vendredi 24 avril 2009

LA PREMIERE ETOILE ***

Sorti le: 25 mars 2009
Réalisateur: Lucien Jean-Baptiste
Avec: Lucien Jean-Baptiste, Firmine Richard, Jimmy Woha-Woha, Anne Consigny, Bernadette Lafont, Michel Jonasz, Ludovic François, Loreyna Colombo, Astrid Berges-Frisbey...

Un père de famille sans le sou décide d'emmener toute sa famille au ski pour les vacances scolaires.
Lucien Jean-Baptiste, acteur français et accessoirement la doublure de Martin Lawrence, de Will Smith ou encore de Don Cheadle passe derrière la caméra et réalise son premier film. Fort d'avoir remporté le Grand Prix du Jury et le Prix du Public au Festival International de la Comédie de l'Alpe d'Huez de 2009, Jean-Baptiste connaît de surcroît un grand succès public. Difficile de résister à cette charmante comédie qui tombe à pic. S'inspirant de son passé, le tout nouveau cinéaste porte à l'écran un de ces souvenirs d'enfance et nous livre une comédie sociale à la fois drôle et émouvante. Dénonçant avec humour les difficultés auxquelles font face certains Français, on finit par rire de situations tristes et graves. Voir cette famille user du système D et faire face aux préjugés raciaux et sociaux afin de partir tout simplement en vacances émeut et fait écho à une actualité dans laquelle beaucoup pourront se reconnaître. Le casting, excellent, porté par une Firmine Richard truculente, est très attachant et si Jean-Baptiste use de grosses ficelles scénaristiques et de gags faciles, c'est vraiment rafraîchissant d'assister à cette comédie simple et humaine qui touche au coeur. Et il faudrait en avoir un de pierre, pour ne pas être ému aux larmes quand lors d'un concours de chant, Manon la petite fille de la famille interprète "La montagne". Elle semble alors, chantant les paroles toujours actuelles de Jean Ferrat, être le visage de la France d'aujourd'hui, une France métissée qui se bat chaque jour pour offrir des vacances à ses enfants.

bande annonce allociné

vendredi 10 avril 2009

FAST AND FURIOUS 4 *

Sorti le: 8 avril 2009
Réalisateur: Justin Lin
Avec: Vin Diesel, Paul Walker, Michelle Rodriguez, Jordana Brewster, John Ortiz, Gal Gadot, Laz Alonso...

Bien qu'il soit encore en cavale, Dominic Toretto, le fou du volant, revient à L.A. afin de venger la mort de l'un de ses proches. Pour ce, il se voit contraint de refaire équipe avec Brian O'Connor, réintégré depuis peu dans ses fonctions et devenu accro aux gros calibres.
Les deux suites du premier opus s'étant faites sans toute l'équipe d'origine, les fans seront heureux de retrouver l'improbable duo. Avouons-le, un "Fast and Furious" sans Walker et Diesel réunis en tête d'affiche a moins de saveur. Mais si on beau éprouver du plaisir à retourner aux sources, la magie ne prend plus. La mort inopinée d'un des personnages phares de la saga (et certainement l'un des intéressants) déçoit, et plombe le film qui aurait gagné en saveur en l'exploitant de nouveau tout au long du film. Du coup, le film sans réelle intrigue ennuie très vite, alors faute de scénario passionnant, on tente de se raccrocher aux courses-poursuites. Malheureusement, la succession de gros plans empêche de les vivre pleinement. Des plans larges auraient été plus adéquats. Autant revoir "Speed Racer" ou même "Jours de tonnerre" afin de s'en mettre plein les yeux. Seule la séquence d'ouverture sauve le film du désastre. Elle met tant l'eau à la bouche que le film n'en est que plus décevant.
Mais peut-être, est-ce la faute à un mauvais choix de réalisateur? Justin Lin, auteur du troisième opus et plus mauvais volet de la saga "Fast and Furious: Tokyo Drift", n'était, semble-t-il, pas le cinéaste à mettre aux commandes de ce projet. Il aurait été certainement plus judicieux de faire de nouveau appel à Rob Cohen (réalisateur du tout premier), afin de boucler la boucle, de vraiment retrouver tout le staff originel et de tirer le plus possible de substance de la pauvre histoire à laquelle le spectateur doit faire face. C'est dommage car avec un peu plus de talent derrière la caméra, le film aurait sûrement été un peu plus palpitant.

bande annonce allociné

jeudi 2 avril 2009

DRAGONBALL EVOLUTION 0

Sorti le: 1er avril 2009
Réalisateur: James wong
Avec: Justin Chatwin, Emmy Rossum, Chow Yun-Fat, Jamie Chung, James Marsters, Park Joon, Eriko Tamura...

