dimanche 29 juin 2008

SPEED RACER ***

Sorti le: 18/06/08
Réalisateur: Larry et Andy Wachowski
Avec: Emile Hirsch, Matthew Fox, Christina Ricci, John Goodman, Susan Sarandon...

Speed Racer est le meilleur pilote de sa génération. Hanté par le fantôme de son frère qui fut autrefois un grand champion, il n'a qu'un rêve, l'égaler, voire même le surpasser. Fidèle à la firme de son père, Speed refuse les propositions de puissantes écuries dont celle de Royalton qui par rancune se promet de détruire la carrière prometteuse du jeune prodige. Après avoir découvert que les plus grandes courses étaient truquées, Speed décide de s'allier aux pilotes qui luttent contre la corruption de son sport fétiche.
Après le génial thriller "Bound", l'inégale trilogie philosophico-fantastique "Matrix" et le décevant pamphlet politique "V for vendetta", les frères Wachowski s'attaquent au film familial.
"Speed Racer" est l'adaptation cinématographique d'un manga japonais "Mach Go Go Go" qui fit un carton aux Etats-Unis. Les deux réalisateurs accomplissent un travail remarquable. Les courses sont tout simplement scotchantes, digne d'une attraction. Celle de Casa Cristo, longue de 5000 kilomètres traversant plusieurs continents est particulièrement réussie. Cette course très dangereuse ayant coûté la vie au frère de Speed Racer, la tension et le suspens sont à son comble lors de sa traversée. Ne parlons pas de la course finale du Grand Prix. Les effets spéciaux n'ont jamais autant servi la cause du monde des courses de voitures. On se croirait presque au volant de la Mach 5, la voiture de Speed.
Le film est également réussie sur le plan visuel. Les protagonistes évoluent dans un monde futuriste ressemblant à un New-York japonaisé. Tout y est grandiose, fluo, kitch, disco, délirant. Même les combats entre les différents pilotes sont dignes des plus célèbres mangas. Les Wachowski semblent avoir fait exploser la palette de peinture. On pense d'ailleurs souvent à "Charlie et la chocolaterie" tant les décors font penser à une multitude de bonbons acidulés.
Si les courses sont sidérantes et les décors hallucinants, le film pêche par son côté familial. Certaines scènes empreintes de bons sentiments viennent alourdir le film. Dommage, il aurait été bon d'assombrir davantage les relations pourtant déjà bien complexes. Le film aurait gagné en noirceur et en intensité.
Le casting, quant à lui est plus qu'agréable. Les deux frères ont su s'entourer d'une joyeuse petite troupe d'acteurs n'hésitant pas à embaucher quelques talents européens. Ainsi, on remarquera la présence du Français Melvil Poupaud ou encore celle de l'Allemand Benno Führmann. Tous les comédiens de Sarandon à Hirsch sont frais et pimpants. Mais on ne voit dans le film que Matthew Fox. Après une très bonne performance dans "Angles d'attaque", l'acteur est ici, excellent dans le rôle de Racer X, pilote masqué, mystérieux et justicier voulant nettoyer le monde des courses de toute sa pègre.
L'acteur plus habitué aux séries est en train de se faire une belle place dans le monde du cinéma. Il est dommage que son talent n'ait pas été reconnu plus tôt.
"Speed Racer" ne sera pas le phénomène que "Matrix" a été. Mais hormis quelques scènes familiales un peu lourdes, le film impressionne dans sa virtuosité technique, dans son avalanche de couleurs et ses courses qui vous scotcheront au fond de votre fauteuil.

bande-annonce allociné

samedi 21 juin 2008

INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRANE DE CRISTAL **


Sortie : 21 mai 2008
De : Steven Spielberg
Avec : Harrison Ford, Cate Blanchett, Karen Allen, Shia Labeouf, John Hurt, Ray Winstone...

Alors que la guerre froide bat son plein, Indiana Jones part à la recherche des légendaires crânes de cristal qui une fois réunis constitueraient une énorme source de puissance. Il doit éviter que ces derniers ne tombent entre les mains des soviétiques et secourir deux de ses plus proches amis, le professeur Oxley et son ancienne fiancée Marion mais Indy pourra compter sur le fils de cette dernière, Mutt Williams, pour l'aider.

