dimanche 28 juin 2009

LA-HAUT **** (en avant-première)


Sortie : 27 juillet 2009
De : Pete Doctor et Bob Peterson
Avec les voix : Edward Asner, Jordan Nagai, Bob Peterson, Christopher Plummer, Delroy Lindo,

Carl et Ellie qui se sont rencontrés très jeunes ont une passion commune, l'exploration. Ensemble, ils rêvent de partir à l'aventure et de s'installer près de Paradise Falls (les Chutes du Paradis), en Amérique du Sud mais la vie suit son cours et leur rêve ne se réalise jamais. Jusqu'à ce que Carl, anéanti par la mort de son épouse, et menacé d'expulsion, décide d'accomplir leur vieux projet.

Dixième long-métrage de Pixar et premier à avoir l'honneur d'ouvrir le festival de Cannes, Là-Haut"est certainement l'un des projets Pixar-Disney les plus attendus. L'association de Pete Doctor et de Bob Peterson fait des merveilles. Déjà à l'origine des plus beaux films d'animation (Doctor a réalisé Monstres and co et est l'auteur de l'idée originale de Wall-E tandis que Peterson est le scénariste du Monde de Nemo), ils nous livrent ce qui est certainement le meilleur Pixar réalisé à ce jour. Aussi bien pour les petits que pour les grands, tout le monde y trouvera son compte. Russell, le jeune scout embarqué par hasard dans les aventures de Carl emportera immédiatement l'adhésion des plus jeunes quand Carl sera immédiatement attachant aux yeux des adultes malgré son caractère grincheux.

mardi 23 juin 2009

La critique des BEAUX GOSSES ***

Sortie : 10 juin 2009
De : Riad Sattouf
Avec : Vincent Lacoste, Anthony Sonigo, Alice Tremolières, Julie Scheibling, Noémie Lvovsky, Irène Jacob, Emmanuelle Devos...

Dans un collège de Rennes, les premiers émois amoureux d'Hervé et de Kamel, les meilleurs amis du monde.

En compétition à Cannes 2009 dans la catégorie, la quinzaine des réalisateurs, Les beaux gosses est l'oeuvre de Riad Sattouf, auteur de bandes dessinées à succès dont La vie secrète des jeunes et Retour au collège dont il s'est inspiré pour son film. Se prêtant au rôle de réalisateur pour la première fois, le jeune cinéaste a les honneurs de Cannes et d'une presse dithyrambique. Il faut dire que loin d'embellir ses héros, Sattouf tend à un certain réalisme dont il grossit un maximum les traits afin de faire de ses ados, des loseurs intégraux.
A l'opposé des ados mannequins en mode Paris 16ème de Lol (très drôle mais définitivement pas réaliste), Hervé et Kamel sont presque laids, attardés, se moquent de leurs camarades qui leur rendent la pareille et font face à des parents et à des profs aussi déjantés qu'eux si ce n'est plus...Mais comme on a tous eu un Hervé ou un Kamel dans notre classe (si nous n'avons pas été comme eux, nous-mêmes), ils sont du coup très attachants et on se surprend à les soutenir dans leur quête. Cependant plus doués pour se faire jeter que pour séduire, les deux amis ont bien du mal à trouver ce qu'il cherche, jusqu'à ce qu'Aurore, une des filles les plus populaires de la classe jette son dévolu sur Hervé. Celui-ci aux débuts, loin de comprendre, finit dans ses bras et s'ensuit une série de sketchs voyant un Hervé, maladroit qui doit à la fois, composer avec sa nouvelle petite amie, son meilleur pote amoureux de la meilleure amie d'Aurore, et une mère dépressive et collante. Une mère interprétée par une savoureuse Noémie Lvovsky, aussi folle que son fils (peut-être même plus) mais surtout hilarante grâce à une absence total de tabous et de pudeur.
Les jeunes acteurs sont incroyables, à la fois drôles sans être caricaturaux, et touchants sans tomber dans le mélodrame. Sattouf a eu du flair en les choisissant. Le film est presque trop court, on aimerait voir la suite de leurs aventures, et surtout ils nous donnent envie de (re)lire les bandes dessinées du maître d'oeuvre.
Les beaux gosses est une vraie réussite. Drôle, touchant (surtout vers la fin), réaliste, ce teen movie plus trash que Lol et plus réaliste qu'un American pie livre un portrait de l'ado tel qu'il est réellement. Moche, bête, obsédé, paresseux, mais sur la voie de l'évolution (normal, il a 15 ans).


LASCARS **

Sortie: 17 juin 2009
Réalisateur : Albert Pereira Lazaro et Emmanuel Klotz
Avec les voix de: Vincent Cassel, Izm, Diane Kruger, Fréférique Bel, Omar et Fred, Gilles Lellouche, Hafid F. Benamar, Diam's, Vincent Desagnat, François Levantal, Eric Judor...