Il y a plusieurs siècles, la Terre échappa à la destruction. Piccolo, être maléfique venu d'ailleurs fut stopper à temps grâce au pouvoir des sept boules de cristal. Mais bien décidé à gouverner une nouvelle fois le monde, Piccolo revient plus déterminé que jamais. Seul un adolescent mal dans sa peau et dont le grand-père lui apprend les arts martiaux semble pouvoir l'arrêter. Mais il doit avant tout réunir les fameuses sept boules de cristal.
Si le célèbre manga d'Akira Toriyama n'a pas forcément été lu par tout le monde, les natifs des années 80 n'ont sûrement pas oublié les aventures version dessin animé de San Gôku, puis de son fils Son Gohan qui animaient les mercredi matins de leur enfance.
Difficile de transposer sur grand écran, une histoire que des millions de jeunes connaissent par coeur. De plus, le manga étant un genre à part entière, le passage sur grand écran était risqué, le style fantaisiste des BD nipponnes étant bien éloigné du genre blockbuster américain. Si le succès du film est assuré, les producteurs étant certains de voir se déplacer des milliers de nostalgiques, la crédibilité du film a tout de suite dû être remise en cause. Les premières images affligeantes suivi d'une bande-annonce nous promettant non pas, le film d'action mais la comédie de l'année n'étant pas faites pour nous rassurer. Le film n'est que la version longue du trailer. Loin d'être un film d'action original, "DragonBall Evolution" a plus des airs de parodies adressées aux enfants. Même le dessin animé était plus violent (pour dire!). Tous les ressorts de l'oeuvre originale sont passés à la trappe, les traits de caractère effacés. Pour exemples, la drolatique perversité de Muten Rôshi (Tortue géniale) est quasi inexistante, et Gôku devient un adolescent méprisé par ses camarades de classe... Le casting se voulant melting-pot afin de toucher le plus de pays possibles, on ne comptera qu'une seule véritable japonaise au générique, et ne parlons pas du casting. Aucun acteur ne semble réellement impliqué, le pire restant tout de même Justin Chatwin (bien trop gringalet pour interpréter Goku), ridicule du début à la fin. Du coup, on se met à imaginer le même film avec d'autres acteurs, des comédiens plus armés et aux physiques plus adéquates (seule Emmy Rossum ne s'en sort pas trop mal, restant appliquée). On réécrit également le film dans sa tête, car il est bien triste de voir un scénario si creux alors que le manga recèle pourtant de personnages hors du commun. Prévisible dès la première minute, l'intrigue est d'une platitude extrême. Mais pourquoi miser sur un Piccolo sans foi ni loi quand sa rédemption aurait donné plus de substance au film? Mais où est donc passé Végéta, personnage phare et subtile de l'univers de DragonBall? Enfin, pourquoi Piccolo, quand un freezer ou un Cell, monstres particulièrement odieux du manga aurait été des choix nettement plus appropriés. Peut-être peut-on espérer les retrouver dans une suite? Si suite, malheureusement, il y a.
Reste que "DragonBall" ravira la nouvelle génération qui n'auront peut-être pas eu le temps de connaître le manga ou le dessin animé. Film interdit aux plus de sept ans.

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mardi 24 mars 2009

CYPRIEN ***



Sortie : 25 février 2009
De : David Charhon
Avec : Elie Semoun, Léa Drucker, Stanislas Stocker, Catherine Deneuve, Vincent Desagnat, Elisa Tovati, Mouloud Achour, Jean-Michel Lahmi...

Cyprien, geek employé au service informatique d'un grand magazine de mode est la risée de tous ses collègues. Jusqu'au jour où le destin met entre ses mains, un déodorant capable de le rendre attrayant. Cyprien en profite pour vivre tout ce qu'il n'a jamais pu faire.

Fort du succès de ses petites annonces, Elie Semoun adapte sur grand écran le vie imaginée de son personnage préféré, Cyprien, le bigleux qui aime les blondes à fortes poitrines. Tout aussi caricatural en salles mais plus attachant, Cyprien, est loin d'être aussi mauvais que la plupart des médias le prétendent. Certes, ce n'est pas la comédie de l'année mais on rit de bon coeur et le ton parfois exagéré n'empêche pas le spectateur d'être interpellé (comme on a pu l'être avec Le diable s'habille en Prada, Ugly Betty, ou encore Le destin de Lisa) par la critique d'une société de consommation sans pitié vis à vis de ceux qui ne rentrent pas dans la norme. Basé sur les apparences, le monde d'aujourd'hui est derrière la farce d'Elie Semoun, vivement critiqué par ce dernier. La rivalité entre Cyprien, le "no life" et Stanislas (le directeur artistique du magazine pour lequel travaille Cyprien: excellent Laurent Stocker) illustre parfaitement la dualité de deux mondes obligés de cohabiter. Au final, n'est pas le plus ridicule celui qu'on croit.
Autre raison d'aimer Cyprien, en plus du combat qu'il mène contre les préjugés, celle de découvrir un "loser" finalement très proche de nous. Les jeunes d'une vingtaine d'années seront particulièrement touchés par ce nerd et sa bande de potes. Car sans forcément partager leur mode de vie, on a les mêmes références culturelles. Finalement, on a tous quelque chose en nous de Cyprien.


lundi 16 mars 2009

WELCOME ****

Sorti le: 11 mars 2009
Réalisateur: Philippe Lioret
Avec: Vincent Lindon, Firat Ayverdi, Audrey Dana...