Voilà plus de 19 ans que le retour d'Indy était attendu (Indiana Jones et la dernière croisade date de 1989). La pression a dû peser à un point qu'on ne peut s'empêcher de ressentir une pointe de déception. Spielberg pêche par excès de gourmandise. A trop vouloir donner aux fans d'Indy, il fait dans la démesure. La saga Indiana Jones a beau être du pur divertissement, un certain réalisme n'aurait pas été de trop. Car si les trois premiers opus se basaient sur des contes mythologiques chrétiens ou aztèques, la légende du crâne de cristal est trop teintée de connotations extra-terrestres pour toucher le coeur de l'homme terre à terre. Les costumiers et les chargés de décors ont beau avoir parfaitement travaillé pour reconstituer les années 50, difficile de s'y croire quand on s'attend à voir débouler Mulder ou Scully à tout moment.
Que dire des soviétiques. Ce n'est pas qu'ils ne méritent pas le titre de super méchants, mais les nazis gagnent haut la main à ce jeu-là. Difficile d'établir une trame dramatique sur la guerre froide quand les deux meilleurs opus de la série Indiana Jones étaient basés sur la seconde guerre mondiale. Jamais Cate Blanchett aussi froide qu'un glaçon ne nous fera suer d'angoisse. Paul Freeman (Le belloq en quête de L'arche perdue) ou Alison Doody (le professeur Elsa schneider à la recherche du Graal), n'étaient pas plus chaleureux mais leurs personnages plus approfondis et plus ambigus avaient de l'envergure. Jones avait à l'époque des adversaires de taille.
Si les personnages n'ont en aucun cas perdu de leur témérité, avoir pris de l'âge leur a fait perdre leur insolence. Harrison Ford tout comme Karen Allen donnent de leur personne et font preuve d'une solide consistance vu leurs nombreuses scènes d'action mais leur jeu amoureux est bel et bien terminé. Difficile d'admettre que la Marion tenant tête à Indy dans Les aventuriers de l'arche perdue soit devenue telle une ado dévorant des yeux son héros. La scène finale du film les concernant est consternante. Indiana est lui égal à lui-même, et fait autant toujours preuve d'humour face à ses ennemis mais depuis quand se laisse-t-il appeler Henry. Lui qui tenait tant à ce qu'on l'appelle Indiana... 
Avouons-le, nos héros ont vieilli. Harrison Ford semble avoir pris le pas sur celui de son père cinématographique Sean Connery en reproduisant le shéma familial avec son propre fils fictif, Shia Labeouf. Ce dernier est la caution jeune du film. Après l'avoir déniché chez Disney et l'avoir fait batailler contre quelques robots géants dans sa production Transformers, Spielberg semble l'avoir désigné comme successeur d'Indy, et ne s'en cache pas. Vu la vigueur de l'archéologue, celui-ci n'est pas prêt de raccrocher fouet et chapeau mais Labeouf semble prêt à assurer l'intérim. Comme on dit, tel père tel fils, le jeune Mutt ne déroge pas à la règle. Il est aussi têtu, drôle et casse-cou que son père et son grand-père mais a hérité de la coquetterie de sa mère. Coquetterie qui sera la cause de nombreux fous rires tout au long du film. C'est un bonheur (et peut être le seul du film) de le voir se prendre pour un jeune rebelle au grand coeur tout droit sorti de L'équipée sauvage.
Loin d'égaler les trois premières aventures de la saga, Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal nous fait passer un bon moment. On suit les nouvelles péripéties d'Indy avec le sourire et grand intérêt mais 20 ans se sont écoulés, difficile de les éluder. Heureusement, Shia Labeouf est là pour rafraîchir le tout. Il est toutefois dommage que Sean Connery ait refusé de participer à cet opus, voir trois générations de Jones réunies aurait été pour le coup un spectacle bien réjouissant.

vendredi 20 juin 2008

WALL-E **** (en avant-première)


Sortie : 30 juillet 2008
De : Andrew Stanton

Finis les 2D tant attendus pour les fêtes de Noël, Disney semble définitivement s'être entiché de Pixar afin de dépoussiérer les films destinés à un jeune public. Après Le monde de Nemo et 1001 pattes, Andrew Stanton revient avec Wall-EVoilà 700 ans que les habitants de la planète bleue l'ont déserté afin de survivre. Seul y est resté un petit robot nommé Wall-E dont la mission est de la nettoyer. Mais bientôt sa vie quotidienne rythmée par ses tâches ménagères est bouleversée par l'arrivée d'une petite "robote" nommée Eve venue explorer la Terre. Il en tombe immédiatement amoureux et la suit jusqu'aux confins de l'univers à ses risques et périls.

mardi 17 juin 2008

JCVD ****

Sorti le: 04/06/08
Réalisateur: Mabrouk el Mechri
Avec: Jean-Claude Van Damme, François Damiens, Zinedine Soualem, Karim Belkhadra...

