie : 22 octobre 08
De : Jean-François Richet
Avec : Vincent Cassel, Gérard Depardieu, Gilles Lellouche, Elena Anaya, Cécile de France, Roy Dupuis, Florence Thomassin...

Durant les années 60, Jacques Mesrine revient de la guerre d'Algérie, quand il fait ses débuts dans le grand banditisme français. Des îles Canaries, en passant par le Canada et les Etats-Unis, Mesrine multiplie les méfaits en tout genre jusqu'à devenir au début des années 70, l'ennemi public n°1.

Première partie du diptyque consacré à la vie du plus célèbre criminel français, "Mesrine, l'instinct de mort" est de loin le meilleur film français sorti depuis un bon bout de temps. Cette première partie, qui a mis des années à voir le jour, est si réussie qu'on a l'eau à la bouche, impatient de découvrir la suite et la fin des "aventures" de cet homme hors normes.
Le film, sans jamais prendre parti, évite tout manichéisme pour se concentrer sur une retranscription fidèle (le scénario des deux films se base sur deux autobiographies de Mesrine) et chronologique de sa vie. Et ce pour le plus grand bonheur du spectateur qui peut, sans être guidé de force, se forger sa propre opinion sur ce bandit ambigu. Ambigu car malgré de terribles méfaits, passant du simple braquage aux meurtres gratuits, on ne peut s'empêcher, non d'être admiratif mais d'être fasciné par Mesrine. À la fois, gangster sans foi ni loi et héros des médias porteur d'un message politique, Mesrine était le personnage parfait pour se retrouver au centre d'un pur thriller. Le film est simplement passionnant, on est captivé par ce qui se passe sur l'écran. Sans parler de cette splendide évasion d'une terrible prison québécoise, faisant passer Michael Scoffield pour un petit joueur.
Vincent Cassel, sans conteste le meilleur acteur français de sa génération toujours partant pour des rôles à chaque fois plus difficiles, incarne Mesrine à la perfection. Tant qu'on en oublie les nombreux seconds rôles pourtant tous excellents.
Le film de Jean-François Richet est efficace de bout en bout ne tombant jamais dans une prétention qu'on pourrait parfois reprocher à certains thrillers français. Il ne perd pas une seule fois le spectateur prêt dès la fin du film à découvrir la fin d'un bandit controversé.


TWO LOVERS ***

Sorti le : 19/11/08
Réalisateur: James Gray
Avec: Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow, Vinessa Shaw, Isabella Rossellini...

Léonard, le coeur ravagé par le départ de son ex-fiancée tombe fou amoureux de sa nouvelle voisine, Michelle, amoureuse d'un autre. Mais ses parents préféreraient le voir avec la douce Sandra, fille d'amis à eux, et très sensible à la charmante fragilité du jeune homme.
Troisième film de Joaquin Phoenix sous les commandes de James Gray, on s'impatientait après l'excellent "La nuit nous appartient" de voir la nouvelle oeuvre du duo. A l'image d'un Burton-Depp, d'un Fincher-Pitt ou encore d'un Scorsese-DeNiro/Dicaprio, le cinéaste et l'acteur semblent s'être trouvés pour ne plus se quitter et produire ensemble une collection de petits chefs-d'oeuvres.
Mais les trop grandes espérances se muent souvent en déception. Ici, c'est une semi-déception car le film aurait été une véritable réussite sans un seul petit détail. Petit détail, certes, mais de plus la plus haute importance. S'appuyant sur le thème déjà de multiples fois traité mais toujours intéressant du triangle amoureux, le juste choix des acteurs était crucial, le film reposant entièrement sur les épaules de ses trois principaux protagonistes. L'erreur de casting est ici malheureusement évidente et laisse le spectateur pantois, déçu du manque de saveur d'un film qui promettait l'atteinte du sommet des carrières respectives de Gray et de Phoenix.
L'erreur de casting en question, c'est Gwyneth Paltrow. Loin d'être mauvaise actrice, elle est réellement impliquée dans son rôle de femme, objet de tous les désirs. Mais l'alchimie entre elle et Joaquin Phoenix n'est tout simplement pas au rendez-vous et cela suffit à faire s'effondrer un film jusque-là parfait dans tous ses aspects.
James Gray, peut-être le meilleur réalisateur américain actuel, ne s'est jamais encombré d'une réalisation grandiloquante pour toujours privilégier la mise en scène de ses scénarios teintés d'un réalisme qui résonne comme un écho à nos propres vies.
Il est dommage que cette seule affaire d'alchimie ratée vienne quelque peu gâcher le tout. D'autant qu'il n'y a rien à redire sur le reste du casting. Vinessa Shaw est parfaite et adorable dans la peau de la femme amoureuse, victime sans le savoir d'un Phoenix déchiré entre deux femmes. On adorera également une Isabella Rossellini très touchante dans la peau d'une mère soucieuse du bonheur de son fils meurtri par la vie.
Phoenix, semble moins concerné que dans "La nuit nous appartient", mais il reste à jamais touché par cette mystérieuse grâce qui confère à son jeu, une remarquable intensité. Le voir tiraillé entre coeur et raison, l'emplit d'une grande humanité. Son comportement est très inélégant mais il est impossible de juger un homme dont on a tous partager le sentiment.
Espérons que ces récents propos relatifs à un retrait définitif des plateaux pour se consacrer à la musique ne soit qu'une lubie momentanée.
Au final, "Two Lovers" n'est pas le film tant espéré (la faute non intentionnelle de Paltrow) mais on succombe à l'alliance de la sincère simplicité de Gray et du jeu désarmant de Phoenix.

bande annonce allociné

dimanche 23 novembre 2008

L'ECHANGE ***

Sorti le: 12/11/08
Réalisateur: Clint Eastwood
Avec: Angelina Jolie, John Malkovich, Jeffrey Donovan, Michael Kelly...

Mars 1928, Los Angeles, alors que Christine Collins rentre de son travail, Walter, son fils n'est pas à la maison.
Elle prévient immédiatement la police de sa disparition. Cette dernière, après des mois d'enquête, lui ramène un garçonnet qui affirme être Walter . Mais Christine est convaincue qu'il ne s'agit pas de son fils. Aidée par le révérend Briegleb, qui dénonce régulièrement les exactions de la police californienne dans une émission de radio, elle va tout tenter pour retrouver son fils.
Après un diptyque couvrant la bataille d'Iwo Jima à la fin de la seconde guerre mondiale et un chef d'oeuvre oscarisé nommé "Million Dollar Baby", Eastwood revient sur le thème de la tragédie familiale dans la veine de "Mystic River".
Après le père voulant venger le meurtre de sa fille, "L'échange" relate l'histoire d'une mère bouleversée par la disparition de son unique enfant.
La différence est maigre, mais c'est qu'elle ne se situe pas au niveau de l'intrigue principale mais plus à la périphérie de celle-ci. Si dans "Mystic River", Eastwood se concentrait uniquement sur ses protagonistes, leurs liens et leur passé commun, il va au-delà de tout ça dans son nouveau film. Misant sur une mise en scène classique et formelle comme dans un peu près tous ses films, le célèbre réalisateur préfère se centrer sur le fond. Le drame que vit Christine Collins aurait pu n'être qu'un énième évènement aussi vite lu qu'oublié à la page des faits divers mais la ténacité à toute épreuve de celle-ci met en lumière les pratiques douteuses de la police. Eastwood, qui est pour le coup au cinéma ce qu'Ellroy est à la littérature, se base sur de véritables faits et en profite pour dénoncer les obscurs agissements de la police de Los Angeles. Ainsi le film répond à diverses questions: par quels honteux procédés la police tente-t-elle de redorer son image?
Comment une seule femme, par amour pour son fils, va bouleverser l'ordre établi? Etc.
Une femme remarquablement interprétée par Angelina Jolie. Il pourra toujours y avoir mille controverses à son sujet, elle n'en demeura pas moins une excellente actrice. Déjà exceptionnelle dans "Un coeur invaincu" dans la peau de Marianne Pearl, elle est ici parfaite en mère courage.
Seul réel défaut du film: sa longueur. Il faut deux heures vingt à Eastwood pour développer tous ces thèmes. Deux heures auraient largement suffi, tant on ressort du film littéralement lessivée. Certes, on vient d'assister à la nouvelle prouesse d'un génie mais le film est trop émotionnellement éprouvant pour se permettre d'être aussi long.
Hormis ces vingt minutes en trop, le reste n'est que la parfaite démonstration du talent du maître incontesté qu'est Clint Eastwood.

bande annonce allociné

mercredi 19 novembre 2008

La critique de THE DUCHESS ***


Sortie : 12 novembre 2008
De : Saul Dibb
Avec : Keira Knightley, Ralph Fiennes, Charlotte Rampling, Hayley Atwell, Dominic Cooper...

