samedi 9 janvier 2010

BRIGHT STAR ***


Sortie : 6 janvier 2010
De : Jane Campion
Avec : Abbie Cornish, Ben Whishaw, Paul Schneider, Kerry Fox, Thomas Sangster, Edie Martin...

John Keats, poète mal-aimé du XIXème siècle, rencontre Fanny Brawne, sa nouvelle voisine. Si la jeune femme n'est pas impressionnée par sa poésie, elle tombe immédiatement amoureuse de lui. Peu après, c'est au tour du poète de succomber. S'il lui est impossible d'épouser sa bien-aimée, celui-ci vivant dans le plus grand dénuement, leur amour résistera à bien des obstacles. Jusqu'à ce que Keats tombe malade...

Jane Campion, la réalisatrice néo-zélandaise toujours très rare sur grand écran, revient avec une grande histoire d'amour dont elle a le secret. Ode à l'amour et au romantisme, Bright star est digne de ses plus grands films. Et même s'il n'égale pas La leçon de piano, lauréat de la Palme d'or en 1997 (Jane Campion fut d'ailleurs la première femme à la recevoir), son dernier film méritait bien d'être sélectionné en compétition officielle au dernier festival de Cannes.

jeudi 7 janvier 2010

LA PRINCESSE ET LA GRENOUILLE *** (en avant-première)

Encore un énorme merci à Allociné!

Titre original: The princess and the frog
Sortie: 27 janvier 2010
Réalisateur: Ron Clements et John Musker
Avec les voix de: Anika Noni Rose (Tiana), Bruno Campos (Naveen), Keith David (Dr Facilier), Jennifer Cody (Charlotte), Jim Cummings (Ray), Michael Leon Wooley (Louis), Oprah Winfrey (la mère de Tania), Terrence Howard (le père de Tania)...

Le prince Naveen transformé en grenouille après avoir été dupé par le maître des ombres doit embrasser une princesse afin de retrouver forme humaine. Mais il se méprend et embrasse Tiana, une jeune serveuse qui rêve de son propre restaurant. Leur baiser la fait se transformer à son tour en batracien. Tous deux partent alors à la recherche de mama Odie, maîtresse vaudou afin de se faire désenvoûter.