Jean-Claude Van Damme en plein procès pour obtenir la garde de sa fille retourne en Belgique et se retrouve malgré lui dans un braquage qui dérape en prise d'otages.
Le scénario est totalement improbable, on y va avec une pointe d'à priori. Mais le film est une franche réussite, on sort totalement convaincu autant par Jean-Claude Van Damme que par Mabrouk el Mechri.
L'ancien JCVD est mort, vive le nouveau Van Damme. Il est méconnaissable, on ne l'a jamais vu si émouvant.
Le réalisateur rompt sciemment avec l'ancien style de l'acteur pour donner un second souffle à sa carrière. Preuve qu'il ne faut jamais se fier aux apparences. Van Damme est peut-être une montagne de muscles et les médias ont beau s'être délectés de ses célèbres disgressions philosophiques, derrière cette image, se cache ou plutôt nous n'avons pas su voir, l'homme. Un homme comme tant d'autres, en proie aux aléas douloureux de la vie. Il perd sa fille, son avocat le ruine, son agent est incapable de lui trouver un rôle digne de ce nom et il se retrouve mêlé à un braquage. Bref, il enchaîne les galères.
Le réalisateur français ne ménage pas la star. Fini, le héros qui terrasse ses adversaires à coups de karaté, Van Damme doit se taire et obéir aux braqueurs sous la menace d'un revolver. Ces derniers se servent même de lui comme d'un bouc émissaire. Mais Van Damme reste digne, touchant.
Ses partenaires de jeu méritent les mêmes éloges. François Damiens (le commissaire Bruges) est décidément aussi à l'aise dans la comédie que dans le drame (à suivre), Zinedine Soualem est parfait en braqueur détestable à souhait tout comme Karim Belkhadra, malfrat pas si méchant que ça adouci par la passion qu'il voue à l'acteur.
Mais si on redécouvre Van Damme, on découvre tout court El Mechri. Le film réunit ces deux talents et plus d'une scène reflète cette alliance. Mais la plus révélatrice est celle où Van Damme désespéré se tourne vers Dieu. Le réalisateur élève littéralement l'acteur, la mise en scène est impeccable, et l'interprétation de Van Damme émeut aux larmes. Il se met à nu, fait face à la caméra et ouvre son coeur. Comment y rester insensible? Cette scène résume à elle seule le film.
Son talent, déjà notable dans "Virgil" se confirme avec "JCVD", le réalisateur est en passe de devenir un des plus grands cinéastes français. Il maîtrise parfaitement son art. Montage, musique, plans, trame narrative... Il n'y a rien à redire. On assiste à un drame humain doublé d'un bon film policier. Le suspens est bien présent, on s'intéresse réellement à l'issue que va prendre cette prise d'otages. Vivement son prochain film en espérant qu'il ne perde pas la fraîcheur et l'émotion qui le caractérise.
A voir et à revoir car en plus d'être un sacré bon film, "JCVD" nous permet de redécouvrir Van Damme. Peut-être même que le film permet à l'acteur de se retrouver.

http://fr.youtube.com/watch?v=piB8HgLcX7g&feature=user

lundi 16 juin 2008

PHENOMENES *


Sortie : 11 juin 2008
De : M. Night Shyamalan
Avec : Mark Wahlberg, Zooey Deschanel, John Leguizamo...

Le calme et le beau temps règnent sur New-York quand survient un étrange phénomène: des milliers de gens se suicident après avoir adopté un comportement singulier. Si le pays pense d'abord à une attaque terroriste chimique, il semblerait enfin de compte que ce soit la nature elle-même qui tue. 

Pourtant le film commençait bien. Les cinq premières minutes où on assiste médusés au suicide collectif de plusieurs New-Yorkais sont même une franche réussite. Mais dès le phénomène dévoilé et les deux amis profs (John Leguizamo et Mark Wahlberg) présentés au spectateur, Shyamalan nous bassine avec sa morale à deux francs. Les pseudo-problèmes que le couple formé par Wahlberg et Zooey Deschanel (particulièrement mauvaise) traverse sont aussi passionnants que le phénomène est effrayant. Bref, tout ici n'est que du vent. Depuis Sixième sens et Incassable, le réalisateur américain semble ne plus vouloir innover. Même Wahlberg, génial dans La nuit nous appartient, peine ici à livrer une bonne prestation. 
Sous prétexte de vouloir donner une petite leçon, Shyamalan fait se retourner la nature contre l'homme en lui faisant perdre tout repère à tel point qu'il préfère se suicider. Le but est louable mais jamais, le phénomène n'est expliqué, et le spectateur ressort la tête pleine de questions. Questions qui s'évaporent aussi vite que le souvenir de ce film qui enfin de compte reste très inutile. Où Shyamalan veut-il en venir? 

vendredi 6 juin 2008

SEX AND THE CITY **

Sorti le: 28/05/08
Réalisateur: Michaël Patrick King
Avec: Sarah Jessica Parker, Kim Cattrall, Cynthia Nixon, Kristin Davies, Chris Noth...