Un professeur de natation se prend d'affection pour un jeune réfugié Kurde de 17 ans déterminé à traverser la Manche afin de rejoindre l'Angleterre et sa fiancée.
Après le succès de "Je vais bien, ne t'en fais pas", Philippe Lioret nous revient avec une histoire tout aussi intimiste mais plus ancrée dans l'actualité.
Bien plus qu'un film aux allures de drame presque familial, "Welcome" est avant tout un pamphlet subtile sur le traitement réservé aux réfugiés en France, notamment dans le Nord. Insérant sa critique du gouvernement au sein de sa bouleversante histoire, Lioret dépeint la France d'aujourd'hui tout en l'assimilant à celle d'hier. Ainsi, l'aide aux réfugiés est proscrite, et les gens peuvent risquer jusqu'à la prison, juste pour en avoir hébergé un. Le rapprochement avec la seconde guerre mondiale n'est pas très loin.
Certainement le meilleur film français de ce début d'année, il est certain que "Welcome" ne sera pas oublié lors des prochains Césars (même si c'est un peu trop tôt pour le dire). Vincent Lindon, plus émouvant que jamais trouve ici, son meilleur rôle. Terrassé par le départ de sa femme, il prend rapidement tous les risques pour aider le jeune Bilal, tout d'abord pour impressionner son épouse active auprès des réfugiés puis par pure affection. Quant au jeune Firat Ayverdi (Bilal), stupéfiant de justesse pour ses débuts au cinéma, il est sans aucun doute la révélation de l'année (et cette fois-ci, il n'est pas trop tôt pour l'affirmer).
Impossible de sortir indemne de ce film magnifique. Et même si jamais une note positive ne vient éclairer ce sombre récit réaliste, on est pourtant touché par la solidarité, la générosité, la compassion et la grâce dont ce film est constamment imprégné.

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vendredi 13 mars 2009

JE L'AIMAIS ** (en avant-première)

Sorti le: 6 mai 2009
Réalisateur: Zabou Breitman
Avec: Daniel Auteuil, Mari-José Croze, Florence Loiret-Caille...

Chloé vient de se faire quitter par son mari. Fortement affectée, son beau-père Pierre qui la considère comme sa fille, l'emmène passer quelques jours dans sa maison de campagne pour qu'elle se repose. Alors que Chloé s'enfonce dans sa tristesse, Pierre finit par lui raconter son grand amour pour lequel il n'a pas osé tout quitter.
Zabou Breitman définitivement portée sur l'amour décide avec "Je l'aimais", après deux scénarios originaux ("Se souvenir des belles choses" et "L'homme de sa vie") d'adapter le roman éponyme d'Anna Gavalda. Son univers étant proche du sien, la réalisatrice ne prenait pas trop de risques. Sauf peut-être celui de tomber dans le piège du mélo, piège dans lequel de trop nombreux films sont tombés.
Mais la portée du film allant au delà de la simple romance, Breitman ne tombe pas dedans même s'il s'en est fallu de peu. Cet adultère n'est après tout, qu'un prétexte pour soulever une des questions récurrente chez tout couple: que faire si le grand amour nous tombe dessus alors que l'on est marié? Faut-il tout quitter ou s'obliger à respecter ses voeux du mariage? Vaut-il mieux être la maîtresse passionnément aimée mais esseulée ou l'épouse officielle mais trompée?
Zabou Breitman nous donne sa réponse dans ce film au démarrage lent et laborieux mais touchant dans son interprétation. Auteuil et Croze, personnages centraux autour desquels des destins se nouent forment un couple assez réaliste. On frôle le mielleux et on est loin de la pureté qui caractérisait son premier film ("Se souvenir des belles choses") mais les sujets existentielles du film auxquels chacun peut être confronté et le raffinement des dialogues nous convainquent de la solidité de l'oeuvre. Et enfin et surtout, Daniel Auteuil toujours aussi impeccable finit de nous séduire. La scène finale illustrant les deux amants en tout bout de route est particulièrement touchante. On s'émeut de la douleur de Pierre qui revit cette profonde mais triste passion. Le film se termine alors sous forme de morale qui redonne de l'élan à la belle-fille délaissée et donne au spectateur une bonne dose de matière à discuter.

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dimanche 8 mars 2009

MARLEY ET MOI ***


Titre original : Marley & Me
Sortie : 4 mars 2013
De : David Frankel
Avec : Jennifer Aniston, Owen Wilson, Alan Larkin, Eric dane, Kathleen Turner...

John et Jenny Grogan, tout juste jeunes mariés emménagent sous les cocotiers de la Floride dans une nouvelle demeure avec un nouveau travail. Le temps passant, Jenny ressent de plus en plus l'envie d'être mère, John pas encore prêt, décide sur les conseils d'un ami de lui offrir un chien. Un adorable petit labrador nommé Marley qui ne sera pas de tout repos.

Véritable succès aux Etats-Unis, il n'est pas étonnant de voir ce second long-métrage de David Frankel après "Le diable s'habille en Prada", réunir autant de spectateurs. Adapté du best-seller méconnu Marley et moi, mon histoire d'amour avec le pire chien du monde écrit par le vrai John Grogan, cette attendrissante histoire n'est que l'illustration du célèbre dicton qui nous dit de ne pas nous fier aux apparences. Loin de n'être qu'une simple comédie, l'arrivée de Marley dans la vie du couple est surtout l'occasion de se glisser au sein de celui-ci sur une période longue de quinze ans et d'en suivre tous les bonheurs et toutes les épreuves que la vie lui impose. Enfants, sacrifice, amitié, travail... Tous les thèmes y sont et tous y sont traités avec subtilité et réalisme.
Autre bon point du film, son couple star, Jennifer Aniston et Owen Wilson réunis pour la première fois. Ne surjouant jamais, les deux acteurs livrent une interprétation toujours juste et touchante. Le public peut complètement s'identifier à eux. Encore plus si le spectateur a eu la chance de vivre sous le même toit qu'un animal. Emouvant sans jamais en faire trop, Marley et moi est une bien belle surprise. Touchant au coeur (peut-être aussi parce-qu'il s'agit d'une histoire vraie), il y a fort à parier que Marley réussira à se faire adopter par les spectateurs du monde entier.


jeudi 26 février 2009

WATCHMEN **


Sortie : 4 février 2009
De : Zack Snyder
Avec : Jackie Earler Haley, Patrick Wilson, Jeffrey Dean Morgan, Matthew Goode, Billy Crudup, Malin Akerman, Carla Gugino...