Tony Merguez et José Frelate, la dream team du ghetto, rêvent de partir en vacances mais arnaqués par l'agence de voyages, ils se retrouvent obligés de rester à la cité tout l'été. Afin de partir pour de bon, ils tentent par tous les moyens de se renflouer mais quand Tony décide de jouer les Tony Montana, les choses tournent mal.
Crées par Alexis Dolivet, Laurent Nicolas, Numéro 6, Cap1, Lucien Papalu et Izm (qui prête également sa voix à José Frelate), "Les lascars", avant d'être le film qu'on connaît aujourd'hui, est une série d'animation constituée d'épisodes d'une minute environ et racontant le quotidien de jeunes de banlieue. La série, enfin porté à l'écran après des années d'essais infructueux, est remise entre les mains d'Albert Pereira Lazaro et Emmanuel Klozt, tout droit sortis de l'école des gobelins pour son adaptation ciné. Les deux réalisateurs procèdent à un mélange de 2D et de 3D du meilleur effet. Le ton visuel du film dans un premier temps déroutant, rend le dessin ultra vivant et du coup, prenant. Bon point également pour le scénario. Jamais stigmatisés, les jeunes de cités sont toujours décrits de manière drôle et positive. Ces derniers toujours la vanne et le sourire à la bouche ont le don pour se retrouver dans des situations cocasses dont ils se sortent avec originalité et grand bruit. Quant auxdits jeunes, ils n'y en a pas un pour rattraper l'autre, mais leur confiance en eux leur confère une touche de sympathie. Ainsi, il y a d'abord Tony (Vincent Cassel est impeccable et s'en donne à coeur joie), le banlieusard qui ne rate jamais une occasion de se fourrer dans des embrouilles et son meilleur pote José (Izm) plus raisonné mais qui supporte toujours les conséquences des fautes de Tony. Autour d'eux gravitent d'autres personnages tout aussi burlesques et drôles. Notamment Manuella, la petite amie envahissante de Tony qui finit par le harceler (Fréférique Bel est parfaite, lui conférant toute la folie qu'elle a pu trouver en elle), Zoran, le caïd de la cité (Gilles Lellouche tout comme le dessin est tout bonnement impressionnant), Momo, le jeune délinquant qui se rêve cinéaste (Hafid F. Benamar a su rendre ce jeune aussi attachant que tête à claques), et enfin Narbé et Sammy, les deux frimeurs du quartier qui se vantent trop vite (Omar et Fred sont définitivement inimitables). Bref, une grosse bande de banlieusards dont, on ne rit pas à gorge déployée mais dont on prend plaisir à suivre les malencontreuses aventures. Et le film est à ne surtout pas rater pour son dénouement final juste hilarant. Frelate et Merguez rappant "le petit bonhomme vert", c'est prendre la banlieue à contre-pied, c'est de la pure autodérision, c'est du pur bonheur.

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samedi 20 juin 2009

SUNSHINE CLEANING ***

Sortie: 10 juin 2009
Réalisateur: Christine Jeffs
Avec: Amy Adams, Emily Blunt, Alan Larkin, Jason Spevack, Steve Zahn, Mary Lynn Rajskub, Clifton Collins Jr...

Norah et Rose Lorkowski sont respectivement serveuse et femme de ménage. La première se faisant renvoyer et la seconde devant trouver un job mieux payé afin d'assurer des études à son fils, elles décident de monter une entreprise de nettoyage de scènes de crime. Les deux soeurs hantées par la mort de leur mère alors qu'elles étaient encore jeunes filles parviennent grâce leur entreprise de nettoyage à faire le ménage dans leur vie. Cessant de s'encombrer de tout ce qui les empêche d'avancer, elles repartent dans la vie de bon pied, même si cette dernière ne fait rien pour leur faciliter la tâche. Les producteurs de "Little Miss Sunshine" reviennent avec un nouveau petit bijou. Plus triste que leur premier film, "Sunshine cleaning" est également plus adulte mais les mêmes thèmes sont repris. Ainsi, on retrouve des personnages très travaillés et ultra attachants meurtris par la vie et qui grâce, à leur famille et à l'espoir qu'ils en tirent, prennent un nouveau départ. Un scénario donc sans faute, des personnages auxquels on peut facilement s'identifier, et des acteurs exceptionnels qui font de "Sunshine cleaning", une petite merveille qui mériterait d'avoir autant de succès que Little Miss Sunshine". Des acteurs en effet merveilleux. Tous habitués des petites productions indépendantes, chacun à leur manière insuffle à leur personnage une part d'humanité qui nous touche en plein coeur. Alan Larkin devrait jouer dans du Woody allen tant son ton plaintif cache un mal de vivre qui ressemble à celui du célèbre réalisateur New Yorkais. Emily Blunt, aussi à l'aise dans la comédie que dans le drame ne vole définitivement pas tout le succès dont elle fait l'objet. Quant à Clifton Collins Jr nous rebute par son aspect marginal (qu'il n'a pas en réalité), et finalement nous fait craquer par sa gentillesse et sa générosité sans borne. Mention pour finir, à Amy Adams, fabuleuse dans ce rôle de mère courage qui ne se laisse jamais abattre malgré la malchance qui la poursuit. Ce petit bout de femme toujours à fleur de peau dégage une force de vivre incroyable. La scène de réconciliation qu'elle partage avec Emily Blunt est d'une rare émotion.

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jeudi 4 juin 2009

VERY BAD TRIP **** (en avant-première)



Titre original : The hangover
Sortie : 24 juin 2009
De : Todd Phillips
Avec : Bradley Cooper, Ed Helms, Zach Galifianakis, Justin Bartha, Heather Graham...