Nul besoin de présenter Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda, devenues depuis pas mal de temps maintenant de bonnes amies pleines de bons conseils.
Le film reprend là où la série s’était arrêtée. Trois années se sont passée et aucun nuage à l’horizon. Charlotte est comblée par Harry et leur fille adoptive, Miranda jongle entre travail et famille, Samantha prend du bon temps et s’occupe de la carrière de sa star de petit-ami et Carrie a retrouvé Big pour de bon. Mais si après la pluie vient le beau temps, après le beau temps arrive la pluie. Les laisser ainsi aurait été trop facile. Surtout quand Carrie décide de se marier avec Big, on sent les difficultés pointer à l'horizon.
Mais quel plaisir de les retrouver. L’attente fut longue mais le bonheur n’en est que plus grand. Sans être le film du siècle (on aura souvent l’impression de regarder un double-épisode du vendredi soir au cinéma), la surprise est bien agréable. Nos craintes étaient injustifiées, la série n’est pas sacrifiée sur l’autel de l’opération commerciale. On rit, on a la larme à l’œil, et on ne s’ennuie pas une seule seconde dans ce véritable défilé de mode de tout de même deux heures vingt. Patricia Field, costumière de la série et du film n’a pas lésiné sur les moyens pour le plus grand plaisir des yeux. Nos héroïnes rivalisent d’élégance et d’imagination.
Le film reste dans la continuité des aventures des quatre New-Yorkaises égales à elles-mêmes. Les filles ont peut-être fini par trouver leur grand amour après l’avoir si ardemment recherché pendant six saisons, mais désormais il va falloir composer avec et savoir le garder. Les trentenaires sont devenues des quadras et la spectatrice quelque soit son âge en apprend encore et toujours. Car s’il est vrai que les filles peuvent parfois nous sembler un peu irréalistes (toujours parfaitement coiffées, et chèrement habillées, dans une ville ultra chic, les difficultés financières ne semblant pas avoir de prise sur elles), le film est comme la série finement, subtilement écrit. Quatre ans d’absence n’aura pas nui au talent créateur du scénariste et réalisateur Michaël Patrick King ou l’homme qui lit dans les pensées des femmes.
Le film est principalement centré sur Carrie mais ses trois copines ne sont pas pour autant mises de côté. Et Samantha lui piquerait presque la vedette.
Les quatre amies sont toujours aussi inséparables et leurs interprètes respectives sont toutes d'excellentes actrices. Il est clair que rien ne serait pareil sans elles.
Bref, ça faisait quatre ans qu’on attendait leur retour, et la joie de les retrouver est bien là. Six ans d’amitié aussi indéfectible, ça vaut bien de telles retrouvailles !
Car après tout, si « Sex and the city » traite de la quête de l’amour, c’est l’amitié qu’elle a toujours glorifiée.

http://fr.youtube.com/watch?v=WbQll2sBS-4

samedi 24 mai 2008

JACKPOT ***

Sorti le: 07/05/08
Réalisateur: Tom Vaughan
Avec: Cameron Diaz, Ashton Kutcher, Lake Bell, Rob Corddry...

Une jeune femme qui vient de se faire larguée et un homme tout juste viré de son boulot par son propre père, se rencontrent à Las Vegas et finissent par se marier après une soirée trop arrosée. Tous deux décident d'annuler le mariage jusqu'à ce que l'un gagne trois millions de dollars avec une pièce de l'autre. Le juge les obligeant à rester ensemble, chacun espère de l'autre l'erreur qui leur permettra d'empocher le jackpot.
Les années 90 firent de Julia Roberts, la reine de la comédie romantique américaine, mais Cameron Diaz sera incontestablement celle des années 2000. Avec un brin de folie en plus, ce qui ne gâche rien.
Elle forme avec Ashton Kutcher un duo imparable. Il est d'ailleurs étonnant que personne n'ait pensé à les réunir plus tôt. Le couple alchimique embarque le public tout de suite dans un rythme effréné de scènes plus drôles les unes que les autres. On ira pas jusqu'à les consacrer génies comiques mais leur rencontre explosive vaut réellement le détour. La sauce prend immédiatement.
Les seconds rôles ne sont pas en reste. Lake Bell et Rob Corddry sont peu présents à l'écran mais ils sont parfaits dans les rôles des meilleurs amis respectifs de Diaz et de Kutcher poussant ces derniers au pires mesquineries pour obtenir les trois millions.
Le jeune réalisateur Tom Vaughan qui n'a pour l'instant officié que sur quelques séries télé est à l'origine d'une vraie réussite. Il y a fort à parier que ce ne sera pas son dernier film.
Alors oui, le pitch est invraisemblable, l'affiche est ridicule, ça sent la grosse machinerie américaine à trente kilomètres, mais le film est tout simplement hilarant! Et le mot est faible.
Alors si l'envie vous prend de rire pendant deux heures, "Jackpot" est le film idéal.