1985, Nixon en est à son cinquième mandat tandis que la menace d'une guerre nucléaire mondiale est imminente. Terrés depuis la loi Keene de 1977 leur interdisant d'exercer, les super-héros devenus des parias après avoir été acclamés par les foules, reprennent du service pour sauver la planète et déjouer un complot visant à les éliminer.
Alan Moore, auteur de V for vendetta déjà adapté au cinéma, est surtout connu des amateurs de comics pour son roman graphique Watchmen. Edité de 1986 à 1987, cette oeuvre de douze tomes a été classé parmi les 100 meilleurs romans de langue anglaise depuis 1923 par le "Time magazine". Réputé intransposable au cinéma, et de maintes fois abandonné (notamment par Terry Gilliam ou Darren Aronosky), le projet est finalement porté à l'écran par Zack Snyder, habitué aux adaptations de bandes dessinées depuis 300.
Attendu car annoncé depuis un certain temps, le film déçoit. Pourtant, l'énergique scène d'ouverture bercée par le magnifique "Unforgettable" de Nat King Cole ainsi que le magnifique générique qui suit, laissait présager un très bon film. Mais dès que l'intrigue se retrouve mêlée au traitement successif de chaque personnage, le film perd de sa vitalité. Il n'en est pas arrivé au point de perdre le spectateur mais les défauts sont trop gros pour passer inaperçus. Premièrement, le scénario adapté n'est pas à la hauteur de l'oeuvre originale. Jamais le film ne parvient à rendre compte de l'immensité du travail de Moore. Loin d'égaler la subtilité d'un Dark Knight, Watchmen, sans être totalement mauvais, ne fait qu'accumuler une multitude de faits passés et présents qui tentent de nous faire comprendre la situation actuelle. Il est vrai que si The Dark Knight ne se concentrait que sur trois personnages (Batman, Harvey Dent, et le Joker), ici, le scénariste doit prendre en considération six super-héros. Autant dire que le montage était un sacré challenge. Challenge qui n'a pas été relevé ici.
Le montage, désastreux, tend à ne privilégier aucun personnage plus qu'un autre. Malheureusement, certains d'entre eux emportent immédiatement notre adhésion quand d'autres nous assomment profondément. Le Dr Manhattan, seul super-héro à posséder des pouvoirs surnaturels suite à un accident chimique, parle d'un ton monocorde tout au long du film sur des thèmes philosophiques à mourir d'ennui. Le Hibou, et le Spectre Soyeux (seule femme de la bande) sont à l'évidence trop mis en avant, une concentration moins assidue sur leurs personnages complètement dispensables, aurait pu faire économiser de nombreuses minutes au film. En effet, les studios dans une optique purement économique ont refusé une trop longue durée. Mais vu la densité du comic, faire moins de deux heures quarante (la durée du film) semblaient difficile or certaines scènes réellement inutiles auraient pu être évincées. Ainsi la suppression de tous ces lassants ralentis à chaque scène ou celle du pseudo-triangle amoureux (Manhattan-Spectre Soyeux-Hibou) auraient rendu le film bien plus dynamique. Heureusement, qu'il nous reste le Comédien et sa morale bien personnelle, Ozymandias et sa quête absolue, et Rorschach et son implacable sens de la justice pour nous faire passer de bons moments. Irrévérencieux et toujours droits dans leurs prises de positions, mêmes les plus extrémistes, ils sont intelligemment traités face au vide scénaristique laissé par les trois autres héros précités. Le scénario définitivement inégal avait pourtant tous les éléments pour nous passionner, le comic regorgeant de questions philosophiques et politiques. Telles que l'humanité mérite-t-elle d'être sauvée? Et si oui, des moyens peu scrupuleux peuvent-ils le justifier?
Malheureusement le ton monocorde du Dr Manhattan, le plus philosophe et le plus bavard de la troupe, ainsi que les effets spéciaux assez grossiers, le rendent totalement inexpressif et donc immédiatement soporifique. Du coup, les thèmes métaphysiques passent sous le nez du spectateur.
Là, où on attendait un film capable de rivaliser avec The Dark Knight (désormais, la référence en matière de super-héros), Watchmen n'est qu'un action movie de plus. Et sans être un expert dans le domaine des comics, on peut sans risque affirmer que Snyder (sans doute par absence de carte blanche de la part de la production) n'a pas rendu l'hommage mérité au travail d'Alan Moore.


mercredi 25 février 2009

L'ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON **



Titre original :The Curious Case of Benjamin Button
Sortie : 4 février 2009
De : David Fincher
Avec : Brad Pitt, Cate Blanchett, Julia Ormond, Taraji P. Henson, Tilda Swinton, Elle Fanning...