Depuis l'échec de "La ferme se rebelle" en 2004, Disney s'était exclusivement concentré sur des films en images de synthèse. Mais si le charmant "Ratatouille" et le splendide "Wall-E" ont su conquérir le public, la 2D manquait. Même John Lasseter, l'ancien directeur artistique de Pixar la regrettait. Alors quand ce dernier fut nommé directeur des studios d'animation de la Walt Disney Company, il s'employa à lui redonner vie.
Ainsi naquit "La princesse et la grenouille". Et pour une reprise, c'est une reprise.
S'inscrivant dans la veine des grands classiques de la maison tout en se démarquant par son ton plus moderne, le dernier Disney est une franche réussite. Tous les ingrédients des studios sont bien présents mais légèrement dépoussiérés.
Fini les princesses blanches colombes en proie à de méchantes belles-mères. Place à une belle serveuse afro-américaine, aux parents aimants, qui tente de s'offrir son propre restaurant en économisant le moindre sou. Tiana est loin de siffler en travaillant. Et elle ne demande pas non plus qu'un prince vienne la délivrer. Elle préfère œuvrer jour et nuit pour son rêve. D'ailleurs, le prince en question n'est plus vraiment charmant. Naveen, arrogant et gâté pourri, s'est fait couper les vivres par ses parents qui souhaitent le voir changer d'attitude. On retrouve ce même réalisme dans le contexte choisi. Point de royaumes imaginaires ici, c'est la Nouvelle-Orléans des années folles qui a été élue pour cadre. A ce choix, répond certains éléments, certes peu évoqués mais manifestes. Ainsi, Tiana a beau être l'amie de l'hilarante Charlotte, la fille la plus riche de la ville, elle travaille tout de même pour elle (Difficile d'échapper aux politiques ségrégationnistes dans les années 30). Et que dire de ces premières images suivant Tiana enfant et sa mère rentrer dans leur quartier populaire en passant devant les plus belles villas. Les images parlent d'elles-mêmes. Le ton est résolument plus adulte mais Disney n'a rien perdu de sa magie. Les réalisateurs Ron Clements et John Musker (aux mêmes postes sur "La petite sirène" et "Aladdin") s'en sont assurés. Outre Tiana et Naveen, plein de bagou et de bons sentiments, s'améliorant au contact de l'autre, on retrouve des seconds rôles dignes de la tradition Disney. Dr Facilier, le maître des ombres, est un maléfique sorcier qui ne lâchera rien jusqu'à la fin. Ce dernier, qui n'est pas sans rappeler Jaffar, est néanmoins moins terrifiant qu'une Ursula ou que n'importe quelle belle-mère. Disney s'adoucirait-il avec le temps? "Blanche-Neige" est toujours et de loin le plus terrifiant. Quant aux amis de nos deux héros transformés en grenouilles, Louis, le crocodile inoffensif et Ray, l'émouvante luciole sont dévoués et attachants. Ray nous fera même verser une larme.
Autre tradition renouvelée: la bande originale. Qui dit 2D, dit chansons. Les personnages se remettent à chanter et à danser. Et comme c'est la Nouvelle-Orléans qui est en toile de fond, impossible de ne pas rendre hommage au jazz. D'ailleurs difficile de ne pas reconnaître Louis Armstrong derrière le crocodile trompettiste et Ray Charles derrière la mélodieuse luciole. Les scénaristes avouent même s'être inspirés de Gene Kelly pour Naveen et de Michael Jackson pour le Dr Facilier.
Il est trop tôt pour dire si une des créations musicales de Randy Newman sortira du lot et sera chantée des années durant comme l'est encore "Partir là-bas" ou "Ce rêve bleu", mais ça swingue trop pour ne pas avoir envie de tout réécouter.
En somme, "La princesse et la grenouille" est à n'en pas douter, un futur classique. Un traditionnel Disney empreint des valeurs chères aux studios qui ont su toutefois rafraîchir le tout. Disney aura à jamais ce talent de toujours nous émerveiller, de raviver à chaque fois l'enfance qui est en nous. Vivement le prochain 2D.

bande annonce vf


bande annonce vo

mardi 29 décembre 2009

AVATAR ***

Sortie: 16 décembre 2009
De : James Cameron
Avec: Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, Stephen Lang, Michelle Rodriguez, Giovanni Ribisi, Joel Moore, Laz Alonso...

Jake Sully, un ancien marine devenu paraplégique, est envoyé sur Pandora, une planète lointaine à l'air irrespirable habité par les Na'vi. Chargé de négocier leur départ d'une zone dont on cherche à exploiter les minerais, Sully y est envoyé sous l'apparence d'un avatar. Un corps hybride croisant l'ADN humain et celui des Na'vi. D'abord dévoué à sa tâche, la donne change quand il tombe amoureux de Neytiri, originaire de Pandora.

Il aura fallu 12 ans (Titanic date de 1997) pour que James Cameron nous revienne. Le réalisateur américain est un homme jusqu’au-boutiste qui ne s’arrête qu’une fois ses rêves devenus réalité. Après 15 ans de travail et d'attendre la technologie nécessaire pour rendre avec fidélité tout ce que son imagination a pu inventer, le cinéaste put enfin tourner le film le plus cher de tous les temps (300 millions de dollars), Avatar. Jugé révolutionnaire pour l’usage croisée de la motion capture et de la 3D, le dernier film de Cameron restera dans les annales du cinéma comme le tout premier film en 3D mais aussi comme le plus gros succès cinématographique de tous les temps à travers le monde avec 2,7 milliards de dollars de recettes.

PARANORMAL ACTIVITY *


Sortie : 2 décembre 2009
De : Oren Peli
Avec : Katie Featherstone, Micah Sloat...

Katie et Micah vivent ensemble depuis trois ans. Suspectant un esprit de hanter leur maison, Micah décide d'installer une caméra dans leur chambre afin de filmer d'éventuelles manifestations.