http://fr.youtube.com/watch?v=OwMpiCAAMVQ

15 ANS 1/2 **

Sorti le: 30/04/08
Réalisateur: François Desagnat et Thomas Sorriaux
Avec: Daniel Auteuil, Juliette Lamboley, Julie Ferrier, François Berléand...

Un grand chercheur scientifique parti vivre aux Etats-Unis pour son travail doit revenir en France pour s'occuper de sa fille de 15 ans qu'il a à peine vu grandir. Le choc des générations ne rate pas.
Le scénario est prévisible. Les blagues faciles, limite beaufs. Tous les clichés sur les ados sont au rendez-vous: le conflit de générations, la fête trop arrosée, les discussions msn, le langage propre aux ados... Mais qu'est-ce qu'on rit.
L'histoire est un peu mielleuse mais tous les acteurs prennent tellement de plaisir à jouer qu'on en prend aussi.
Juliette Lamboley, jeune actrice déjà remarquée dans "L'auberge Rouge" ou "Le pacte des loups" porte quasiment le film sur ses épaules. Si celui-ci pourra enfin lui apporter le succès qu'il lui manquait pour enchaîner des projets plus porteurs, son rôle est gentillet, il lui manque un brin de folie. Et c'est difficile de la prendre pour une jeune ado de 15 ans tant l'actrice dégage de la maturité. Elle n'a seulement que 18 ans, mais elle tient la dragée haute à un Daniel Auteuil très en forme. Il n'y a qu'à voir ce dernier en train de s'imaginer vivre ses fantasmes. Le voir se prendre pour un genre de gangster rapper, ça vaut le coup d'oeil. Ce n'est pas tous les jours qu'on peut le voir se caricaturer de la sorte. Le film ne vaut rien que pour lui.
Et également pour une Julie Ferrier simplement hilarante. C'est une surdouée. Il faut la voir pour le croire. Vivement tous ces prochains films. Par contre grosse déception pour François Berléand totalement inexistant dans un rôle inutile. On se demande ce qu'il fait là.
Le film nous promet une comédie sur les jeunes mais au final, les adultes sont pires que leurs gosses. C'est eux qui remportent la palme des plus drôles.
En tout cas, Desagnat et Sorriaux évoluent dans leur conception de la comédie. Ils semblent en avoir fini avec des films tels "La beuze" ou "Les 11 commandements" qui étaient censés faire rire. On n'est encore loin de la comédie subtile et recherchée mais on progresse sans aucun doute dans le bon sens.
"15 ans 1/2" ne vaut peut-être pas jusqu'au déplacement mais si un jour de pluie, vous voulez vous faire une toile sans prise de tête, sachez qu'on passe un très bon moment!

http://fr.youtube.com/watch?v=e8Uqej24XCw

jeudi 1 mai 2008

FUNNY GAMES US **

Sorti le: 24/03/08
Réalisateur: Michael Haneke
Avec: Noami Watts, Tim Roth, Michael Pitt, Brady Corbet, Siobhan Fallon...