Quatre amis partent en virée à Las Vegas pour fêter l'enterrement de vie de garçon de l'un d'eux. Mais le lendemain de la fête, le futur marié a disparu et les trois autres ne se souviennent plus de rien. Ils partent alors à la recherche de leur meilleur ami et tentent de reconstituer les évènements de la veille.

A première vue, Hangover (ou gueule de bois en français) ne promettait pas, d'être plus qu'une divertissante comédie aussi vite vue qu'oubliée. Une sorte de mauvais remake de Very bad things. Mais c'était sans compter, la présence derrière la caméra de Todd Phillips. Habitué des films de potes, il est en terrain conquis, maîtrisant parfaitement les ficelles humoristiques du style potache de ce genre de films. Phillips affiche d'emblée sa marque de fabrique en 2000 avec Road Trip qui suivait déjà les aventures d'un groupe de copains parti en vadrouille. Suivront Retour à la fac et Starsky et Hutch (peut-être un peu trop parodique pour être pleinement réussi). Si Very bad trip reste dans la lignée du reste de son travail, il marque un tournant dans l'oeuvre de Phillips. En effet, l'humour y est plus adulte. Fini les ados obsédés et bonjour aux hommes mariés ou sur le point de l'être. Le réalisateur s'est si éloigné des teenagers que le film va parfois très loin, trop loin pour des spectateurs âgées de moins de 12 ans. Mais ce bémol sera le seul fait au film car d'une durée d'une heure trente, on en passe une heure à pleurer de rire. Ce patchwork de scènes délirantes est juste hilarant. Et ce grâce à des acteurs quasi inconnus du grand public mais dignes des plus grands humoristes américains. Si Bradley Cooper joue facilement le beau gosse sûr de lui toujours prêt pour la moindre bêtise, on lui préférera Ed Helms, le coincé à lunettes pour lequel ce week-end se révèlera une libération mais surtout Zach Galifianakis, l'adulte immature. L'acteur naviguait jusque là entre seconds rôles et séries éphémères, parions que Very bad trip le fera rentrer dans la cour des comiques les plus populaires. Sans lui, le film n'aurait certainement pas la même saveur. Ne ratez pas ce film hilarant qui voit un quatuor de potes essayer de recoller les morceaux d'une nuit. Reste une mystérieuse poule d'origine inconnue. Mais comme on dit : what happens in Vegas stays in Vegas!

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lundi 1 juin 2009

JUSQU'EN ENFER ***

Titre original: Drag me to hell
Sortie: 27 mai 2009
Réalisateur: Sam Raimi
Avec: Alison Lohman, Justin Long, Lorna Raver, Deelip Rao, David Paymer, Reggie Lee...

Christine dans l'espoir de décrocher le poste de vice-directrice de la banque dans laquelle elle travaille, refuse d'accorder le prolongement de son prêt à une vieille dame. Celle-ci pour se venger jette un sort à la jeune femme.
Sélectionné en compétition officielle à Cannes, "Jusqu'en enfer" signe le retour à ses premiers amours de Sam Raimi après une longue incursion dans les films de commandes (citons entre autres, "Mort ou vif", la trilogie "Spiderman"...). Auteur de multiples films d'horreur dont la trilogie "Evil Dead" (peut-être l'oeuvre la plus connue de son époque horrifique), Raimi prouve avec ce nouveau film qu'il n'a rien perdu de sa patte si particulière. Spécialiste des films d'horreur si drôles qu'ils sont à la limite de la parodie ("Evil Dead 2" en est sûrement l'exemple le plus flagrant), le réalisateur réussit l'exploit de continuer dans cette voie tout en renouvelant sa marque de fabrique grâce à des effets spéciaux bien plus réalistes que dans les années 80. Finalement "Jusqu'en enfer" est aussi drôle que les premiers films de Raimi mais plus effrayant en raison d'une technique plus élaborée. Le film ne terrifie pas au point d'en faire des cauchemars mais on se surprend à sursauter. Raimi semble avoir voulu mettre l'accent sur la partie comique du film mais il l'aura agrémenté de scènes particulièrement écoeurantes. Alison Lohman fait du coup l'objet de toute notre admiration pour avoir supporté ces moments réellement infects. L'actrice reprend avec brio le rôle qui devait à l'origine revenir à Ellen Page ("Juno", "Hard Candy") mais qui ne put honorer son engagement pour cause d'emploi du temps surchargé. Lohman qui fut plutôt discrète depuis "Big fish" et "La vérité nue" est impeccable dans le registre de la comédie horrifique. Elle à la fois drôle et crédible dans la peau d'une scream queen qui pour une fois n'est pas une potiche. Car la potiche du film est ici, le compagnon de l'héroïne (pauvre Justin Long qui mérite pourtant mieux). Raimi en réalisant un film d'horreur drôle, en inversant les rôles et en clôturant son film sur une fin non consensuelle, brise les codes comme dans le temps. Comme quoi, il est parfois bon de se tourner vers le passé.