Bénéficiant d'un buzz sans précédent, Paranormal Activity est devenu en quelques semaines le film le plus rentable de tous les temps battant du même coup Le projet Blair Witch. Ce film tourné en une semaine avec un budget de 15.000$ est d'abord passé dans treize campus américains pour finalement être diffusé dans 3000 salles. Merci internet! En même temps, vu le peu de productivité du cinéma en matière d'épouvante, Paranormal Activity annoncé comme le film le plus terrifiant de l'histoire du cinéma mettait forcément l'eau à la bouche. Car qui se souvient réellement de la dernière fois qu'il a eu peur au ciné?
Forcément avec tant d'attente et d'espoir, Paranormal Activity ne pouvait être qu'une grosse déception. Doté de réelles qualités mais d'énormes défauts, le film ne remplit pas sa supposée fonction première, faire peur. Mais de là, à parler de navet et à rire comme certains, non! Même si les acteurs amateurs ne sonnent pas toujours juste, le simple fait de choisir des inconnus et de situer l'action au sein même de la chambre (sacro-saint lieu de toutes les intimités) permet au spectateur de s'identifier un minimum. De plus, la touche documentaire pour laquelle tout le monde crie à la récupération stylistique (par rapport à Blair Witch) aide définitivement à se mettre dans l'ambiance.
Passons sur le sujet même du film (une entité démoniaque suit Katie depuis son enfance) qui fait écho à celui traité par L'emprise. Réalisé par le canadien Sidney J. Furie en 1981, ce film raconte l'histoire vraie de Doris Bither attaquée physiquement par l'entité démoniaque qui la suit depuis toujours. Alors qu'il édulcorerait presque la réalité des faits, L'emprise est certainement un des films les plus effrayants jamais faits. C'est certainement là que le bât blesse, Paranormal Activity n'en est qu'une pâle copie.
Car que ce film d'une heure trente est long. On en finit plus de parler et de parler. Mais quand est-ce qu'on a peur? Seules les scènes de nuit dans la chambre à coucher sont un peu intéressantes. Cependant pas un cri ne sortira de notre bouche. Tiens, une porte a bougé! Oh mon Dieu, la lumière du fond s'est allumée toute seule (on se demande bien quel technicien a été choisi pour se cacher et appuyer sur le bouton)! A se demander comment Spielberg himself a eu peur. Mais c’est oublié que c’est toujours un grand enfant.
Terrifiant! Oui mais de lenteur donc. Il faudra attendre le dernier quart d'heure pour sentir quelques poils se hérisser. Mais Oren Peli a toute notre indulgence. Paranormal Activity a été réalisé avec peu de moyens, en peu de temps et par un amateur. Toutes ses caractéristiques réunies, on peut lui pardonner son manque d'efficacité et le féliciter de réussir là où d'autres productions plus élevées échouent. Car si on ne prend pas peur, les dernières minutes sont suffisamment déstabilisantes pour y repenser au moment du coucher. Et il ne faudrait tout de même pas que d'étranges phénomènes surviennent à ce moment car après tout, on ne sait jamais.

ZOMBIELAND ***

Sortie: 25 novembre 2009
Réalisateur : Ruben Fleischer
Avec: Woody Harrelson, Jesse Eisenberg, Abigail Breslin, Emma Stone, Amber Heard, Bill Murray...

Dans un monde infesté de zombies, Columbus le prudent rencontre Tallahassee, le chien fou. Duo complémentaire, ils sont bientôt rejoints par Wichita et Little Rock, deux jeunes filles à qui on ne la fait pas.