Le couple Farber et leur enfant en vacances dans leur résidence secondaire voient leur séjour tourner au cauchemar quand deux adolescents qui n'en sont pas à leur premier essai, arrivent pour les séquestrer.
Le premier "Funny Games" d'Haneke datant de 1997 et ne se prêtant pas à une exportation aux Etats-Unis, le réalisateur allemand crut nécessaire d'en faire un remake.
Ainsi, il reprend la même histoire tournée à l'identique, mais avec des acteurs anglo-saxons afin que le public américain ne se sente pas trop perdu, tout en prétextant vouloir dénoncer la violence selon lui trop présente dans le cinéma outre-atlantique.
Le générique de début promettait, la musique ultra-violente de Naked City vous prend au ventre, on s'attend à un spectacle à la limite du supportable mais à la sortie du film, on se dit que l'interdiction au moins de 16 ans est exagérée. On nous avait mis en garde quant à son sadisme latent mais ce n'est pas l'effusion de violence à la fois tant attendue et redoutée. C'est limite un peu trop causant et pas assez physique. Stanley Kubrick, autre réalisateur controversé, aurait été plus percutant.
Toutefois, après mûre réflexion, on se rend compte qu'Haneke est un réalisateur bien subtile et qu'on s'est fait prendre au piège.
Ainsi, les longs plans-séquences sur les vexations que subissent la famille Farber mettent le spectateur en situation de témoin privilégié. Nous sommes dans la pièce sans y être.
Sans parler des moments où l'un des deux tortionnaires prend à parti le spectateur face caméra lui demandant s'il en veut plus, le faisant rentrer dans son jeu (Michael Pitt est impeccable et troublant. Il est à la fois drôle, intelligent, et dangereux et donc forcément, très inquiétant!)
Le film nous rend coupable de complicité envers le couple et l'enfant. Il nous dit que le fait de regarder ainsi, presque sans sourciller, ces gens se faire torturer aussi bien mentalement que physiquement fait de nous, des voyeurs y prenant un plaisir pervers.
Et c'est cela qui est dérangeant dans le film. Ce n'est pas le fait d'assister à des séances d'humiliations successives qui met mal à l'aise mais c'est le fait d'en devenir les complices.
Haneke en réalisant son propre remake veut nous faire prendre conscience du manque de moralité qui sommeille en chacun de nous. Mais Haneke est-il lui-même très moral de nous le faire remarquer tout en filmant une telle histoire de bout en bout, le final scellant le tout?
C'est là qu'on voit combien il était nécessaire de reprendre le film original plan par plan. S'il avait été filmé différemment, le spectateur n'aurait pas été rendu complice et le film n'aurait été qu'un long-métrage trash supplémentaire.
"Funny Games" a fait, fait, et fera encore longtemps polémique. Mais qu'on y adhère ou pas, Haneke aura réussi son pari, celui de faire découvrir son film à un plus large public.
Maintenant, reste à sa voir si le spectateur reconsidéra sa position de voyeur.
A noter, les impeccables prestations de toute la distribution sans qui le film n'aurait pas la même portée. Noami Watts y est excellente du début à la fin, elle joue ni plus, ni moins avec ses tripes.

http://fr.youtube.com/watch?v=Ec-70W_K77U

mardi 15 avril 2008

THE EYE *


Sortie : 9 avril 2008
De : Xavier Palud et David Moreau
Avec : Jessica Alba, Alessandro Nivola, Parker Posey...

Après une transplantation de la cornée, une jeune femme se met à voir des fantômes. Au début, terrorisée, elle finit par rechercher la cause de ses visions afin d'y échapper.

Remake du film The eye des Hong-Kongais Danny et Oxide Pang, on se demande pourquoi les Américains persistent à refaire en moins bien ce qui a déjà été fait. Le film commence comme Sixième sens et finit comme un mauvais épisode la série Medium pour dire le niveau de frayeur. On doit sursauter une fois et encore! Entre horreur et enquête sur l'origine des visions de son héroïne, le film aurait dû choisir. Il se perd à force de balancer entre les deux.
Le film aurait gagné en qualité s'il nous avait fait entrer au plus près de son sujet, en nous faisant vivre de façon plus crue ce qu'elle pouvait voir. Difficile de parler d'un film qui lui-même ne nous parle pas.
Les deux réalisateurs français Xavier Palud et David Moreau semblaient pourtant promettre. Dans la famille des réalisateurs français exportés à Hollywood, on redemande Alexandre Aja qui a su réussir là, où Palud et Moreau ont échoué, à savoir réaliser le remake d'un film d'horreur presque oublié, faire peur tout en faisant passer un message. Attendons, le prochain film de ces deux réalisateurs afin de savoir si The eye est une faute de parcours ou si Ils était une exception.
Notons l'effort de Jessica Alba. On est encore loin de Meryl Streep, mais il y a des progrès de faits par rapport à ces films précédents. Il semblerait qu'elle veuille enfin s'éloigner des rôles de bimbos qui constituaient jusque là sa filmographie. 


samedi 12 avril 2008

DISCO *

Sorti le : 02/04/08
Réalisateur: Fabien Onteniente
Avec: Franck Dubosc, Samuel Lebihan, Emmanuelle Béart, Abbes Zahmani, Gérard Depardieu, Isabelle Nanty...