1918, la Nouvelle-Orléans comme tous les Etats-Unis fêtent la fin de la première guerre mondiale. John Button, lui, ne pense qu'au bonheur de voir sa femme mettre au monde leur premier enfant. Mais répugné quand il découvre que ce dernier a l'aspect d'un vieil homme, il l'abandonne au seuil d'une maison de retraite. La gérante de celle-ci, Queenie, le recueille et entreprend d'élever ce vieux bébé qui rajeunit au lieu de vieillir.

Adaptation d'une courte nouvelle de F. Scott Fitzgerald d'une trentaine de pages, elle-même inspirée d'une célèbre phrase de Mark Twain ("La vie serait bien plus heureuse si nous naissions à 80 ans et nous approchions graduellement de nos 18 ans"), cette histoire atypique aura mis un certain temps à voir le jour. Non pas en raison d'un désintérêt particulier (car l'idée d'adapter Fitzgerald n'a jamais été abandonnée) mais en raison d'un manque cruel de moyens techniques pour mettre ce récit en images. En effet, filmer l'histoire d'un homme traversant les âges sans devoir prendre plusieurs acteurs ne pouvait se faire sans une technologie de pointe. Le maquillage ne suffisant pas.
David Fincher, un des meilleurs acteurs de sa génération, auteur de thrillers sombres et passionnants retrouve Brad Pitt, son acteur fétiche, pour un troisième film (après Seven et Fight Club). Complètement impliqué, Pitt se donne corps et âme dans la peau de cet être hors du commun. Mais loin d'être au summum de son talent (on le préférera justement dans les deux derniers films précités), il trouve néanmoins dans ce film, peut-être le plus beau rôle de sa carrière. Immédiatement touché par Benjamin Button, le spectateur suit avec attention les aventures ordinaires de cet être extraordinaire.
Peu de défauts sont à concéder. Le scénario est, il faut l'avouer, d'une rare qualité, tirer une telle histoire, aussi riche de rebondissements et de sentiments d'une si courte et froide nouvelle est un exploit. Les effets visuels sont quant à eux, ni plus ni moins époustouflants, voir Brad Pitt rajeunir sous nos yeux, et retrouver le jeune acteur découvert dans Thelma et Louise est simplement incroyable. C'est du jamais vu.
Avec de telles qualités, Benjamin Button avait de quoi tenir du véritable chef d'oeuvre. Mais le film possède certains défauts qui l'empêchent de rentrer dans cette catégorie. Ils ne sont pas si gros, mais ils sont suffisamment importants pour ne pas hisser Button au rang des inoubliables. Souvent comparé à Forrest Gump en ce que ces films nous font partager le quotidien d'un homme incroyable à travers les époques, il est dommage que le nouveau film de Fincher ne tire pas plus profit de ces différentes périodes. On ne fait que les traverser, certes de manière fort jolie, mais sans en exploiter les évènements.
Autre défaut, celui d'une histoire d'amour totalement secondaire. Certains veulent nous faire croire qu'elle constitue le point central du film or si le film traite d'amour, il se concentre essentiellement sur celui que porte le parent à son enfant. Amour parental parfaitement illustrée et incarnée par Queenie (merveilleuse Taraji P. Henson), puis par Benjamin lui-même (plus tard). Le lien qui lie Benjamin à sa bien-aimée Daisy (Cate Blanchett) est peut-être beau car inexplicable, mais leur relation n'en est pas moins difficilement crédible. Le public, victime des apparences a du mal à croire en cet amour. On ne pense pas toujours forcément au fait que son cerveau n'a pas l'âge de son corps.
Plus que la simple histoire d'une déchirante passion, Benjamin Button traite surtout de la vieillesse et de la mort des êtres chers. Tous les spectateurs concernés par ces deux thèmes, ils sont différemment traités tout au long du film. Il l'est de manière ludique dans un première partie, Benjamin découvrant le monde dans un corps de vieil homme mais avec des yeux d'enfant. Son parcours initiatique de la vie à l'envers est vraiment touchant tout en étant divertissant (toute la partie dans la maison de retraite et toute sa phase marine sont à coup sûr, les meilleurs moments du film). La seconde partie, excellente également, atteint, elle, un degré bouleversant de chagrin. Les faces-à-faces de Benjamin jeune et Daisy vieille sont difficilement supportables, quand ceux du vieux Button et de la jeune fille étaient plus frais et innocents.
Au final, Benjamin Button restera un ovni dans la carrière de Fincher et de Pitt, mais c'est un bon film, un très bon film. Les oublis constants dont il a été victime lors de récentes cérémonies peuvent paraître injustes mais c'est qu'il y a dans ce film (contrairement à Slumdog millionaire), une atmosphère d'une tristesse inouïe qui efface toute trace d'espoir.

lundi 16 février 2009

DOUTE ***

Sorti le: 11/02/09
Réalisateur: John Patrick Shanley
Avec: Meryl Streep, Philip Seymour Hoffman, Amy Adams, Viola Davis...