Fin du XVIIIe siècle, Lady Georgiana Spencer épouse le riche et influent duc de Devonshire grâce à un mariage arrangé. Ravie au début, la nouvelle duchesse déchante vite. En plus de devoir supporter un ménage à trois avec la maîtresse de son mari, elle ne peut vivre librement son amour avec Charles Grey, jeune politicien visant le poste de Premier Ministre.

Une affiche peu attirante, une bande annonce qui frôle le mielleux, un réalisateur quasi inexpérimenté. On appréhende un médiocre simili de Marie-Antoinette. Mais si The Duchess nous laisse assister à quelques défilés de robes, ce n'est que pour mettre en avant l'avant-gardisme de Georgiana en matière de mode. Et si on pénètre dans l'alcôve pour assister à sa relation extraconjugale, ce n'est que pour la voir fuir la prison à peine dorée dans laquelle son mari tente de l'enfermer. Rien de mielleux, ici. Saul Dibb brosse le portrait d'une femme incroyable qui devance les tendances dans tous les domaines que ce soit en matière de mode, d'amour ou même de politique. Car étant belle, charmante, et intelligente, Georgiana est très populaire et met un point d'honneur à mettre toutes ses qualités au service du parti politique qu'elle et son mari soutiennent et parmi lequel, elle compte de nombreux amis.

dimanche 16 novembre 2008

LARGO WINCH ** (en avant-première)

Sorti le: 17/12/08
Réalisateur: Jérôme Salle
Avec: Tomer Sisley, Kristin Scott Thomas, Miki Manojlovic, Gilbert Melki, Mélanie Thierry, Karel Roden...

Vu en avant-première le samedi 15 novembre 2008 au Club de l'étoile, j'ai la chance de pouvoir écrire la critique de "Largo Winch" avec un bon mois d'avance. Merci encore Allociné. Enjoy!

Le richissime homme d'affaires Nerio Winch est retrouvé mort noyé. Son testament révèle l'existence d'un fils caché, Largo qui doit hériter de toute sa fortune et accéder à la tête de sa puissante entreprise. Mais la mort de Nerio ayant réveillé certaines convoitises, l'apparition de Largo en dérange plus d'un prêts à tout pour accéder au pouvoir.
D'abord publiées sous la forme de romans dès 1977, puis sous la forme de bandes dessinées à partir de 1990, les aventures de Largo Winch sur grand écran sont attendues avec impatience mais également avec appréhension par ses nombreux fans. Surtout que si l'adaptation en série télé proposait un acteur ressemblant au héros, le choix de Tomer Sisley dans la peau du milliardaire pour l'adaptation ciné paraissait moins évident. Mais peu importe le physique, quand l'acteur est habité par le rôle, dixit Philippe Francq, le dessinateur de la BD. Car ça fonctionne, Sisley est drôle, à l'aise, attachant et même très crédible dans les cascades (qui lui ont valu cinq mois d'entraînement).
Jérôme Salle (déjà réalisateur du polar "Anthony Zimmer") semble affectionner la réalisation d'histoires emplies de secrets et s'en tire à merveille. Le montage nerveux nous tient en haleine et le film recèle de scènes parfois techniquement impressionnantes (le verglas qui s'agite sur le sol ou la fameuse chute de Largo tout comme un des combats finaux en font partie).
Mais si "Largo Winch" est peut-être le premier film français à ne pas démériter et ce visuellement face aux blockbusters américains, il pêche en reprenant leurs grosses ficelles scénaristiques. On pense beaucoup à James Bond durant le film, et même si le scénariste Julien Rappeneau et le réalisateur Jérôme Salle se défendent d'avoir conçu un 007 made in France, il semble évident que le célèbre agent secret gravé dans l'inconscient collectif de toutes les générations a dû, malgré eux, les influencer. Mais tel un "James Bond", "Largo Winch" a un récit bien construit. Car pour être bien ficelé, le scénario l'est. Rien ne nous échappe, tout est clairement expliquée pour le plus grand bonheur du spectateur qui ne ressort pas de la salle plein de questions. Mais du coup, il n'y a aucune surprise, dès les premières minutes, on sait déjà qui oeuvre en coulisses pour accéder au pouvoir, ce qui rend la vision du film un brin frustrante.
Si "Largo Winch" était censé être un polar musclé, il devient au final un bon film d'action sans grand suspens. Une suite semble prévue, et si Jérôme Salle rempile avec le même Sisley motivé et un scénario plus subtile dans son intrigue, elle promet d'être supérieur à sa pré-quelle.
Surtout si le personnage de Gauthier (le majordome de Largo), responsable de nombreux fous rires est toujours là et davantage développé.

bande annonce allociné

mercredi 12 novembre 2008

HIGH SCHOOL MUSICAL 3 *

Sorti le: 22/10/08
Réalisateur: Kenny Ortega
Avec: Zac Efron, Vanessa Hudgens, Ashley Tisdale, Lucas Grabeel, Corbin Bleu...

Troy, Gabriella et leurs amis ont à peine débuté leur dernière année scolaire au lycée que la nostalgie de la fin pointe déjà. Pour se remémorer à jamais leurs derniers moments passés ensemble, ils décident de monter un ultime spectacle.
Au vu de l'énorme succès des deux premiers épisodes seulement diffusés à la télévision, Disney décida que le troisième opus passerait d'abord par le grand écran.
Meilleur que le second film (en même temps, ce n'était pas difficile), Kenny Ortega renoue avec l'esprit du premier.
Fini les vacances dans un paradisiaque club med et retour au lycée plus parlant pour le jeune spectateur.
Le film fleur bleu est vraiment léger, et il tire même à de trop nombreuses fois vers le mielleux mais n'oublions pas que le film reste une production disney donc on ne lui en tiendra pas rigueur. Surtout que si on laisse de côté les duos plein de mièvrerie entre Zac Efron et Vanessa Hudgens, certains shows sont vraiment dignes de Broadway lui-même, l'hommage n'est pas loin et le talent non plus. La bande d'artistes en herbe nous donnent une belle leçon de danse et de chant (le travail réalisé sur le titre "I want it all" est réellement énorme, il constitue le meilleur numéro du film).
A noter également, la très bonne idée d'avoir intégré de nouveaux jeunes élèves vraiment drôles, à l'image de "Rocket Man" qui apporte une touche comique au film qui lui évite de se perdre définitivement dans le mélo pétri de bons sentiments.
On est loin des grandes comédies musicales qui ont fait la légende d'Hollywood mais la volonté de finir en beauté une saga au succès colossal est assez grande pour nous embarquer dans ce flot de chansons entraînantes, le sourire aux lèvres.

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lundi 3 novembre 2008

QUANTUM OF SOLACE **


Sortie : 31 octobre 2008
De : Marc Forster
Avec : Daniel Craig, Olga Kurylenko, Mathieu Amalric, Judi Dench, Jeffrey Wright, Gemma Arterton...

James Bond, bouleversé par la mort de Vesper cherche à tout prix à se venger et part à la recherche des hommes qui l'ont poussé à le trahir puis à se sacrifier pour lui.
En remontant une piste, Bond croise la route de la mystérieuse Camille qui le mène à Dominic Greene, homme d'affaires au service de l'obscure mais puissante organisation pour laquelle Vesper travaillait et a péri. Tous deux en quête de vengeance, Bond et Camille décident de s'allier contre ce français aux ambitions démesurées.

Après le choc Casino Royale, on attendait avec impatience la suite des aventures de ce James Bond dernier cru. Mais on appréhendait aussi. Comment réussir l'exploit de surpasser ou du moins d'égaler, le phénoménal dépoussiérage orchestré par Martin Campbell ? Malheureusement et la déception est immense, ce ne sera pas pour cette fois. Peut-être les attentes étaient-elles trop grandes? Mais Quantum of Solace est loin d'être à la hauteur.

ROCK'N'ROLLA *** (en avant-première)


Sortie : 19 novembre 2008
De : Guy Ritchie
Avec : Gerard Butler, Tom Wilkinson, Thandie Newton, Mark Strong, Toby Kebbell...