Un chômeur d'une quarantaine d'années vivant encore chez sa mère se remet à l'heure du disco. Il fait revivre son ancien groupe les Bee Kings afin de gagner un concours de danse. L'enjeu: les vacances qu'il n'a jamais pu offrir à son fils.
Plus sincère que "Camping" mais moins percutant que "Trois zéros", on est encore loin du chef-d'oeuvre pour Fabien Onteniente. Le réalisateur avec son acolyte humoriste Franck Dubosc choisit le disco alors que le monde renfile ses habits les plus rocks. Choix risqué, d'autant plus que le scénario n'est pas des plus réussis. De toute façon, il ne semble même pas en avoir la prétention, ce qui est bien tout le problème.
Le film ne se préoccupe que de Dubosc qui nous sert du Dubosc. Attention, il va finir par user, si ce n'est pas déjà fait. Reste tout de même une évidente sincérité dans son jeu. On sent l'homme qui rajeunit de vingt ans et qui revit sa jeunesse. Néanmoins, il est dommage que le film ne se soit pas plus préoccupé des autres acteurs qui méritaient tout autant de voir leur personnage étoffé. Le film nous laisse sur notre faim. Il manque quelque chose, on se dit que ce n'est pas fini. Peut-être est-ce justement dû à ces rôles laissés de côté?
Reste néanmoins quelques scènes qui retiennent l'intention dont une avec une Isabelle Nanty très en forme. Il faut la voir insulter Depardieu en se donnant des airs de duchesse!
Notons également la très forte prestation des acteurs lors des scènes de danse. C'est qu'ils n'ont plus vingt ans quand même! Dubosc et Zahmani se débrouillent comme des chefs mais Lebihan envahit l'écran, il est le meilleur des trois, on ne voit que lui!
Un film inoffensif qui ne fait pas rire à gorge déployée mais qui fait taper du pied. Les gens qui voyaient déjà le disco mort lors de son arrivée n'ont jamais eu aussi tort. Car si trente ans après, le disco est toujours vivant, il ne risque pas de disparaître de sitôt. On ressort chantonnant se voyant danser dans un studio 54 ressuscité et se promettant de revoir rapidement "La fièvre du samedi soir" qui reste la référence inégalable. N'est pas travolta et Bee Gees qui veut.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18804912&cfilm=112170&hd=1.html

lundi 7 avril 2008

DEUX SOEURS POUR UN ROI ***




Titre original : The Other Boleyn Girl
Sortie : 2 avril 2008
De : Justin Chadwick
Avec : Eric Bana, Natalie Portman, Scarlett Johansson, Kristin Scott Thomas...

Au XVIème siècle, la cour d'Angleterre est le théâtre de la lutte des soeurs Boleyn. Toutes deux poussées par leur père et leur oncle, elles tentent d'obtenir les faveurs du roi Henry VIII qui se détourne de son épouse, la reine Catherine d'Aragon qui ne peut lui donner de fils.

le réalisateur télé, Justin Chadwick, ne s'en sort pas trop mal pour un premier film. Même Deux soeurs pour un roi rappelle par certains côtés un soap à la Dynastie (le titre français n'ai de pas), il a le mérite de tenir en haleine. L'histoire romancée de ces deux soeurs, victimes de leurs ascendants en mal de richesses est vraiment intéressante. On prend un certain plaisir à suivre les aventures d'alcôves des soeurs Boleyn tout en en apprenant plus sur les raisons de leur fin tragique.
Eric Bana, trop lisse dans la peau de l'ignoble Henry VIII, est supplanté par Natalie Portman et Scarlett Johansson qui portent brillamment le film sur leurs frêles épaules. Portman est parfaite en peste arriviste et le film sublime sa beauté mais elle est concurrencée par une Johansson plus romantique que jamais dans la peau de la soeur vertueuse et obéissante. Les deux actrices, pourtant physiquement si différentes, parviennent à donner à leur relation de soeurs, une dimension à la fois belle et tragique. Deux soeurs pour un roi décrit une période charnière de l'histoire d'Angleterre mais il est avant tout, le portrait touchant d'une fratrie aux mains de parents avides de pouvoir. 
Si le film se laisse voir et est de qualité, on préférera tout de même revoir l'excellente série The Tudors plus riche d'enseignements où Jonathan Rhyes Meyers et Nathalie Dormer forment un couple magnétique. Finalement pourquoi s'embêter à imaginer des récits inédits quand l'histoire recèle de scénarios si passionnants.

jeudi 3 avril 2008

À BORD DU DARJEELING LIMITED ***


Sortie : 19 mars 2009
De : Wes Anderson
Avec : Adrien Brody, Owen Wilson, Jason Schwartzman, Angelica Huston...

Trois frères qui ne se sont pas revus depuis la mort de leur père se retrouvent lors d'un voyage en train en Inde. L'occasion pour eux de faire le point sur leur vie respective.