Après avoir vu la parodie anglaise de film de zombie "Shaun of the dead", Fleischer a voulu réaliser sa propre interprétation du thème. Et bien lui en a pris.
Aussi drôle que sa référence pleinement assumée, "Zombieland" est un immense terrain de jeux. Les zombies plus bêtes que terrifiants deviennent sous les coups de Tallahassee de véritables proies. Pour le plus grand bonheur du timide et craintif Columbus qui n'a plus qu'à se laisser porter par l'homme sans peur.
Complètement délirante, cette comédie à peine gore est du pur entertainment dévoué à nos zygomatiques. Délaissant les réflexions existentielles sur l'extinction de l'espèce humaine, le réalisateur américain préfère donner des allures de western teenager à sa fin du monde. "Zombieland" est plus qu'une terre minée par la mort, c'est un espace d'émancipation, d'indépendance, et de totale liberté... Où d'autres qu'à Zombieland peut-on vandaliser un magasin pour se défouler? Où d'autres peut-on trouver de superbes range rovers débordant d'armes?... La coolitude de ce road movie atteignant des sommets une fois que la bande rallie le parc d'attractions.
Quant aux acteurs, parfaitement conscients de se trouver dans une cour de récré, se prennent au jeu. Le caméo de Bill Murray (remplaçant au pied levé un Patrick Swayze sur la fin) est malheureusement trop court. Or quoi de mieux pour ce film de zombies de faire appel à cet ancien chasseur de fantômes trop peu vu sur les écrans. Tout comme Woody Harrelson qui semble retrouver avec bonheur le chemin des studios. L'acteur aussi fou que drôle ne se prend pas une seule seconde au sérieux. Connu pour avoir joué dans pas mal de comédies, il semble que ce soit la première dans laquelle, il s'en donne autant à coeur joie.
Autre réjouissance au casting, la présence d'Abigail Breslin. L'enfant star la plus désopilante du moment enchaîne les comédies décalées. Encore un peu, et on la retrouve dans un Tarantino!
Bref, un grand moment de divertissement qu'il serait regrettable de bouder.

mardi 15 décembre 2009

LA ROUTE ****

Sortie le : 2 décembre 2009
Réalisateur : John Hillcoat
Avec : Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Charlize Theron, Robert Duvall, Guy Pearce...

Dans un monde post-apocalyptique déshumanisé, un père est prêt à tout pour préserver son unique fils et lui faire rejoindre le Sud.

Adapté du célèbre roman de Cormac McCarthy couronné du prix Pulitzer en 2007, "La Route" semble faire écho à notre actualité. Alors que les dirigeants de notre monde sont réunis à Copenhague afin de se mettre d'accord sur la façon de préserver notre monde, celui décrit par le romancier et transposé sur nos écrans est dévasté. Ravagée par une catastrophe non déterminée, la Terre n'est plus qu'une boule grise dépeuplée, gangrénée par des êtres plus tout à fait humains. Certains étant devenus cannibales, l'homme est réellement devenu un loup pour l'homme. La solitude devient un salut. La méfiance, la mère définitive de toutes les sûretés. Plusieurs scènes chocs sont là pour le démontrer, l'homme devient synonyme de bétail, de ravitaillement.
Rare survivant, Viggo Mortensen tente de protéger son fils de ce cauchemar. Prêt à tout, il se déshumanise progressivement afin que celui-ci puisse garder son innocence intacte. Plus qu'un survival post-apocalyptique comme semblait le promettre la bande annonce presque mensongère, Hillcoat signe avant tout une histoire d'amour. Celui d'un père pour son fils. Si Viggo Mortensen était le véritable géniteur de Kodi Smit-McPhee, cela ne nous étonnerait pas tant l'osmose entre les deux acteurs est palpable. Chacune de leurs scènes ensemble, est d'une rare intensité. Car comme le dit Mortensen à un Robert Duvall, méconnaissable et tragique, il est un Dieu pour lui.
La bouleversante musique de Nick Cave et Warren Ellis finissant de faire de "La Route" un des films de l'année.



Nick Cave & Warren Ellis - The Road by MuteUSA

samedi 28 novembre 2009

2012 **



Sortie : 11 novembre 2009
De : Roland Emmerich
Avec : John Cusack, Amanda Peet, Chiwetel Ejiofor, Thandie Newton, Danny Glover, Oliver Platt, Woody Harrelson, Thomas McCarthy, Beatrice Rosen, Jimi Mistry, Zaltko Buric... 2012.

Cela fait maintenant trois ans que les gouvernements du monde entier cache la terrible vérité à leur peuple. Le monde entier est voué à disparaître. Alors après qu'un fou reclus dans un parc l'apprend à Jackson Curtis, petit romancier de science-fiction, et que la terre se met à trembler, ce dernier fera tout pour sauver sa famille.