Lenny Cole, grand caïd qui n'a plus rien à prouver, tient tout Londres dans sa main mais l'arrivée en ville d'hommes d'affaires russes véreux remet en cause sa suprématie. Dans le même temps, "La horde sauvage", bande de voyous de la nouvelle génération compte bien prendre les commandes de La City.

Après les désastreux A la dérive et Revolver, Guy Ritchie revient à ses premiers amours : le film de gangsters survoltés. Reprenant des thèmes qui lui sont chers et qui ont fait le succès de ses deux premiers films (à savoir Arnaques, crimes et botanique et Snatch), le cinéaste anglais retrouve du coup le punch de ses débuts. La confiance du producteur Joel Silver aidant, Ritchie repart sur de nouvelles bases accompagné de nouvelles têtes d'affiches. Et cela, pour le plus grand plaisir des spectateurs.
L'intrigue peut paraître bien des fois, alambiquée mais le montage éclaire sans problème notre lanterne. Celui-ci est, certes, rapide et sans temps morts mais Ritchie maîtrise parfaitement son délirant sujet. Ce dernier a également fait preuve de talent en se munissant d'un casting aussi génial qu'alléchant qui flingue et charrie à tout va. Tous les acteurs sont géniaux. Notamment et surtout Toby Kebbell dans la peau d'un célèbre rocker se faisant passer pour mort et qui se retrouve au centre de toutes les querelles mafieuses.
La bande originale, quant à elle, est juste hallucinante de coolitude. Tout comme le casting, l'histoire, les répliques... Elle est à l'image du titre du film : rock.
On pense à Tarantino, on se dit que le dernier film de Guy Ritchie a des airs d'un Pulp fiction à la sauce britannico-irlandaise. On rit des nombreuses perles scénaristiques, on suit avec attention l'avenir incertain de tous ces voyous attachants mais surtout on ressort de ce film choral et nerveux avec l'envie d'être à son tour un peu plus rock'n'rolla!

lundi 27 octobre 2008

FAUBOURG 36 **

Sorti le: 24/09/08
Réalisateur: Christophe Barratier
Avec: Gérard Jugnot, Kad Merad, Clovis Cornillac, Nora Arnezeder, Pierre Richard, Bernard-Pierre Donnedieu, Maxence Perrin, François Morel, Julien Courbey...

Faubourg parisien, 1936, le Front Populaire vient de se faire élire au gouvernement. Trois chômeurs réinvestissent le music-hall qui les employait afin d'y monter leur spectacle.
Après le succès des "Choristes" (8,5 millions d'entrées), Christophe Barratier était attendu au tournant. Choisissant de nouveau la France passée et la musique comme thèmes, les deux ingrédients qui ont fait le succès de son premier film, Barratier nage en eaux connues et nous concocte un bien joli spectacle.
Les décors, les costumes et la superbe photographie de Tom Stern (un habitué d'Eastwood) rivalisent de beauté. Les prises de vue des faubourgs parisiens sont un pur plaisir pour les yeux (et ce, bien qu'ils soient en préfabriqués). Encore un peu et on se croirait arrivés non loin du "Moulin Rouge".
On peut reprocher au réalisateur la naïveté de son récit, une naïveté déjà présente sur "Les choristes" mais chaque scène est teintée d'une sincérité à laquelle il est difficile de résister.
On se prend au jeu et on se laisse embarquer. Que ce soit Jugnot prêt à tout pour son fils, Merad en quête de la tête d'affiche ou Cornillac, en syndicaliste amoureux, le trois acteurs principaux sont si émouvants qu'il est impossible de ne pas s'attacher. Mais on retiendra surtout Nora Arnezeder, la révélation du film. On l'écouterait chanter sans fin. Et elle forme avec Cornillac, un bien joli couple. Et quel plaisir de voir Julien Courbey enfin sortir de sa banlieue.
Alors Barratier n'en est pas encore au niveau de flamboyance de Baz Luhrmann et son faubourg est un peu trop propre et lisse pour sembler réaliste mais "Faubourg 36" est un pur divertissement. Un plaisir pour les yeux et les oreilles. Il serait dommage de ne pas se laisser bercer par la très belle musique mélancolique de Reinhardt Wagner qui nous replonge dans la vieille France de l'entre-deux guerres.
Tout à fait à l'aise aux commandes d'un film qu'il maîtrise de A à Z, Barratier nous embarque dans cette touchante histoire d'ouvriers français qui se battent pour que le spectacle continue.

bande annonce allociné

samedi 25 octobre 2008

J'IRAIS DORMIR A HOLLYWOOD *** (en avant-première)

Sorti le: 19/11/08
Réalisateur: Antoine de Maximy
Avec: Antoine de Maximy

Invitée par Allociné à l'avant-première de "J'irais dormir chez Hollywood" réalisé par Antoine de Maximy, j'ai eu la chance de partir à la décourte d'une Amérique plus stupéfiante que jamais. Merci encore Allociné.

Fort du succès de son émission "J'irais dormir chez vous" diffusée sur France 5, Antoine de Maximy l'adapte sur grand écran. Et après bien des destinations, il ne prend pas peur et s'attaque ni plus ni moins à l'Amérique. Le célèbre voyageur nous livre en un court résumé d'une heure quarante, trois mois d'une traversée mouvementée. Muni de ses trois fidèles caméras, le réalisateur, scénariste et acteur de ce film, part à la découverte du peuple américain essayant de se faire inviter chez eux pour dîner voire même pour dormir, histoire d'apprendre et de nous faire apprendre des autres.
Au son d'une excellente bande originale portée par des classiques américains illustrant chaque Etat, de Maximy part de New-York pour se rendre à Hollywood avec le but de, pourquoi pas, dormir chez une star (on vous laisse découvrir s'il a réussi cet ambitieux projet).
Mais "J'irais dormir à Hollywood" est surtout l'occasion de voir la vraie Amérique. Loin des clichés et des préjugés, de Maximy filme la vérité d'un pays qu'on est décidément loin de connaître malgré ce qu'on pourrait croire. Filmant Etat par Etat, alternant scènes hilarantes, émouvantes et effrayantes (la Nouvelle-Orléans est terrifiante), on ne peut ressortir de ce film que la tête pleine de questions pour Antoine de Maximy. On apprend tant en si peu de temps qu'on a qu'une envie, tout voir du périple de Maximy. Vivement la sortie DVD.
On sort de la salle impressionné par son travail, il abat à lui tout seul le travail de toute une équipe technique. Prenant parfois d'énormes risques, il va au bout de son entreprise pour lui et son public. On se met à souhaiter non pas une suite mais un autre épisode tout aussi long dans un autre pays tant on ressort enrichi d'une telle expérience. On aura jamais eu autant cette impression de pénétrer au coeur de l'Amérique. Une Amérique pauvre, violente et désinformée (il faut voir ce que certains pensent de l'actualité française. C'est à la fois drôle et effrayant!).
Alors allez voir ce film pour rire mais surtout pour découvrir les Etats-Unis avec l'oeil neuf et l'esprit avide de découvertes d'un Antoine de Maximy tout bonnement admirable.

bande annonce allociné

vendredi 24 octobre 2008

CLARA SHELLER (Les deux premiers épisodes de la saison 2)

Sorti le: bientôt sur France 2.
Réalisateur: Alain Berliner sur un scénario de Nicolas Mercier
Avec: Zoé Felix, Patrick Mille, François Vincentelli, Cécile Cassel... (mais aussi Charlotte de Turckeim, Bernard Lecoq, et Annie Duperey...)

Invitée par Allociné à assister à l'avant-première des deux premiers épisodes de la saison 2 organisée par France 2, c'est avec plaisir que le temps d'un article, je disserte sur le cas de "Clara Sheller".