Brody, Wilson et Schwartzman forment un trio épatant. On pourrait vraiment croire qu'ils sont frères vu les vacheries qu'ils s'envoient tout en ne cessant jamais de s'aimer. On ressent le plaisir qu'ils prennent à jouer ensemble et apportent une vraie intensité à leur personnages. Wilson surprend avec cette tristesse latente qu'il essaye de dissimuler derrière une organisation excessive, Brody bouleversé par la mort de son père nous émeut en se questionnant sur sa propre paternité, et Schwartzman, accro à son ex-petite-amie, est touchant dans son addiction.
De formidables acteurs incarnant trois frères qui n'ont pas fini de faire le deuil de leur père dont ils portent encore les bagages, qui ont vu leur mère les laisser seuls face à ce drame et qui réalisent qu'ils ne peuvent finalement, compter que sur eux-mêmes.
Anderson dépeint tout en douceur et avec humour, les rapports fraternels de trois jeunes adultes en manque de repères parentaux effrayés de foncer si vite vers le monde adulte. Anderson signe ici son meilleur film. S'il continue de traiter le thème de la famille, il se fait avec À bord du Darjeeling Limited plus lyrique aidé par un trio d'acteurs impeccable.


jeudi 6 mars 2008

THERE WILL BE BLOOD ****

Sorti le : 27/02/08
Réalisateur: Paul Thomas Anderson
Avec: Daniel Day-Lewis, Paul Dano...

Daniel Plainview, parti de rien mais à l'ambition dévorante, parvient à se faire une place au sommet dans le monde du pétrole.
Son entreprise prospère déjà quand il acquière de nouvelles terres sur les conseils d'un jeune homme mystérieux qui se présente sous le nom de Paul Sunday. Une fois sur place, Plainview devra composer avec ses propres démons et avec le prétendu frère jumeau de Paul, Eli, un jeune prêtre aussi torturé que lui.
L'association de Paul Thomas Anderson et de Daniel Day-Lewis semble tellement évidente qu'on se demande pourquoi elle ne s'est pas faite plutôt. En Effet, les deux hommes tournent peu mais c'est pour mieux nous servir à chaque fois d'incroyables performances.
Daniel Day-Lewis (oscar amplement mérité) est comme à son habitude, habité par son personnage. Et ici, il n'était pas de tout repos. Daniel Plainview, un homme aux ambitions démesurées détestant autrui et manipulant tout son entourage pour parvenir à ses fins. Même son fils adoptif qu'il aime pourtant sincèrement, fera les frais de sa haine qui ne cesse de s'accroître au fil des années, au fil de son ascension.
Son arrivée au village sera l'occasion pour lui de se confronter à un jeune homme tout aussi arriviste, le jeune Eli Sunday. Interprété par le formidable Paul Dano (déja vu dans "Little Miss Sunshine"), le jeune prêtre se met en scène tout au long du film et utilise la foi des gens pour se faire également un nom. Sous ses airs de prêcheur sans reproches, se cache en réalité, un garçon matérialiste qui ne cesse de parler d'argent à Plainview.
Le film recèle de qualités. La BO est juste extraordinaire, elle se marie parfaitement aux scènes, elle est aussi angoissante que le héros du film, aussi somptueuse que le paysage sauvage qui sert de décors au film. Parlons de la mise en scène juste époustouflante, ces scènes où on peut voir le pétrole jaillir de sous la terre sont vraiment impressionnantes.
Mais que serait donc le film sans ses deux acteurs incroyables que sont Day-Lewis et Dano, leurs confrontations tout au long du film pleines de tension et de regards qui en disent longs valent le détour.
Il est tellement dommage que le film n'ait pas été plus récompensé car Paul Thomas Anderson nous offre ici plus qu'un film. C'est une grande fresque à laquelle on assiste, une fresque aussi inoubliable qu'un "Géant" de George Stevens.
Ce film est instantanément un classique et restera à n'en pas douter un des meilleurs films de cette décennie.

http://fr.youtube.com/watch?v=f3THVbr4hlY&feature=related

mardi 4 mars 2008

PARIS **


Sortie : 20 février 2008
De : Cédric Klapisch
Avec : Romain Duris, Juliette Binoche, Fabrice Luchini, Mélanie Laurent, Julie Ferrier, Albert Dupontel, Gilles Lellouche...

Un jeune homme tombe gravement malade et se met soudain à réfléchir sur le sens de la vie. Une occasion pour lui de se pencher sur la sienne mais surtout sur celle des autres.

Film chorale, Paris, nous plonge dans la vie de personnages aux aspirations et aux préoccupations différentes mais dont chaque journée est un combat. Klapisch sait très bien rendre ses instants de vie, ces moments d'intimité. Romain Duris y est meilleur que jamais, loin de son rôle de célibataire trentenaire qui devenait lassant. Ses scènes avec Juliette Binoche sont les meilleures du film.