Dans les années 60, au sein d'une paroisse catholique dans le Bronx, la Soeur Beauvier intimement convaincue de la culpabilité du prêtre Flynn dans une affaire d'actes de pédophilie, tente de le faire avouer. Mais celui-ci crie son innocence jusqu'au bout.
Auteur d'un seul film réalisé en 1990, "Joe contre le volcan", John Patrick Shanley est surtout un écrivain. Auteur de nombreux scénarios, il est connu pour sa pièce de théâtre "Le doute", lauréate du prix Pulitzer en 2004. Mais comme nous ne sommes jamais mieux servis que par nous-mêmes, Shanley décida de superviser lui-même l'adaptation cinématographique de son oeuvre. Pour un débutant, le résultat est plutôt réussi.
Les amateurs de pièces ne le savent que trop bien, les seuls points communs qu'ont le théâtre et le cinéma sont de nous conter des histoires par l'intermédiaire de comédiens. Car hormis ces deux caractéristiques, les sensations éprouvées et la manière de mettre en scène l'intrigue n'ont rien avoir. Les adaptations de pièces sont souvent des échecs, l'écran ne sachant pas forcément transmettre ce qui était destiné aux planches. Mais Shanley transposant son propre écrit, celui-ci n'est jamais à son désavantage. Devant tourner dans un minimum d'endroits pour cause d'unité de lieu (principe théâtrale), il s'appuie sur une mise en scène classique mais jamais lassante qui permet de mettre en valeur le jeu des acteurs. L'interprétation étant le point crucial (outre le scénario) sur lequel repose toute la réussite du film. Passons sur Meryl Streep qui n'a plus rien à prouver depuis bien longtemps, et sur Amy Adams dont le nom risque de s'inscrire sur nos écrans pour un certain temps. Les deux actrices qui incarnent deux personnages à la foi semblable mais aux convictions opposées quant au Père Flynn, illustrent deux tendances différentes de l'église. Soeur Beauvier est de la vieille école tandis que Soeur James tend vers une église plus moderne même si sa grande retenue l'empêche souvent d'exprimer ses préférences. Nouvelle tendance ecclésiastique que le Père Flynn, interprétée par un Philip Seymour Hoffman au sommet de ce trio impeccable, soutient aussi au grand dam de Soeur Beauvier. Mais cette seule différence d'opinions suffit-il à expliquer la raison de l'entêtement de cette dernière? Car si Soeur Beauvier accuse le Père Flynn de pédophilie (même si le mot n'est jamais prononcé), c'est sur l'unique base de sa certitude, d'une conviction qui ne la lâche pas. Par contre le public doute. Soeur James est-elle victime de sa naïveté quand elle pense le prêtre innocent? Soeur Beauvier est-elle juste entêtée ou a-t-elle su déceler le vice chez le Père Flynn? Autant de questions qui continuent de nous hanter une fois le film fini. Et à l'image de Soeur James qui douta un moment avant de finir par croire en l'innocence du Père Flynn, liberté est laissée au spectateur de se forger sa propre opinion.
Mais c'est là qu'est l'intérêt et la puissance de ce film, nous démontrer que le doute, en chacun de nous à chaque instant, peut-être un sentiment aussi fort qu'une certitude. Enfin de compte, le film nous fait nous questionner sur l'éventuelle culpabilité du père Flynn mais également et surtout sur nous. Et ce sur des thèmes très variés, allant de nos rapports à la religion, à ceux que nous entretenions avec notre prochain.
Il est sûr que de nous laisser dans le doute peut-être très frustrant mais tenter de découvrir la vérité en compagnie de si bons acteurs est tant passionnant que les deux heures de film s'écoulent à la vitesse de la lumière. On s'étonne de penser "déjà" au son du générique de fin.

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CE QUE PENSENT LES HOMMES *

Sorti le: 11/02/09
Réalisateur: Ken Kwapis
Avec: Jennifer Aniston, Ben Affleck, Ginnifer Goodwin, Justin Long, Kevin Connoly, Drew Barrymore, Scarlett Johansson, Bradley Cooper, Jennifer Connely...

Ayant pour toile de fond, l'éternelle incompréhension entre les hommes et les femmes, ce film choral tente d'éclairer chacun des deux sexes sur la façon de penser de l'autre.
Rescapé de la télé, Ken Kwapis qui n'avait jusque là réalisé qu'un long-métrage, le très oubliable "4 filles et un jean", tente de percer définitivement au cinéma en passant de la bluette pour adolescentes à la bluette pour adultes.
Adapté du roman "He's just not that into you" de Greg Behrendt et Liz Tuccillo, "Ce que pensent les hommes" n'est pas à la hauteur des attentes. Autant le dire tout de suite, nous n'apprenons pas grand chose de la gente masculine (cela vaut également pour la gente féminine). Le film n'est qu'une accumulation de clichés, de divers scénarios amoureux condensés en un seul film. Presque vendu comme une étude social des rapports amoureux entre gens du XXIe siècle, le film n'est au final qu'une banal comédie romantique. Et romantique est un bien grand mot vu le désintérêt que l'on éprouve pour la majorité des personnages. Kwapis a beau réalisé l'exploit de réunir un casting de rêve, la sauce ne prend pas. Seuls Jennifer Aniston, Ginnifer Goodwin et Justin Long sortent du lot pour être les plus touchants. Et ce certainement en raison du fait que seuls leurs personnages incarnent ce que le spectateur est venu chercher. Un peu d'amour. Il est par exemple incompréhensible que la si sympathique Drew Barrymore, spécialiste des comédies romantiques ne soit pas plus mis en avant et que Jennifer Connely, à la limite de la transparence ait une place aussi importante.
En même temps, pouvions-nous vraiment attendre quelque chose d'une adaptation d'un roman issu de la chick litt? Peut-être que le seul intérêt de ce film est qu'il s'adresse autant aux hommes qu'aux femmes, ce qui n'est pas souvent le cas de ce type de film.
Mais dans le genre, on préférera largement revoir "Love Actually", l'indétrônable film choral en matière de romantisme.