Difficile de donner un second souffle à une série abandonnée par tous ses acteurs partis se consacrer à leur carrière cinématographique. Mais impossible n'est pas français.
On avait laissé Clara Sheller, journaliste de son état, dans les bras de Gilles, son charmant voisin. J.P, le colocataire et meilleur ami gay de Clara se résignant à lui laisser, bon copain. On la retrouve trois ans après toujours avec Gilles et toujours fourrée chez J.P. Mais des soucis professionnels la guettent en la personne d'une nouvelle collègue et Gilles ne supporte plus ses mensonges, conséquence de son manque de maturité.
Nicolas Mercier n'avait pas la tâche facile. La fin de la saison 1 semblait boucler la boucle et difficile d'attirer le public avec de nouveaux visages pour les mêmes personnages.
Mais le scénariste a su conserver la fraîcheur de la première saison, on rit de bon coeur à la maladresse de Clara et aux mésaventures de J.P. Mais si la série est toujours aussi légère et délurée, ça n'empêche pas Mercier d'aborder des thèmes plus graves allant même plus loin que dans la saison 1. Mais le suspens doit rester entier, l'envie de regarder la suite est en tout cas bien palpable. Il faut dire que Mercier est bien aidée par une troupe d'acteurs impeccables. Zoé Felix a la lourde tâche de remplacer Mélanie Doutey, elle en fait parfois trop, sentant sûrement la pression de la reprise sur ses épaules mais elle s'en sort dignement. Elle est drôle, sexy et elle prend à n'en pas douter beaucoup de plaisir à jouer Clara. Mais on ne peut pas parler de ce début de seconde saison sans évoquer les excellents seconds rôles. François Vincentelli remplace sans peine Thierry Neuvic dans le rôle de Gilles, lui conférant une touche plus glamour et le rendant plus sincère mais la meilleure reprise est celle de Patrick Mille. Le rôle de J.P lui va comme un gant, il est tout aussi bon voire même mieux que Frédéric Diefenthal. Les scènes qu'ils partagent avec Edouard Collin, (Brad, bientôt culte) sont hilarantes. Tout comme les apparitions de Charlotte de Turckeim et de Bernard Lecoq, parfaits dans les rôles respectifs de la mère de J.P et le père de Gilles.
"Clara Sheller" n'est pas la série du siècle, dans le genre trentenaire en quête de l'amour, on préférera toujours "Sex and the city" mais c'est rafraîchissant et plein d'humour.

Générique
Extrait (Clara et J.P à une exposition des sculptures de Gilles)

jeudi 16 octobre 2008

LA LOI ET L'ORDRE *

Sorti le: 08/10/08
Réalisateur: Jon Avnet
Acteurs: Robert De Niro, Al Pacino, Carla Gugino, John Leguizamo, Curtis Jackson...

Alors qu'ils se rapprochent de la retraite, deux flics coéquipiers et meilleurs amis, se lancent sur la piste d'un serial killer. Les victimes de ce dernier étant des criminels à peine libérés, on pense bientôt que le meurtrier recherché est un policier.
Al Pacino et Robert De Niro rêvaient de jouer ensemble depuis de nombreuses années. Frustrés de ne partager aucune scène dans le second volet du "Parrain" et de n'être réunis que le temps d'une scène dans "Heat" de Michael Mann, les deux acteurs prennent un grand plaisir à pouvoir enfin se donner la réplique.
Jon Avnet réalise donc le souhaiter de ces deux monstres sacrés du cinéma américain et par là même, celui d'un large public. Nul besoin d'être un cinéphile avisé pour désirer assister à cette rencontre au sommet.
Prenant un plaisir non dissimulé, De Niro et Pacino nous en donnent, semblant avoir fait ça toute leur vie. C'est drôle et même presque touchant de les voir se soutenir, se vanner, ou se prendre la tête comme de vieux amis. Mais si on ne ressort pas frustrés quant à leur duo, le scénario est d'une platitude extrême. Le cast est cool (même Curtis "50 cent" Jackson est crédible) mais l'intrigue est une grande plaisanterie, on la croirait tout droit sortie d'une série policière type "New York, section criminelle" (et encore même les scénarios de ce type de série sont de meilleurs qualités). Et que dire de la fin, plus que prévisible!
Quant à voir Pacino en flic cool calmant le nerveux De Niro, c'est intéressant mais insuffisant. Dommage que le script n'ait pas été à la hauteur des acteurs.
Il n'y a pas grand chose à dire de plus. L'histoire est bateau et sans relief mais ce n'est pas tous les jours qu'on peut voir de si grands acteurs réunis sur le même écran donc on va quand même le voir.

bande annonce allociné

mercredi 15 octobre 2008

VICKY CRISTINA BARCELONA **

Sorti le: 08/10/09
Réalisateur: Woody Allen
Avec: Scarlett Johansson, Rebecca Hall, Javier Bardem, Penelope Cruz...

Vicky s'apprête bientôt à vivre la vie tranquille qu'elle a toujours rêvée d'avoir auprès de son fiancée. Avant de franchir le pas, elle part en vacances en Espagne avec son amie Cristina, plus instable en amour toujours en quête de soi-même. A Barcelone, elles rencontrent un peintre catalan qui bouleverse leurs conceptions respectives de l'amour.
Faisant se confronter deux visions opposées de l'amour, la cérébrale contre la passionnée, Woody Allen ne fait que poursuivre le travail déjà entamé depuis de longues années. Si le sujet est intéressant, il est difficile d'accrocher avec le contexte dans lequel il le place.
Le célèbre réalisateur semble s'être entiché de l'Europe au point de ne plus vouloir la quitter. Après Londres, c'est Barcelone qui devient le théâtre de ses nouvelles réflexions sur l'amour. Mais l'Espagne paraît moins seoir au réalisateur que les pays anglo-saxons. Si après avoir fait le tour de New-York, Londres faisait souffler un vent de fraîcheur sur sa filmographie, la ville catalane, si jolie soit-elle, n'était peut-être pas le bon choix. Véritable carte postale, le film nous fait découvrir les belles régions espagnoles (sublime parc Güell conçu par Gaudi), et la joie d'y vivre mais le pays ibérique ne vaut pas la grosse pomme ou La City pour s'épancher sur les pensées névrosées d'artistes paumés. Woody Allen, l'intellectuel à lunettes, l'auteur new-yorkais par excellence, ne trouve pas sa place au sein de la fougue espagnole. Il disserte philosophiquement là où il devrait laisser éclater son côté sanguin.
Europe rimant avec Scarlett Johansson, l'actrice retrouve Allen pour un troisième film. Cette dernière et ses partenaires ne sont coupables d'aucune fausse note. Ce sont de véritables personnages made in Woody Allen, névrosées jusqu'à la moelle mais on aurait aimer sentir le feu brûler en eux. Surtout quand on passe ses vacances dans un lieu si latin. Seul le rôle de Pénélope Cruz définitivement meilleure en Europe qu'aux USA, parvient à nous faire vivement réagir.
Bavard, drôle (comme "Scoop"), cynique (moins que "Match point" quand même)... "Vicky Cristina Barcelona" réunit tous les ingrédients d'un bon film de Woody Allen mais la sauce ne prend pas. Il est peut-être temps pour le réalisateur d'arrêter ses escapades européennes et de rentrer à la maison. Il y a sûrement un coin de NY qu'il ne nous a pas fait visiter.

bande annonce allociné

lundi 6 octobre 2008

PRESIDENTS MADE IN HOLLYWOOD

Documentaire de 52 minutes réalisé par Ch arles Antoine de Rouvre, et écrit par Jacques Braunstein et Clovis Goux.
Diffusé sur TCM (Turner Classic Movies) (canal 108 sur la TNT)

Invitée le jeudi 2 octobre par TCM, j'ai eu la chance de voir ce documentaire en avant-première dans les locaux même de la chaîne. Merci encore pour cette invitation, TCM.