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ETREINTES BRISEES ***

Titre original: Los Abrazos rotos
Sortie: 20 mai 2009
Réalisateur: Pedro Almodovar
Avec: Penelope Cruz, Lluis Homar, Jose Luis Gomez, Blanca Portillo, Tamar Novas, Ruben Ochandiano...

Mateo Blanco est réalisateur et également scénariste mais tous ses scripts, il les signe Harry Caine, double professionnel. A l'occasion de son nouveau film "Filles et valises", il engage une aspirante actrice, Magdalena dont il tombe follement amoureux. Mais l'amant de celle-ci, Ernesto Martel, riche homme d'affaires n'accepte pas que Lena puisse en aimer un autre.
En compétition officielle à Cannes, Pedro Almodovar est reparti bredouille. Fait rarissime pour le réalisateur espagnol, qui s'il n'a jamais eu la palme, n'est jamais reparti sans un prix. C'est d'autant plus regrettable que ces "Etreintes brisées" est certainement l'un de ses plus beaux films.
A part dans le dernier Woody Allen ("Vicki Cristina Barcelona") qui lui valut l'oscar de la meilleur actrice dans un second rôle, le talent de Pénélope Cruz est complètement sous-exploité dans les pays anglo-saxons. Mais Almodovar, éternellement amoureuse de son actrice fétiche, sait lui confier des rôles à la hauteur de son jeu. La passion qu'elle insuffle à Lena permet à Lluis Homar qui interprète le réalisateur avec qui elle trompe son amant, de composer un personnage profondément émouvant. Ce dernier atteint de cécité après un accident qui coûta la vie à Lena, n'utilise plus que le nom de Harry, celui de Mateo lui rappelant trop sa bien-aimée disparue. Mais le fait de raconter son histoire d'amour brisée au fils de sa meilleure amie, fait renaître Mateo et lui permet d'achever son deuil. Lluis Homar est sans aucun doute le meilleur acteur du film. Et si Almodovar est connu pour écrire de beaux rôles féminins, il nous prouve une nouvelle fois encore (après "La mauvaise éducation") qu'il sait également écrire de très beaux personnages pour les hommes. Les jeux d'Homar et Cruz s'imbriquent l'un dans l'autre (aidés par de très bons seconds rôles, notamment josé Luis Gomez, presque touchant quand il découvre la tromperie de Lena sur pellicule) et permettent d'illustrer le scénario d'un Almodovar toujours aussi subtil que fougueux. Reprenant ses thèmes fétiches (la jalousie, les secrets enfouis qui ne demandent qu'à être révélés, l'hommage rendu au cinéma...), Pedro signe un film 100% Almodovar avec un certain romantisme qu'on lui connaissait peu. L'histoire est simple mais belle, les acteurs vraiment émouvants et la musique comme les décors et les costumes si vifs viennent renforcer l'intensité de cette étreinte brisée.

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vendredi 29 mai 2009

TERMINATOR : RENAISSANCE *** (en avant-première)



Titre original : Terminator Salvation
Sortie : 3 juin 2009
De : McG
Avec : Christian Bale, Sam Worthington, Anton Yelchin, Bryce Dallas Howard, Moon Bloodgood, Helena Boham Carter, Michael Ironside, Common...

2018, les prédictions se sont réalisées. Skynet s'est rebellé et tente sur une Terre post-apocalyptique d'exterminer la race humaine. Espèce en voie de disparition, que John Connor, leader de la résistance et ses fidèles tente de protéger par tous les moyens.

Après un troisième volet clairement commercial, la tâche s'avérait lourde pour McG. Réalisateur de Charlie et ses drôles de dames (film totalement incompris), il devait remettre la saga Terminator sur les rails, autrement dit l'aligner sur le travail de James Cameron, auteur des deux premiers opus. Mission accomplie. Les effets excellents nous font retrouver des T-600 et des T-800 ultra-perfectionnés et indestructibles. On a plaisir à voir Connor les insulter et les exterminer (non sans difficultés). Un Connor, devenu un adulte complètement impliqué et concentré dans sa mission de sauveur de l'humanité. S'inscrivant dans la logique de continuité de l'oeuvre de Cameron, le choix de Christian Bale est parfait. L'acteur est plus crédible que Nick Stalh dans la peau de John Connor, étant physiquement plus proche d'Edward Furlong. Mais après s'être fait piquer la vedette par Heath Ledger et Aaron Eckart dans The Dark Knight, il se la fait de nouveau voler, ici. Comme Schwarzenegger a préféré la politique au détriment du cinéma, il a fallu retrouver un Terminator qui développerait des émotions humaines. Or ici, et c'est ce qui constitue l'originalité du film, c'est un humain qui devient un robot tout en l'ignorant. Sam Worthington, encore peu connu du grand public, ne va pas le rester bien longtemps. Il est le plus émouvant du casting, tout étant paradoxalement le plus froid. Il est d'ailleurs le seul qui, pendant quelques instants, nous extirpera du souvenir constant des deux premiers volets. D'ailleurs, c'est un peu frustrant de savoir tout ce qui va se passer, même si c'est plutôt drôle de voir John rencontrer son propre père adolescent en totale admiration devant son propre fils. Par contre, il y en a une qui manque terriblement : Sarah Connor. Déjà son absence pesait dans le Soulèvement des machines, mais ici, elle se fait cruelle. Il faut dire que les personnages féminins de ce quatrième volets ne sont pas particulièrement réjouissants. L'une bougeant à peine pour cause de grossesse, et l'autre n'ayant qu'une véritable scène d'action, on rêverait de voir Sarah apparaître et sortir son légendaire "you're terminated, fucker".
Cette nouvelle équipe reprend donc avec honneur, sans massacre aucun, le flambeau. Et on est sincèrement pressé de voir la suite. Mais le travail de Cameron, comme celui des interprètes originaux, restent inégalables.