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vendredi 13 février 2009

GRAN TORINO **** (en avant-première)

Sorti le: 25/02/09
Réalisateur: Clint Eastwood
Avec: Clint Eastwood, Bee Vang, Ahney Her, Doua Moua, John Carroll Lynch...

Merci encore Allociné pour nous faire découvrir autant de bons films!

Walt Kowalski, vétéran de la guerre de Corée, quelque peu intolérant, déteste qu'on le dérange dans sa sacro-sainte tranquillité. Alors quand son nouveau jeune voisin, Thao, d'origine Hmong tente un jour, influencé par une bande de délinquants, de lui voler sa Gran Torino, seule chose à laquelle le vieil homme acariâtre tient vraiment, il en voit sa routine perturbée.
Alors que son dernier film, le très éprouvant "L'échange" ne date que de novembre, Clint Eastwood nous livre déjà sa nouvelle oeuvre, réalisée donc en très peu de temps, "Gran Torino". A 78 ans, Eastwood est en pleine forme, à la fois derrière la caméra et quasiment de tous les plans, Hollywood n'est pas prêt de se débarrasser, pour le plus grand bonheur de tous, de ce prolifique et talentueux cinéaste.
Annoncé dès les rumeurs de projet comme un sixième volet de l'inspecteur Harry, point d'inspecteur Callahan ici, même si on pense parfois très fortement à lui. Eastwood préfère dresser le portrait d'un vieil homme hanté par son passé et aigri par le temps. Délaissé par ses propres enfants et seul depuis la mort de sa femme, il se rapproche sans vraiment le vouloir (au début, du moins) de ses voisins, qui voient en lui un héros depuis qu'il a sauvé le jeune Thao, d'une bande de voyous. Voyous qui n'ont pas dit leur dernier mot.
Ayant depuis longtemps compris que la mise en scène était un moyen et non une fin en soi, Eastwood opte comme dans chacun de ses films, pour une mise en scène classique, une forme qu'il met au service du fond. Il semble avoir fait sienne la maxime de Gabin qui disait que pour faire un bon film, il fallait une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire.
Excellent réalisateur, il est également parfaitement à l'aise dans la peau de cet homme âgé cachant son humanité, il a d'ailleurs été dommage d'apprendre que le rôle de Walt Kowalski serait son dernier, l'acteur voulant définitivement laissé la place au réalisateur.
Aidé par un casting inconnu exclusivement d'origine hmong, Eastwood a voulu s'assurer d'aller au plus près de la réalité. L'idée paye car les acteurs amateurs n'en sont que plus sincères dans leur interprétation et l'émotion est au rendez-vous.
Reprenant son thème fétiche, celui de la famille, le réalisateur n'en parle pas, au sens propre du terme mais de celle que l'on se choisit, la famille de coeur. Les liens qu'il crée avec Thao rendent son histoire extrêmement touchante. Plus simple que ces précédents films, "Gran Torino" n'en est pas moins excellent. Vrai magicien, Eastwood nous offre avec trois de bouts de ficelle scénaristique, un véritable petit chef d'oeuvre, peut-être le plus intimiste et le plus émouvant de tous ses films.
Mais la famille n'est pas le seul thème dont le film traite. En bon républicain, Eastwood insère, comme dans toutes ses créations, des sujets que le parti politique américain a toujours mis plus ou moins en avant. Ainsi, il ne parle jamais de la libre circulation des armes à feu mais elles sont bien visibles et leur présence n'est jamais contestée. La religion catholique est également omniprésente tout au long du film. Hanté par les actes qu'il a commis lors de la guerre de Corée, Eastwood se conduira en véritable héros vengeur tout en opérant une rédemption à sa façon. Mais Eastwood étant le plus démocrate des républicains, la place prédominante laissé aux sentiments et à la tolérance gomme tous ses partis pris politiques.
Eastwood est quoiqu'il en soit, à jamais ce pur héros américain qui avec le temps est devenu un génie du cinéma. "Gran Torino" n'est que la confirmation d'une chose que l'on savait déjà, Eastwood est juste le meilleur réalisateur américain vivant à ce jour.

bande annonce allociné

mercredi 11 février 2009

SLUMDOG MILLIONAIRE ****

Sorti le: 14/01/09
Réalisateur: Danny Boyle
Avec: Dev Patel, Freida Pinto, Madhur Mittal, Anil Kapoor, Irfan Khan...