43 présidents se sont succédés à la tête des Etats-Unis depuis sa naissance en 1776. Le cinéma américain a dès ses débuts exploité cette figure emblématique dans ses films. Quasiment absent des écrans français (quel autre film que "Président" de Lionel Delplanque a pour héros le chef d'état?), Hollywood fait régulièrement du leader des USA, le héros de ses longs-métrages.
Tour à tour, héros de sa nation, bon père de famille, politicien corrompu... Le cinéma a plus d'une fois mis en scène les différentes facettes de cet homme hors du commun.
Pourquoi ce personnage politique déserte-t-il le cinéma français? Peut-être faut-il y voir les conséquences de nos Histoires si différentes? Si la France a connu, subi et aboli la monarchie, l'Amérique n'a jamais été gouvernée par un roi. Le président américain est le seul représentant de la puissance publique qui se rapproche le plus d'un souverain pour le peuple américain. La France a fait le deuil et ne souhaite plus revoir ce genre de dirigeant, les Américains ont semble-t-il des besoins divergents. Peut-être peut-on y voir la raison de sa forte présence au cinéma.
A l'approche des élections présidentielles américaines, ce documentaire réalisé en partenariat avec TCM retrace chronologiquement la représentation de ce chef d'état dans les films d'Hollywood. Plusieurs questions sont posées. Quel rôle joue la Mecque du cinéma dans la vision qu'a le public du président des Etats-Unis? A-t-elle le pouvoir de faire pencher la balance en faveur de l'un des candidats?
N'oublions pas qu'Hollywood comme toutes les cités mères du cinéma est une entreprise. Une industrie qui fabrique du rêve, certes mais qui reste tout de même une entreprise. En faisant du président, un héros à l'éloquence sans égal (tout le monde se souvient de la tirade de Bill Pullman dans "Independance day"), un travailleur actif toujours accompagné de ses conseillers, un homme charismatique, souvent âgé à l'image d'un bon père de famille sincère et aimant, Hollywood fabrique du rêve. Et transforme un acteur en président que le peuple américain rêverait d'avoir.
S'approprier cette puissance publique est aussi l'opportunité pour le cinéma américain de narrer l'histoire d'un de ses personnages récurrents, celui du self made man. Le bon américain moyen arrivé aux cimes du pouvoir à force de travail, et de persévérance.
Le documentaire relate tout ça. On en ressort éclairé sur la vision qu'ont les Américains de leur président. Il est toutefois dommage que le documentaire ne s'intéresse pas à l'avis des étrangers tout aussi concernés par la politique américaine. Il aurait été également très intéressant qu'il développe les coulisses, la face cachée du chef d'état. Le documentaire ne fait qu'aborder le côté obscur de l'homme politique pour tout de suite se recentrer sur son aspect patriarcal. C'est regrettable dans la mesure où il est peut-être l'homme le plus puissant du monde. Mais peut-être qu'un format plus long aurait permis de traiter ce sujet.
Difficile de faire la liste de tous les films mettant en scène le président des Etats-Unis tant il y en a. Mais à l'heure où on attend la sortie de "W", le nouveau film d'Oliver Stone, qui relate la vie de George W. Bush d'avant son élection, il y a fort à parier que ce haut politicien n'est pas prêt de déserter les écrans.

Résumé et présentation du thème + liste de tous les intervenants sur le site TCM


Les diffusions du documentaire:
vendredi 17 octobre à 23h30 /
jeudi 23 octobre à 19h45 /
lundi 27 octobre à 19h45 /
mercredi 29 octobre à 23h50 /
samedi 1er novembre à 20h45 /
dimanche 2 novembre à 19h45.


Bande annonce du documentaire

video

Trouvez ici, le lien vers la liste des films traitant des présidents made in Hollywood, diffusés tout au long du mois d'octobre (si vous n'êtes pas abonné à la chaîne TCM, profitez qu'elle soit en clair durant tout le mois).

ENTRE LES MURS ****

Sortie : 24 septembre 2008
De : Laurent Cantet
Avec : François Bégaudeau, Franck Keita, Esmeralda Ouertani, Rachel Régulier, Boubacar Touré, Wei Huang, Louise Grinberg, Carl Nanor...

Lauréat de la Palme d'or au 61ème Festival de Cannes, Entre les murs relate l'année scolaire d'un prof de français enseignant dans un collège difficile de Paris dans une classe de quatrième. Sean Penn, président du jury a dit avoir voulu récompenser le film qui s'inscrirait le plus dans l'actualité. Si l'ambiance, les jeunes et leur langage... sont plus que jamais d'actualité, le thème du film est universel et intemporel. Car avant toute chose, c'est de communication que le réalisateur entend parler. Et en matière de nuances dans le dialogue, la langue de Molière est la reine. Après deux heures de joutes verbales entre le prof et ses élèves, on ne sait toujours pas si le film méritait une telle récompense (même si dans un élan de chauvinisme, on est bien heureux de cette récompense), mais Laurent Cantet n'aurait pas obtenu ce prix suprême, qu'Entre les murs resterait un excellent film.
Réalisateur définitivement porté sur le social (on se souvient de Ressources humaines), Laurent Cantet filme toute une année scolaire avec tout ce qui la compose (contrôles, réunions de profs, rencontres parents-professeurs, conseils de classe...) sans jamais prendre le parti de qui que ce soit. La caméra se promène du prof à l'élève les filmant sur un pied d'égalité. François Bégaudeau comme chaque élève est d'un naturel confondant (des perturbateurs au fond de la classe aux filles à la tchatche incontrôlable). Ultra-réaliste, le film flirte souvent avec le documentaire, l'adaptation du livre éponyme de François Bégaudeau aidant (réellement prof en dehors des plateaux, ce dernier sait donc de quoi il parle). L'insolence des jeunes dépasse souvent les limites mais on ne peut s'empêcher de s'attacher à certains, plus têtes de mules que méchants. Cantet n'oubliant pas de préciser tout en subtilité, qu'ils ne sont que des ados en quête de reconnaissance, des ados errant dans une société peu aidante et démunis face à des parents qui laissent le plus gros travail de l'éducation au prof. Mais si le réalisateur fait la part belle aux élèves, il livre surtout avec Entre les murs, une ode au métier de professeur. On ressort du film plein de compassion pour le corps enseignant et spécialement pour ce genre de profs à la patience maintes fois éprouvée, mettant leur vocation au banc d'essais chaque jour de cours. On rit de certains échanges, le prof ne déméritant pas face à sa classe en matière de répartie. On s'émeut du destin de certains élèves. Les scènes des autoportraits (idée tout bonnement géniale) nous dévoile toutes les conséquences néfastes de l'absence de dialogue entre les gens. Celui de Wei est le plus touchant et le plus révélateur. Cantet, en plus d'avoir permis à la France de remonter sur la plus haute marche du podium à Cannes, nous livre son film le plus réussi ayant su faire s'accorder la fougue d'une trentaine de jeunes survoltés et la passion d'un prof de français qui ne décroît jamais.

mercredi 1 octobre 2008

HARCELES **

Sorti le: 01/09/08
Réalisateur: Neil LaBute
Avec: Samuel L. Jackson, Patrick Wilson, Kerry Washington...

Un jeune couple qui cherche à fonder un foyer s'installe dans un quartier tranquille de Californie. Aux premiers abords, le voisinage semble sympathique, mais leur voisin flic de son état, désapprouvant leur relation interraciale, devient de plus en plus agressif. Le conflit éclate entre eux alors que la ville s'enflamme étouffant sous un soleil de plomb.
Samuel L. Jackson, le roi de la cool attitude, en flic psychopathe. Voilà, la seule bonne raison valable de se déplacer.
Un homme blanc et une femme noire s'aiment mais leur voisin noir ne le supporte pas, cette relation lui rappelant les blessures de son passé. Le thème central du film était bien intéressant, le scénario osait traiter du racisme de manière différente. Et surtout ne plus cantonner Samuel L. Jackson dans le rôle du mec funky dans lequel il semblait de plus en plus s'enfermer. Mais ce scénario qui commençait si bien tombe très vite dans les clichés et au terme de la moitié du film, une fois que les accrochages entre voisins montent crescendo, la fin ne fait plus de doutes et tue le peu de suspens qui restait. Le film en devient long et le spectateur n'attend qu'une chose que le couple et leur psychopathe de voisin en décousent une bonne fois pour toute.
Neil LaBute essaye tant bien que mal de donner vie à une histoire convenue. A défaut de rendre intéressante la destinée des trois protagonistes, il saura se servir des décors. Placer le conflit de voisinage dans une petite bourgade pavillonnaire bien tranquille permet d'accentuer le caractère psychopathe de Jackson. Et la vue que ce quartier offre sur la Californie en flammes renforce
la tension qui monte entre les différents protagonistes au fil que les minutes passent.
Mais les décors et le sujet du film ne suffissent pas pour passionner le public. Seul les acteurs impliqués convainquent, Samuel L. Jackson très impressionnant, en tête.

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mardi 23 septembre 2008

MIRRORS **

Sorti le: 10/09/08
Réalisateur: Alexandre Aja
Avec: Kiefer Sutherland, Paula Patton, Amy Smart, Mary Beth Peil...