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mercredi 27 mai 2009

GOOD MORNING ENGLAND ***

Sortie: 6 mai 2009
Réalisateur: Richard Curtis
Avec: Bill Nighy, Rhys Ifans, Philip Seymour Hoffman, Nick Frost, Kenneth Brannagh, Jack Davenport, Tom Sturridge, Gemma Aterton, January Jones, Emma Thompson...

1966, Carl, jeune ado qui vient de se faire renvoyer de son pensionnat, va vivre quelques temps avec son parrain sur ordre de sa mère. Or ce dernier n'est autre que le patron de Radio rock, la plus populaire des radios pirates. Emise depuis un bateau qui vogue en mer du Nord, elle réunit toute une bande de DJs décalés mais passionnés qui rassasient de rock'n'roll, 24 heures sur 24, les oreilles des Anglais quand les radios officielles n'en diffusent que quarante-cinq minutes par jour.
Producteur de "Quatre mariages et un enterrement", de "Coup de foudre à Notting Hill" et également réalisateur de "Love actually", Richard Curtis a le chic pour mettre notre moral au beau fixe. Ces films anti-dépression divertissent, mettent la pêche, émeuvent, et ne frôlent, même jamais le guimauve, avec des sujets qui s'y prêtent toujours, pourtant. "Good morning England" n'échappe pas à la patte du cinéaste. Si chaque nation a ses particularités en terme de cinéma, il semble que le cinéma anglais soit le seul qui puisse être à la fois si simple, drôle, émouvant et irrévérencieux à la fois ("Looking For Eric" en est un autre bel exemple, en ce moment). Se détachant de la comédie romantique pour nous faire découvrir le vent de liberté insufflé par le rock'n'roll dans les années 60, Curtis n'en est pas moins à l'aise, aidé par une troupe d'acteurs exceptionnelle. Chaque personnage est immédiatement attachant. Que ce soit, Dr Dave, le truculent de la bande, Simon, le romantique, Gavin, le surdoué prétentieux, Mark, le playboy silencieux ou Quentin, le chef charismatique... Ils ont beau tous être, très différents, il y aurait comme un vide si un seul manquait à l'appel. Les spectateurs auront bien sûr, leur préféré, mais tout le monde ne pourra qu'apprécier, le jeune Carl, jeune innocent et inexpérimenté à travers lequel on découvre le Radio Rock et son équipage. Quant aux ennemis jurés des porte-paroles de la liberté musicale, ils sont détestables à souhait. Kenneth Brannagh est parfait en ministre prêt à tout pour couler les radios pirates. Avec ses airs de nazi, il est à mille lieux du résistant allemand qu'il interprétait dans "Walkyrie". Dommage cependant que son jeune collègue, Jack Davenport, n'ait pas succombé à la folie ambiante. Ce rebondissement tant espéré n'arrive jamais. Il aurait pourtant ajouter un peu de piment au film et serait venu renforcer ses propos libertaires. Autre minuscule bémol au film, sa durée. 2H15, c'est un poil long quand même.
En tout cas, "Good Morning England" nous donne une folle envie de faire un tour dans les années 60. Décennie qui aurait plus mérité que les années 20, le surnom d' "années folles" tant les moeurs se débrident. Bien plus qu'un film sur le rock'n'roll, Richard Curtis signe un hommage à la musique. Elle fait plus qu'adoucir les moeurs, le plus éternel des arts est synonyme de liberté, et sans liberté, il n'y aurait pas de plaisir (preuve en est faite par deux scènes de repas de Noël mémorables).

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dimanche 24 mai 2009

CANNES 2009 : palmarès


Après que le jury ait pendant deux semaines visionner tous les films en compétition, il a enfin rendu son palmarès. Sans plus attendre, les heureux lauréats.

(Retrouvez les infos sur les films récompensés dans la chronique SPECIAL CANNES)

PALME D'OR DU COURT-METRAGE
Arena de Joao Salaviza (réalisateur de 25 ans dont c'est le deuxième court-métrage)
>Un jeune homme assigné à résidence tue le temps en faisant des tatouages.