Jamal Malik, ancien gamin des bidonvilles devenu simple serveur, gagne la somme maximale à la version indienne de "Qui veut gagner des millions?". Suspectant une éventuelle tricherie, les autorités locales l'interrogent.
Adaptation du roman indien "Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devient milliardaire", "Slumdog millionaire" est actuellement l'objet d'un consensus planétaire. Gagnant de multiples grands prix (meilleur film aux Baftas et aux Golden Globes), on lui promet un bel avenir aux oscars. Et comme le dit si bien le proverbe, il n'y a pas de fumée sans feu.
Partant de l'idée très originale et risquée de faire tourner le film autour de la célèbre émission "Qui veut gagner des millions?", la nouvelle oeuvre du déroutant Danny Boyle est surtout l'occasion de nous plonger dans le récit passionnant de la vie d'un jeune Indien issu des bidonvilles. Car chaque réponse donnée a son explication.
La caméra toujours aussi nerveuse du réalisateur anglais filme sans concession l'histoire de deux frères tout en nous faisant découvrir et ce sans concession, la véritable Inde. Une magnifique Inde aussi pauvre que riche, aussi misérable que flamboyante... Un pays où les castes font la loi, où les bidonvilles font face aux puissantes cités mais où la quête de l'amour n'est finalement pas impossible. Car le film, au final, parle principalement de ça. D'amour. Celui entre deux frères que la vie ne cesse de vouloir opposer, celui entre deux êtres que la vie ne cesse de vouloir séparer.
C'est Dev Patel, déjà remarquée dans la série anglaise "Skins", qui incarne ce slumdog millionaire. Il est parfois un peu inexpressif car trop intériorisé, mais il confère à Jamal une innocente pureté qui le rend encore plus attachant. Bien que le personnage de son frère, Salim, plus ambigu soit plus intéressant.
Danny Boyle signe ici son meilleur film. Et même si, à la fin, son hommage à Bollywood est quelque peu hors contexte, la scène nous rappelle que la capitale indienne du cinéma la plus productive au monde n'a pas fini de faire parler d'elle.
Finalement, peu importe que le film soit couronné à Hollywood le 22 février ou non. Boyle aura réussi un magnifique film où se côtoient la violence, la misère, l'amour et la sincérité. Prônant l'existence d'une destinée, "Slumdog millionaire" est un bel hommage à l'espoir et nous incite tous à croire en notre bonne étoile.

bande annonce allociné

LES NOCES REBELLES **


Titre original : Revolutionary Road
Sortie : 21 janvier 2009
De : Sam Mendes
Avec : Leonardo Dicaprio, Kate Winslet, Michael Shannon, Kathryn Hahn, David Harbour, Kathy Bates...

Frank s'en va au travail tandis que sa femme le salue de la main tout en jetant un oeil sur les enfants qui gambadent dans le jardin. Tel est l'incarnation du bonheur familial dans les années 50. Mais derrière la perfection du tableau se joue les derniers instants d'un couple en crise, de deux êtres amoureux que la routine a fini par éloigner l'un de l'autre. Dix ans après Titanic, Leonardo Dicaprio et Kate Winslet connaissent un second naufrage. Mais cette-fois, nul bateau à l'horizon, c'est leur couple qui se noie dans les eaux profondes de la routine. Franck et April ont beau s'aimer aussi fort que Jack et Rose, leurs rêves respectifs engloutis par la force de l'habitude auront raison d'eux.

La critique de LOL : Laughing Out Loud ***



Sortie : 4 février 2009
De : Lisa Azuelos
Avec : Sophie Marceau, Christa Theret, Alexandre Astier, Jocelyn Quivrin, Jérémy Kapone, Félix Moati, Marion Chabassol, Lou Lesage, Louis Sommer, Emile Bertherat...

Portrait générationnel d'une bande d'adolescents parisiens, Lol a pour titre le nom de son héroïne Lola, lycéenne dont la vie tourbillonne autour de ses premiers amours, de ses amis et de sa mère avec qui le dialogue n'est pas toujours des plus simples.

Cour du lycée, jour de la rentrée, Lola (Christa Théret) rejoint sa bande d'amis. Les filles se la jouent Kate Moss et les mecs se prennent pour les BB Brunes. Ça commence mal. En avant l'inévitable avalanche de clichés sur la vie adolescente. Mais loin de les subir, on en redemanderait presque. Lol est presque deux heures durant, une source inépuisable de rires, de bonheur, et de sincérité. Alors oui, on assiste à l'aliénation technologique des ados scotchés à msn, greffés à leur portable, ruinant leur scolarité préférant boire et fumer. Mais cette formidable troupe d'acteurs est tout simplement trop pleine de charme pour ne pas craquer. Vendu comme La boum des années 2000, on pense beaucoup plus à A nous les petites Anglaises auquel d'ailleurs la réalisatrice Lisa Azuelos rend un évident hommage dans un savoureux voyage scolaire en Angleterre. La bande son anglo-saxonne pop rock (très très cool) berce le quotidien de Lola. Une vie qui tournent le plus souvent autour de ses aventures amoureuses qui font écho à celles de sa mère. Une mère interprétée par une Sophie Marceau, plus épanouie que jamais. Ne surjouant pas pour une fois, elle est naturelle et attachante dans le rôle d'une maman dépassée par son adolescente. Christa Theret qui l'incarne, était déjà la seule à se démarquer dans Et toi, t'es sur qui?, elle fait ici des ravages. Lisa Azuelos, en plus de dépeindre le quotidien adolescent, livre une belle relation mère-fille pleine de cris mais surtout pleine d'amour. Le seul bémol à faire au film serait peut être de ne se concentrer que sur une catégorie d'ados délaissant certains qui ne pourront s'identifier (n'est pas ado bobo parisien qui veut). Mais le film est si hilarant, qu'on ressort de la salle empli d'allégresse.