Un inspecteur démis de ses fonctions après une bavure trouve un nouveau travail afin de reprendre sa vie en main. Il devient veilleur de nuit dans un immense magasin ravagé par un incendie quelques années plus tôt et laissé depuis à l'abandon. Mais le job se révèle moins tranquille qu'il n'y paraît. L'énorme bâtisse abrite des miroirs qui lui laissent voir des choses terrifiantes.
Il serait injuste et mal venu de comparer "Mirrors" avec le chef d'oeuvre qu'est "La colline a des yeux" (n'ayons pas peur des mots!). Malheureusement, le remake du film de Wes Craven a laissé une telle empreinte qu'on ne peut faire autrement. Alexandre Aja attendu au tournant avait la pression pour ce nouvel opus. Apparemment, il ne l'a qu'à moitié supportée. "Mirrors" n'est pas un désastre en soi mais le réalisateur à force de vouloir confirmer sa place parmi les nouveaux réalisateurs sur lesquels il faudra désormais compter, use et abuse des bonnes choses. Du coup, il transforme malgré lui, les points forts de son long-métrage en faiblesses.
Ainsi, le compositeur Javier Navarrete (déjà auteur de la merveilleuse musique du "Labyrinthe de Pan") livre une partition qui n'est pas à la hauteur de son talent. Le thème du film, qui fait d'ailleurs, bizarrement pensé à celui de "L'Exorciste" est trop utilisé tout au long du film et agit comme un point de repère avec lequel on peut se préparer aux scènes les plus effrayantes. Or le silence paraît plus propice à ce genre de films atmosphériques.
Autre point fort détourné, Kiefer Sutherland loin d'être mauvais tente vainement de nous faire oublier Jack Bauer. On croit à sa peine et il est même bon lors des scènes de famille mais le choix d'un casting anonyme aurait été plus judicieux. Si l'identification était totale dans "La colline a des yeux", elle est ici inexistante.
Jamais le public ne se sent impliqué dans cette histoire de démon qui hante des miroirs. Histoire d'ailleurs bien compliquée dans laquelle on aurait préféré plus de réalisme. L'excès de paranormal dans la dernière partie du film tue même le peu d'intérêt qu'avait le spectateur. Il faut voir les dernières scènes où Sutherland affronte un démon ayant des faux airs de la petite Regan possédée dans "L'exorciste" (encore! A croire qu'Aja voulait lui rendre hommage ou bien, peut-être était-il en panne d'inspiration?). Ne parlons pas de la scène finale incompréhensible frisant le ridicule. On a parfois l'impression d'assister à un double-épisode de "Supernatural", pour dire!
Les ratés sont grands mais le film n'en est pas pour autant une catastrophe. "Mirrors" reste un film d'horreur et en tant que tel, il remplit plutôt bien sa mission. Ainsi, certains moments sont même terrifiants. A s'en cacher les yeux derrière ses mains et à relever ses pieds sur son siège. Le jeu des miroirs, thème original, est très bien exploité et la scène dont on entend tant parler, celle où Amy Smart se décroche elle-même la mâchoire est d'un gore absolu (peut-être la plus réussie du film). L'actrice n'a que trois scènes mais sa dernière marquera pendant longtemps l'histoire du cinéma d'horreur.
Finalement, si le film tient ses promesses en matière de peur, espérons qu'Aja s'en sorte mieux avec son prochain film (ce sera encore un remake, celui de "Piranhas"). Plus de réalisme ne ferait pas de mal. Aja a prouvé par le passé et grâce au génial "La colline a des yeux" que le survival lui sied mieux que le genre fantastico-horrifique.

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dimanche 14 septembre 2008

MAMMA MIA **

Sorti le: 10/09/08
Réalisateur: Phyllida Lloyd
Avec: Meryl Streep, Pierce Brosnan, Colin Firth, Stellan Skarsgard, Amanda Seyfried, Dominic Cooper, Julie Walters, Christine Baranski...

Sophie, 20 ans va se marier sous peu. Elle qui n'a jamais connu son père, découvre qu'elle a trois pères potentiels en lisant le journal intime de sa mère. Elle décide de les inviter à son mariage afin de savoir lequel est son véritable géniteur. Mais son entourage ne se doute de rien.
A la base, comédie musicale à succès de Broadway reprenant les plus célèbres chansons d'Abba pour illustrer l'histoire d'une jeune fille et de sa mère, Hollywood s'est emparé de cette poule aux oeufs d'or. Le film devrait largement dépasser les trente millions de spectateurs qui ont déjà vu la pièce. Et ainsi permettre à ceux qui ne l'ont pas vu de rattraper leur retard.
Reprenant les clefs du succès, le trio de femmes à l'origine du spectacle ont la charge d'adapter la pièce. Ainsi, la scénariste Catherine Johnson, la réalisatrice Phyllida Lloyd et la productrice Judy Craymer rempilent côté cinéma. Seuls le casting a changé. Fini les artistes de Broadway, place aux valeurs sûres d'Hollywood pour assurer le show. Meryl Streep qui avait déjà prouvé quelques prouesses vocales dans "The last show" de Robert Altman joue la mère aux trois amants avec une joie non dissimulée. Chargée de chanter la majorité des chansons, elle n'a pas une voix exceptionnelle mais celle-ci suffit pour revisiter les tubes d'Abba. Si Amanda Seyfried est la meilleure dans la catégorie chant, il vaut mieux que Pierce Brosnan ne tente pas de se reconvertir dans la chanson.
Le film est un peu long pour une comédie musicale, deux heures. Et il cumule les défauts. Les acteurs ne font pas la part entre le cinéma et Broadway et adoptent un jeu très théâtral. Leurs perpétuelles grimaces finissent par être lourdes. Mais la musique d'Abba donne la pêche, les chansons cultes du groupe sont le seul véritable intérêt du film. Et s'il fallait ne donner qu'une seule bonne raison d'aller voir "Mamma Mia", la dernière scène qui atteint des sommets d'hilarité en serait une excellente.
C'est par moment ridicule, parfois vraiment kitch mais c'est toujours adorable.

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LA FILLE DE MONACO **

Sorti le: 20/08/08
Réalisateur: Anne Fontaine
Avec: Fabrice Luchini, Roschdy zem, Louise Bourgoin...

Un brillant avocat doit séjourner à Monaco pour travailler sur une affaire délicate. Il y fait la connaissance d'une miss météo envahissante qui ne connaît aucune limite. L'histoire prend une mauvaise tournure. Pourtant le garde du corps dont on l'a affublé l'avait prévenu.
Faisant partie de la catégorie des comédies dramatiques qu'Anne Fontaine affectionne de réaliser, "La fille de Monaco" ne vaut que pour son trio d'acteurs.
Vaudeville dramatique, le film aurait peut-être gagné à être plus ludique et plus clair. Le personnage de Luchini parle parfois pour ne rien dire et celui de Zem est trop mutique pour que le spectateur puisse tout saisir.
Heureusement que le casting bien improbable sur le papier mais dont l'alchimie est évidente à l'écran est là pour assurer le spectacle.
Fabrice Luchini semble beau reprendre le même rôle à chaque film, sa verve savante fait toujours merveille. Roschdy Zem, parfait en être froid et cynique qui cache son jeu mériterait mieux qu'un énième second rôle. Quant à Louise Bourgoin, elle étonne. L'ancienne miss météo de Canal+ prend le risque de se voir cantonner aux rôles de pouffes manipulatrices. Espérons que les producteurs et autres réalisateurs sauront voir au-delà de cette image et lui donneront la chance d'aller plus loin. Très présente dans le film, elle donne de sa personne et de son corps pour ses premiers pas au cinéma. Elle décoiffe littéralement Luchini, énerve Roschdy Zem. Bref, elle ne laisse personne indifférent.
Malgré ce bon casting, le film peut sembler long et brouillon. La confusion des sentiments des protagonistes gagne le spectateur qui sort de la salle plein de questions.

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mercredi 3 septembre 2008

CHRISTOPHER ATKINS

Cet article instigué par ma chère amie Cécile lui est dédicacée.