CAMERA D'OR
Samson et Delilah de Warwick Thornton (réalisateur australien déjà auteur de 4 courts-métrages)
> Deux adolescents vivent dans une communauté aborigène mais leur vie routinière les incitent à en partir. Une fois en dehors de la communauté, ils tombent amoureux. Leur amour semblant être leur bouclier contre le monde cruel.
Et mention spéciale à Ajami de Scandar Copti et Yaron Shari

PRIX DU JURY
Fish Tank de Andrea Arnold
Thirst, ceci est mon sang de Park Chan-Wook

PRIX DU SCENARIO
Feng Mei pour Nuits d'ivresse printanière de Lou Ye

PRIX DE LA MISE EN SCENE
Brillante Mendoza pour Kinatay

PRIX D'INTERPRETATION FEMININE
Charlotte Gainsbourg pour Antichrist

PRIX D'INTERPRETATION MASCULINE
Christoph Waltz pour Inglorious Basterds

PRIX EXCEPTIONNEL
Alain Resnais pour l'ensemble de sa carrière

GRAND PRIX
Un prophète de Jacques Audiard

PALME D'OR
Le ruban blanc de Michael Haneke

jeudi 21 mai 2009

LOOKING FOR ERIC *** (en avant-première)

Merci Allociné!

Sorti le: 27 mai 2009
Réalisateur: Ken Loach
Avec: Steve Evets, Eric Cantona, Stéphanie Bishop, John Henshaw, Stefan Gumbs, Lucy-Jo Hudson...

Il était une fois un footballeur devenu acteur. Après avoir multiplié les expériences cinématographiques, il eut l'idée de jouer son propre rôle et demanda pour cela à voir Ken Loach. Puis les deux hommes finirent sélectionner en compétition officielle au festival de Cannes. On ne sait pas encore si l'histoire finit par un happy end (c'est à dire par la palme d'or ou autres prix prestigieux), mais si ce n'est pas le cas, l'histoire restera tout de même belle.
Cantona, dieu du foot en Angleterre pour l'empreinte profonde laissé à Manchester, a définitivement gagné ses galons dans le monde du cinéma. Et comme si cela ne suffisait pas, il fourmille également de brillantes idées. Car c'est lui qui est à l'origine de ce petit bijou anglais.
Les acteurs jusqu'au dernier moment ne connaissait pas la trame du scénario, et c'est réellement surpris qu'Eric incarné par Steve Evets découvre son idole dans sa chambre. Ken Loach, spécialiste des drames sociaux, devrait les délaisser un peu plus souvent car il se révèle être un vrai pro de la comédie. Filmé presque comme un documentaire, on ne pourrait rêver de personnages plus réalistes. Qui ne s'est jamais senti impuissant, rêvant d'un être qui nous guiderait vers le bon chemin. Sauf qu'Eric a la chance d'en avoir un ou plutôt de se l'imaginer. Cantona, plus drôle que jamais, l'assène de proverbes dans la veine de celui très célèbre des mouettes (et pour lequel il fut injustement incompris). L'acteur laisse sa pudeur de côté et se livre autant sur ses victoires que sur ses erreurs, regrettables certes, mais qui l'ont aidé à évoluer, à faire de lui, l'homme qu'il est aujourd'hui. Et quel homme! Mais il est pourtant peu présent à l'écran, et on se sent plus proche d'Evets qui tente de se repentir de ses fautes en les réparant. Ainsi, il essaye d'aider au mieux sa fille, mère étudiante, de se faire pardonner par sa première femme qu'il a abandonné et d'éduquer tant que bien mal les deux fils de sa seconde femme qu'elle lui a laissés. Mais heureusement, Eric, et tout le postulat du film est là, peut compter sur ses amis. Car si Cantona le guide, ses conseils ne lui sont prodigués afin qu'il regarde autour de lui. Et qu'il puisse voir que ses amis, et sa famille sont les seuls à pouvoir le sauver de sa déprime.
"Looking for Eric" n'est pas une ode à Cantona, mais à bien plus que ça. Le film est une célébration de la famille et de l'amitié. Et les scènes hilarantes mais très touchantes de la réunion spirituelle de potes, et de la vengeance orchestré par Eric contre un gangster local sont là pour en témoigner.
Hommage donc à l'amitié mais également au football, dont Cantona réhabilite en nous faisant redécouvrir toutes ses valeurs. Ainsi Eric, comme Cantona l'a été à Manchester, est le leader de sa propre équipe. Une équipe d'amis passionnés, simples supporters, très loin des hooligans dont les médias ne cessent de parler.
Alors Palme d'or ou pas, "Looking for Eric" reste un grand film où Cantona, loin de se glorifier, se sert de son image afin de faire véhiculer un bien beau message.


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STAR TREK ****


Sortie : 6 mai 2009
De : J.J. Abrams
Avec: Chris Pine, Zachary Quinto, Zoe Saldana, Karl Urban, Eric Bana, John Cho, Anton Yelchin, Bruce Greenwood, Simon Pegg, Winona Ryder, Leonard Nimoy, Jennifer Morrison, Chris Hemsworth...

Jeune difficile mais surdoué, James T. Kirk s'engage dans la Starfleet sur les traces de son père. Après s'être incrusté sur l'Enterprise, le meilleur vaisseau de l'académie, sa bouillante personnalité s'oppose à celle de Spock, moitié Vulcain, moitié Humain. Mais les deux hommes devront mettre leurs différends de côté afin d'affronter Nero, un dangereux Romulien, qui a décidé de détruire chaque planète de l'univers.