Boucles blondes. Corps d'éphèbe. Bouille juvénile. Christopher Atkins faisait fantasmer la plupart des jeunes filles au début des années 80. Rien ne semble pourtant le différencier de ses anciens collègues mais contrairement à eux, Atkins fait encore aujourd'hui l'objet de sites et de blogs entretenus par la descendance desdites jeunes filles.
Trois films peuvent expliquer la pérennité de son souvenir. Le célèbre "Lagon bleu", témoin de ses amours naissants avec Brooke Shields, "The Pirate movie", petite comédie musicale où il partage la vedette avec la non moins culte Kristy McNichol et enfin, "A night in heaven" où jeune étudiant stripteaseur, il séduit une de ces profs.
"A night in heaven" au pitch invraisemblable est peut-être le film qui illustre le mieux l'image que les gens ont aujourd'hui gardé d'Atkins. Un jeune apollon blond au charme ravageur. Son striptease digne de celui de Basinger dans "Neuf semaine et demi" bouleverse sa professeur désemparée de voir son mari s'éloigner d'elle et la fait succomber. On est très loin du sex-appeal de Richard Gere dans "American Gigolo" ou encore dans "Officier et gentlemen" mais Atkins est bon élève. Toutefois le film tire sur la longueur et le sujet est peu passionnant. On préférera rire et chanter devant "The pirate movie", charmante comédie musicale qui lui permet de pousser la chansonnette avec Kristy McNichol. Celle-ci incarne une jeune fille qui s'évanouit et rêve qu'elle tombe amoureuse d'un jeune homme (Atkins) lié par un promesse au roi des pirates. Le film peut paraître ridicule dans un premier temps mais le kitch et la fantaisie de celui-ci peut se justifier car après tout, nous sommes dans un rêve donc tout est permis. L'humour y est bon enfant malgré les nombreuses allusions et sous-entendus que les acteurs multiplient.
Quant au compositeur Terry Britten, il a bien travaillé. Les chansons restent en tête et mettent de bonne humeur. On est loin d'une grande comédie musicale à la Broadway, type "Hairspray" ou "Grease" mais certaines chansons, notamment la première ("Victory" entonné par l'ensemble des pirates) ne déméritent pas face à ces grands musicals. Cette comédie nous réserve vraiment de bons moments, notamment ceux mettant en scène Ted Hamilton, hilarant en roi des pirates à l'égo surdimensionné et incapable face à l'adolescent inexpérimenté qu'incarne Atkins.
Mais le meilleur film d'Atkins et le plus connu reste "Le lagon bleu". L'insouciance d'Atkins et de Brooke Shields est d'une pureté rafraichissante. Les deux acteurs aussi beaux que complices interprètent deux jeunes livrés à eux-mêmes sur une île déserte suite à un naufrage. On assiste alors à leur apprentissage de la vie, tous deux vierges de tout savoir. Le film bercé par une très jolie musique de Basil Poledouris nous plonge dans une douce mélancolie mêlant à la fois innocence et sensualité. Le film peut paraître naïf mais il ne fait que réinterpréter la fameuse histoire de Paul et Virginie.
Si Atkins continue de tourner, il n'a pas fait carrière comme certains jeunes ados de son époque. Peut-être la faute à son jeu parfois trop théâtral mais il est certain que les filles continueront longtemps à fantasmer. Peut-être cette fois-ci par la faute de ces boucles blondes qui le distinguent de tous les autres jeunes de sa génération.

mardi 2 septembre 2008

THE DARK KNIGHT Le chevalier noir ****


Titre original : The Dark Knight
Sortie : 13 août 2008
De : Christopher Nolan
Avec : Christian Bale, Heath Ledger, Aaron Eckart, Michael Caine, Morgan Freeman, Maggie Gyllenhaal, Gary Oldman...

Batman a beau avoir trouvé un allié de poids en la personne du procureur Harvey Dent, Gotham et sa pègre ne lui laisse aucun répit. En plus de devoir composer avec le Joker, psychopathe qui ne rêve que de chaos et d'anarchie, Batman tente de redorer son image auprès des habitants de la ville qui ne voient en lui qu'un hors-la-loi.

Après le succès de Batman begins, la barre était haute pour Christopher Nolan. Mais ce dernier la dépasse allègrement avec ce second opus. Lui et son frère, Jonathan Nolan livrent un scénario d'une incroyable qualité. Si Burton, réalisateur des tous premiers Batman avec Michael Keaton dans le rôle titre, donnaient des couleurs de bande dessinée à ses films n'hésitant pas à être kitch et gothique, les Nolan prennent très au sérieux toute la mythologie du super-héros et développent au maximum tous les personnages clés de son univers. Ainsi, si le premier opus se concentrait sur Bruce Wayne et les raisons qui le poussent à devenir Batman, sa suite met l'accent sur les méchants de l'histoire. Au final, ce sont véritablement eux les héros du film. Les personnages du Joker et d'Harvey Dent sont si bien écrits que celui de Batman paraît presque fade à côté. On s'en lasse vite. Christian Bale totalement dépassé par les interprétations d'Heath Ledger et d'Aaron Eckart n'a jamais été aussi peu charismatique. Le regretté Heath Ledger dans le rôle du Joker livre une incroyable performance qui lui vaudra d'être récompensé à titre posthume par l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle. Loin de la caricaturale et égocentrique interprétation de Jack Nicholson, il est à la fois drôle et terrifiant dans le rôle du Joker, et ne tombe jamais dans le ridicule, ni même ne le frôle. Mais c'est surtout par Aaron Eckart que Bale se fait piquer la vedette. Ce dernier trouve ici l'un de ses meilleurs rôles. Le film a beau s'appeler The Dark Knight, c'est l'histoire d' Harvey Dent qui nous est contée. Découvrir sa rayonnante personnalité et le voir basculer du mauvais côté, se transformer en double-face est vraiment passionnant.
Quant à l'action, elle est bien présente. C'est tout de même un film de super-héros qu'on vient voir. Certaine scènes ne déméritent pas face aux plus efficaces action movies, celle d'un camion qui subit un looping intégral en pleine rue est notamment très impressionnante. Mais les quasi deux heures trente de film sont surtout l'occasion d'assister à la dernière et géniale interprétation d'Heath Ledger en passe de devenir culte.

lundi 1 septembre 2008

TROPA DE ELITE (troupe d'élite) **

Sorti le : 03/09/08
Réalisateur: José Padilha et James D'Arcy
Avec: Wagner Moura, Caio Junquera, André Ramiro, Fernanda Machado...

Les forces de police courantes étant corrompues, les troupes d'élite du BOPE (bataillon des opérations spéciales de police) sont seules pour combattre les trafiquants de drogue dans les favelas de Rio. Situation que le capitaine Nascimento ne supporte plus. Afin de se retirer auprès de sa femme enceinte de leur premier enfant, il se met en tête de rechercher son successeur. Neto et Matias, deux amis d'enfance aux caractères bien différents sont ses deux favoris.
Lauréat de l'ours d'or du festival de Berlin en 2008, le film livre sans fard un portrait cynique et réaliste du métier de policier à Rio. Métier qu'il ne fait pas bon d'exercer de nos jours tant la violence et la criminalité se sont accrues.
Interdit aux moins de 16 ans, le film contient quelques scènes intenses dénonçant la violence à laquelle le BOPE est confrontée et doit se livrer pour mener à bien ses opérations. On peut certainement voir dans l'attribution de l'ours d'or à "Troupe d'élite", le désir par Berlin de conforter cette dénonciation et ce au détriment de "There will be blood", autre grand favori du festival.
Wagner Moura, interprète du capitaine Nascimento, est l'homme du film. Tiraillé entre son désir de retraite paisible et son devoir de policier, il met sa vie en danger à chaque seconde pour son métier. Le voir se livrer à des interrogatoires chocs en pleine favela et mettre à bouts de nerfs des prétendants à son titre en pleine formation met en lumière son jeu brut et nerveux.
Quant aux deux principaux prétendants, nos sentiments pour eux sont aussi différents que leurs personnalités s'opposent. Si Neto, le casse cou à la gâchette facile laisse froid tant sa seule volonté est d'abattre des trafiquants, Matias est nettement plus attachant. Voir ses idéaux partir en fumée au contact de la favela et des jeunes brésiliens aux idées tranchées sur la police peut se révéler dur mais la réalité n'est pas autre.
"Troupes d'élite" est au final un bon film qui vaut le coup d'oeil qui tire même du côté du documentaire mais on est bien loin du chef d'oeuvre de Fernando Meirelles "La cité de Dieu" qui lui, nous plonge au coeur de la favela.
Le grand mérite de "Troupe d'élite" sera de nous faire découvrir, l'autre côté du miroir, le quotidien toujours tendu et difficile de la police spéciale de Rio.

bande annonce allociné

samedi 2 août 2008

NOS 18 ANS ***

Sorti le: 16/07/08
Réalisateur: Frédéric Berthe
Avec: Théo Frilet, Valentine Catzéflis, Michel Blanc, Bernadette Lafont, Arthur Dupont, Julia Piaton, Pierre Boulanger, Liza Manili...