Attendu au tournant par tous les Trekkis (la fanbase de Star Trek), J. J. Abrams a pourtant pris le parti de ne pas faire un film pour satisfaire un public averti mais pour divertir sans abrutir le plus grand nombre. Après avoir réalisé le troisième opus de la saga Mission impossible, réussi mais sans excellence non plus, le réalisateur et producteur le plus prolifique du moment (ses séries Lost et Alias ou encore le film Cloverfield sont là pour le prouver), semble s'être libéré de l'emprise du studio pour son second film. Star Trek est une totale réussite et ce, sur tous les plans.
Si les effets spéciaux, dans un premier temps sont décevants (hormis la salle de contrôle identique à celle de la série originelle, l'Enterprise a parfois l'air d'être un jouet ultra perfectionné qu'on filmerait de près), le vaisseau romulien laisse sans voix. Cette spectaculaire machine tentaculaire dirigée par un Eric Bana méconnaissable est le plus réussi de tous les vaisseaux extra-terrestres. Space opera à la Starwars et énergique comme un Starship Troopers, Star Trek n'est pas pour autant une pâle copie de ces deux films. Abrams joue même à armes égales avec eux. L'action se mêle à la psychologie des personnages, jamais un de ces aspects n'est privilégié au détriment de l'autre. Rares sont les blockbusters aussi subtils. Si Kirk, désinvolte, insolent, est drôlatique à souhait, Spock déchiré entre ses deux origines est un personnage plus nuancé. Zachary Quinto, droit, logique comme tout vulcain est toujours aux bords de l'explosion, s'empêchant d'avoir le moindre sentiment, réprimant à chaque instant son côté humain.
Le scénario rend ce personnage extrêmement attachant sans pour autant le mettre plus en avant que Kirk. Chaque acteur, de Chris Pine à Anton Yelchin (tous déjà vus mais pas encore confirmés) est une révélation. Mais la prestation parfaite de Quinto finit par faire de Spock, le véritable héros du film et de Quinto lui-même, la véritable révélation de Star Trek. On a immédiatement envie de voir la suite. Sentiment plutôt rare pour un blockbuster. Preuve de la qualité de ce film tout aussi explosif que subtil.


mardi 5 mai 2009

INCOGNITO **

Sorti le: mercredi 29 avril 2009
Réalisateur: Eric Lavaine
Avec: Bénabar, Franck Dubosc, Jocelyn Quivrin, Anne Marivin, Isabelle Nanty...

Agent de la RATP, artiste raté, Luka devient une star après la découverte chez lui d'un carnet bleu rempli d'une dizaine de chansons qu'il n'a plus eu qu' à mettre en musique. Mais quand son ami Charlie, propriétaire du carnet, et censé être disparu, refait surface dans sa vie, Luka fait tout pour que ce dernier ne sache rien de sa récente et très forte popularité.
Fort d'une bande annonce attractive, et d'une promotion réussie, "Incognito" semblait être la comédie française du moment à ne pas rater. Mais après vision de l'oeuvre, les sentiments sont partagés. Car si le film n'est pas aussi hilarant que les premières images pouvaient le laisser penser, d'où une certaine déception, le trio d'acteurs parfaitement équilibré charme son monde.
Jocelyn Quivrin, pas le plus épatant mais le point de repère du spectateur, signe une sobre performance. Bénabar, quant à lui, fait le grand saut dans le monde du cinéma et étonne par tant de simplicité. Confondant de naturel, le chanteur (également coauteur du scénario et compositeur attitré du film), malgré un jeu ponctué de certaines hésitations, fait mouche et séduit le public. Sa gueule, sa voix lui servent beaucoup, et l'évidente complicité partagée avec ses partenaires finissent de le mettre à l'aise. Il y a fort à parier que cette première fois sur grand écran ne sera pas sa dernière.
Mais que serait le film sans Franck Dubosc, au sommet de sa forme et de son talent. C'est simple, si on ne rit pas à gorge déployée, les seules scènes où on rit de bon coeur sont les siennes. Francis, ado retardé qui vit aux basques de Luka depuis dix ans, acteur raté aussi lourd qu'attachant, empêche le chanteur de prendre la grosse tête et le responsabilise. Car s'occuper de Francis, c'est comme faire l'expérience de la paternité avec quelques années d'avance.
La faiblesse du film réside dans son scénario assez simplet, les rebondissements ne sont en rien palpitants et se devinent trop rapidement. Et si essayer de rendre incognito, un célèbre chanteur semblait une bonne idée, et réserve deux ou trois scènes mémorables, à part la drôlerie de Dubosc, le film dégouline de bons sentiments, sans aller au delà, et tombe dans la facilité.
A voir donc pour un Dubosc dans son rôle le plus inoubliable (dommage, néanmoins que la bande annonce dévoile ses meilleures scènes) et pour un Bénabar épatant pour ses débuts.

bande annonce allociné

vendredi 1 mai 2009

La critique de COCO AVANT CHANEL **


Sortie : 22 avril 2009
De : Anne Fontaine
Avec : Audrey Tautou, Benoît Poelvoorde, Alessandro Nivola, Marie Gillain, Emmanuelle Devos...

Orpheline, Gabrielle Chanel coud la journée et chante le soir dans de petits cabarets provinciaux avec sa soeur afin de survivre. Après sa rencontre avec Etienne Balsan, homme riche auquel elle se raccroche par peur de tout perdre, la désormais dénommée Coco, développe des goûts certains et commence à confectionner des chapeaux pour quelques amies artistes. L'arrivée de Boy Capel, meilleur ami anglais de Balsan, et bientôt amour de sa vie, l'incitera à prendre sa liberté et à monter son propre empire en matière de mode.