Lucas, jeune lycéen se prépare à passer son bac et pour fêter la fin de sa scolarité, dit ses quatre vérités à son prof de philo. Mais Lucas joue de malchance, non seulement le prof en question fait partie du jury aux oraux mais la jeune fille dont il vient de tomber amoureux est sa fille.
Si vous cherchez juste à passer un bon moment, cette comédie estivale sans prétention répondra à vos attentes.
Il est seulement dommage que le film ne se soit pas voulu plus réaliste. Les personnages du film semblent bien trop expérimentés sur la vie pour leur jeune âge. Tant physiquement que mentalement, ces jeunes bacheliers ont l'air d'avoir la vingtaine. De plus, il est rare de voir des jeunes aussi peu intéressés par leur bac, les héros de "Nos 18 ans" passent la plupart du temps de leurs révisions à la plage ou à flâner. Donc n'attendez pas de portrait juste et sincère de la jeunesse française en proie avec le bac.
Une fois sorti de la salle de cinéma, vous oublierez aussi vite ce film à la portée aussi légère que ses thèmes. Malgré tout, cette comédie sans être hilarante est agréable à regarder. Mais surtout à entendre. La BO choisie, mêlant des tubes pop rock des années 80 et des chansons plus anonymes mais du même ton est quasiment un sans faute.
Quant au casting, le film donne la part belle aux garçons, les filles ont des rôles plus effacés (seule Julia Piaton tire son épingle du jeu). Théo Frilet rend le personnage de Lucas très attachant, Arthur Dupont qui incarne Maxime, le meilleur ami de Lucas, plus obsédé par les filles que par son bac est la caution comique du film mais on se demande ce que vient faire Pierre Boulanger dans ce film. Il est clair que cet acteur au charisme évident percera un jour dans la cour des grands. On sent en lui ce quelque chose qui manque à tous les autres.
Alors il y a bien Pierre Boulanger dans un petit rôle, la gueule d'ange de Théo Frilet et une BO éclatante mais cela ne suffit pas à faire sortir le spectateur de la lassitude dans laquelle le film nous plonge progressivement. Il est dommage que le scénario ne se concentre que sur la pseudo-histoire d'amour du héros à laquelle on ne croit pas une seconde alors que Michel Blanc dans le rôle du prof de philo plus blessé par la vie que méchant semblait le point du film le plus intéressant à développer.
Au final, on ressortira souriant de ce film ensoleillé mais déçu de la tournure désinvolte qu'il prend.

bande annonce allociné

samedi 19 juillet 2008

WANTED: choisis ton destin **

Sorti le: 16/07/08
Réalisateur: Timur Bekmambetov
Avec: James McAvoy, Angelina Jolie, Morgan Freeman, Thomas Kretschmann...

Wesley Gibson est un jeune homme ordinaire qui déteste sa vie : il hait son job, n'a pas un sou en poche et sa fiancée le trompe avec son meilleur ami. Mais quand il apprend que son père était un tueur professionnel au service d'une société secrète nommée "La Confrérie", son existence s'en trouve bouleversée. Son père ayant été assassiné par l'un des membres dissidents de cette organisation, il accepte de la rejoindre afin de le venger.
Il y a deux types de bandes annonces, celles qui compilent les meilleurs moments du film et nous laissent sur notre faim au cinéma (cf "Hancock") ou celles qui comme "Wanted" tiennent toutes leurs promesses. Le trailer laissait présager un bon blockbuster pop-corn pour ce mois de juillet et on est surpris une fois dans l'obscurité de voir que la bande annonce n'était qu'un léger avant-goût.
Timur Bekmambetov est surtout connu pour "Night Watch", film fantastique russe opposant les forces du bien et du mal, camps représentés par des êtres dotés de pouvoirs surnaturels.
Le film fut un carton au box-office de son pays natal, et Bekmambetov lui donna une suite "Day Watch" qui connut le même succès. Un troisième volet est d’ailleurs bientôt prévu. Le réalisateur de cette trilogie en devenir signe ici son premier film hollywoodien. Reprenant les clefs de sa réussite, il livre un film d'action aux scènes plutôt spectaculaires mêlé d'une pointe de philosophie. Une pointe, en effet car soyons honnêtes, la question que pose le film (est-il moral de tuer une personne si cela permet de sauver des milliers d'autres vies?) n'a que peu d'intérêt face à la somme d'action que le spectateur est venu chercher. Et de l'action, il y en a à revendre.
Si Angelina Jolie et Morgan Freeman sont à la limite de la figuration (ils ne donnent que le strict minimum), il est très agréable de voir l'excellent James McAvoy s'éloigner un moment des drames romantiques très fades auxquels il nous avait habitués. Ce type de film lui va très bien et il ne serait pas étonnant de le revoir dans un tel rôle prochainement. Mais si McAvoy semble prêt à détrôner les acteurs les plus physiques, le principal attrait du film réside dans tous ses scènes d'action parfaitement réalisées par Bekmambetov. "Wanted" contient ni plus ni moins, deux scènes qui pourraient très bien devenir d'anthologie. Il y a dans ce film un train et une fusillade finale qui vous couperont le souffle. Le spectateur était venu voir un blockbuster estival et il assiste finalement à un cinéma d'action renouvelé.
L'histoire peut paraître simplette (la révélation attendue toutefois peu facile à deviner est un bien piètre rebondissement) mais il serait dommage de passer à côté d'un aussi bon film d'action.

bande annonce allociné

vendredi 11 juillet 2008

HANCOCK **


Sortie : 9 juillet 2008
De : Peter Berg
Avec : Will Smith, Charlize Theron, Jason Bateman...

John Hancock est amnésique, poivrot, coûte des millions de dollars en dommages matériels et possède des pouvoirs surnaturels. Bien qu'il se serve de ceux-ci pour sauver la vie des habitants de Los Angeles, ces derniers sont exaspérés par son attitude des plus antipathiques. Alors quand un expert en relations publiques se fait sauver la vie par Hancock, il lui propose de redorer son image.

La bande annonce était alléchante. Fini les Spiderman et autres Superman moulés dans leur tenue de super-héros, sauvant le monde et tout auréolés de gloire. On est pressé de découvrir cet anti héros faussement parodique. Car s'il a de grands pouvoirs et parvient à faire baisser la criminalité, ce n'est pas sans faire de casse et sans gâcher l'argent du contribuable californien.
La première partie du film répond à nos attentes. On rit franchement de et avec Hancock. Le voir voler en titubant, détruire tout sur son passage, et rater ses atterrissages sont de très bons gags. Will Smith se régale de ce retour à la comédie et s'en donne à coeur joie n'hésitant pas à en faire trop dans la peau de ce raté.
Mais dès que le film atteint sa seconde partie. Juste après qu'Hancock ait fini sa formation de gentil et bon héros au service du peuple, on s'ennuie ferme. On ne rigole plus et on doit faire face à un Hancock en proie aux démons de sa vie passée dont il n'a pas le moindre souvenir. La bande annonce ayant totalement fait l'impasse sur le repentir d'Hancock, on assiste à une séance d'introspection dont on se serait bien passée.
Dommage car Peter Berg nous avait habitué à des films de bien meilleure qualité. On sent ici le film de commande, on lui conseille de vite retourner à des oeuvres plus personnelles telles que l'excellente surprise de 2007 Le Royaume. Les effets spéciaux n'aident pas. Ils sont tout simplement navrants proches de ceux des Quatre Fantastiques. Il vaut mieux retourner voir Le monde de Narnia : le prince Caspian pour s'en mettre plein les yeux.
En matière de casting, Jason Bateman est bien gentil mais son personnage n'est que le faire-valoir de Will Smith et de Charlize Theron. Cette dernière, responsable du tournant dramatique du film, n'est qu'une jolie coquille vide malgré un rôle à l'enjeu majeur. Bateman et elle ne font pas une minute le poids face à un Will Smith, décidément excellent. Meilleur de film en film, il ne fait aucun doute qu'il est désormais et qu'il restera à jamais une figure incontournable du paysage cinématographique hollywoodien. Intense dans ces derniers films (notamment dans A la poursuite du bonheur, Je suis une légende ou Ali), il cabotine ici à souhait, s'amuse pour se faire et faire plaisir. Et si la parodie se transforme au bout de 45 minutes en vrai film de super héros et déçoit nos espoirs d'une grosse comédie poussive, cela reste un plaisir de voir jouer l'acteur même dans les scènes les plus fastidieuses. S'il a été un temps "le prince de Bel-Air", il est aujourd'hui, sans nul conteste "le roi d'Hollywood".