Autant le dire tout de suite, la déception est énorme. S'inspirant d'un livre d'Edmonde Charles-Roux, auteur de plusieurs livres sur la vie de Chanel dont le fameux "L'irrégulière", Anne Fontaine livre un biopic classique sans grande originalité. Alors oui, les décors et les costumes sont d'une grande beauté, digne de la grande Chanel mais Fontaine ne se concentrant que sur l'histoire d'amour que vivent Boy Capel et Coco, on se surprend à s'ennuyer ferme. Alessandro Nivola et Audrey Tautou prêtent merveilleusement leur silhouette et leur phrasé aux deux amoureux mais on aurait préféré que l'accent soit mis sur son ascension sociale et professionnelle. La succession d'images qui voit Coco évoluer dans des ateliers de couture de plus en plus luxueux, illustration de sa réussite, finissant sur un sublime défilé rue Cambon, frustre plus qu'elle nous apprend. On ressort de la salle, la tête pleine de questions. On sait tout de ses premiers amours déterminants mais rien sur le développement même de son oeuvre.
Or ce dernier point était crucial car c'est par ses créations que Chanel s'est fait un nom et a contribué à la libération de la femme tant vis-à-vis des hommes que des vêtements. Là se trouvait le point même central de la vie de Coco Chanel. Dommage qu'Anne Fontaine ne fasse que survoler ce thème pour ne réaliser au final qu'une simple histoire d'amour à laquelle on ne s'attache guère. Heureusement Audrey Tautou incarne parfaitement Coco Chanel. Exprimant avec toute sa gouaille provinciale son féminisme et son indépendance affichés. Mais que serait le film sans Benoît Poelvoorde, interprète de Balsan. Il égaye la monotonie latente du film de sa présence, son caractère au départ détestable devient par la suite attachant. Il nous fait rire, il nous émeut, bref, c'est le seul qui nous provoque une réaction. Anne Fontaine aura au moins eu le mérite de donner à Poelvoorde un très joli rôle. Mais pour en apprendre davantage sur Coco Chanel qui méritait mieux, autant lire une biographie ou revoir le téléfilm réalisé par Christian Duguay avec Barbora Bobulova et Shirley MacLaine (toutes deux incarnant la couturière à des étapes différentes de sa vie), peut être moins bien réalisé mais beaucoup plus instructif.
Il semble qu'aucun film ne parviendra à rendre vraiment compte de la longue et complexe vie de la première femme à la tête d'une grande maison de couture.


jeudi 30 avril 2009

17 ANS ENCORE **

Sorti le: 22 avril 2009
Réalisateur: Burr Steers
Avec: Zac Efron, Matthew Perry, Leslie Mann, Thomas Lennon, Michelle Trachtenberg, Sterling Knight, Melora Hardin...

Mike, la quarantaine, n'a pas la vie dont il avait tant rêvé. Il vient de rater une promotion, sa femme veut divorcer et ses enfants lui parlent à peine. Devenu un looser qui vit chez son meilleur ami, ses 17 ans où lycée rimait avec gloire et succès semblent bien loin. Mais le destin en décide autrement et lui redonne un coup de jeune.
Produit par Adam Shankman, réalisateur du génial "Hairspray" déjà avec Zac Efron, "17 ans encore" s'éloigne du style irrévérencieux de la comédie musicale pour se rapprocher de celui de la comédie familiale moralisatrice.
En effet, quand "Hairspray" prônait la libération des moeurs, "17 ans encore" est un plaidoyer pour l'abstinence sexuelle. La gueule d'ange de Zac Efron ne servant qu'à faire passer la pilule plus facilement chez les jeunes.
Fable moralisatrice aux airs de "Big" inversé, ce film n'en est pas pour autant déplaisant. On passe même un bon moment. Thomas Lennon qui interprète le rôle de Ned, meilleur ami nerd de Mike, ancienne tête de turc du lycée, y est pour beaucoup. Tentant de séduire la principale, il est tout simplement hilarant. Si Zac Efron est sur l'affiche, c'est Lennon qui retiendra toute l'intention du public. Enfin si le film illustre, sans se cacher, un discours pro-papal, les scènes où Efron tente de séduire à nouveau sa femme qui ne se doute pas que le jeune jouvenceau en face d'elle est son mari, sont paradoxalement les meilleures. Pourtant loin d'être les plus chrétiennes, mettant en scène le flirt d'un ado et d'une femme d'âge plus mûre, elles passent pourtant très bien. L'alchimie entre Efron et Leslie Mann est palpable. Leurs échanges loin d'être déplacés, sont mêmes drôles et presque romantiques. Cela vient peut-être du talent, pas encore totalement éclos mais sous-jacent, d'un Efron surprenant dans sa capacité à nous faire croire qu'à 17 ans, il en a en fait 40.
"17 ans encore" n'est pas un film indispensable, mais on passe un bon moment avec un Efron sur les rangs pour devenir le meilleur espoir masculin hollywoodien et avec un Thomas Lennon qui nous manque déjà.

bande annonce allociné