Roland Emmerich, prolifique réalisateur allemand de blockbusters (Independence day, Stargate, Godzilla, Le jour d'après...) s'empare de la prophétie maya, à savoir la fin du monde en 2012 et récidive dans son genre préféré. Mais 2h40, n'est-ce pas un peu long, même pour la fin du monde? Eh bien non. Pas une seconde. Car les différentes bandes annonces ne mentaient pas, le spectateur a droit à du grand spectacle. Les effets spéciaux sont tout simplement époustouflants. Tellement déments même, que malgré le scénario un tantinet invraisemblable, on y croirait presque. Emmerich parfaitement conscient de traiter d'un thème actuel ne cesse de nous rappeler que l'histoire ne se déroule pas dans un monde imaginaire et multiplie les références à notre quotidien pour nous ramener à notre propre réalité. Ainsi, on croise tout au long du film des figures qui nous sont familières : une pseudo Angela Merkel, un gouverneur californien au fort accent autrichien, la reine Elisabeth II, un président afro-américain incarné par Danny Glover... Bref, on est chez nous et c'est avec appréhension qu'on suit le parcours des différents personnages digne d'un patchwork mondial. On adore retrouver Chiwetel Ejiofor en géologiste à la fibre humaniste prononcé. L'acteur à l'aise dans tous les genres devrait quand même prendre des cours de discours fédérateurs avec Bill Pullman (président dans Independence day). Mais l'idée la plus brillante est celle d'avoir choisi John Cusack. Fils spirituel de Tom hanks, on ne peut rêver mieux pour sensibiliser le spectateur. Parfait dans la peau d'un père de famille divorcé en proie aux difficultés de la vie, il est le type lambda par excellence (ça ne se voit pas mais ceci est un compliment). Emmerich préfère avec 2012 délaisser les leçons faciles sur notre comportement écologique (on ne note aucune mention des termes de réchauffement climatique) pour mieux nous mettre face à notre manque de générosité et de compassion.


TWILIGHT - Chapitre 2 : TENTATION *

Titre originale : New Moon
Sortie : 18 novembre 2009
De : Chris Weitz
Avec : Robert Pattinson, Kristen Stewart, Taylor Lautner, Ashley Green, Peter Facinelli, Michael Sheen, Dakota Fanning, Billy Burke...

Voyant que sa relation avec Bella la met en danger, Edward décide de la quitter. Sombrant dans une profonde dépression, la jeune femme retrouve un peu de joie de vivre auprès de Jacob, son meilleur ami. Mais Edouard qui, la croyant morte a décidé de faire découvrir au monde sa véritable nature. Jacob tente de dissuader Bella de le rejoindre pour l'en empêcher.

Heureusement que personne n'a jamais comparé les amoureux de Twilight à Roméo et Juliette car quand on entend Robert Pattinson déclamer du Shakespeare avec tant de platitude, on se dit qu'il ferait un très mauvais Roméo. Et ce, malgré le sang anglais qui coule dans ses veines. Diminuant les minauderies et laissant plus de place à l'action, Tentation nous permet de garder les yeux ouverts devant ce deuxième chapitre long de deux heures... Cause de cette quasi absence d'assoupissement, l'arrivée de loup-garous presque crédibles. Mais Stephenie Meyer ayant la détestable manie de tout mettre à sa sauce mormon, ces lycans n'en sont pas vraiment. Ne vous attendez surtout pas à   des monstres hurlant à la mort sous la pleine lune mais juste à de splendides loups un peu plus grands que la moyenne qui peuvent se transformer à leur guise. Autre bon point gâché, le clan des Volturi, sorte de famille royale dans le monde des vampires. Leurs interprètes, parmi lesquels Michaël Sheen, Dakota Fanning, et Jamie Campbell Bower, parviennent grâce à leurs beautés froides à leur apporter une dangereuse sensualité. Si on est encore très loin de Dracula, ils ressembleraient presque à des vampires. Dommage que Meyer aseptise à ce point tous ses monstres. Jamais des vampires et des loup-garous n'auront été aussi peu effrayants.

samedi 14 novembre 2009

JENNIFER'S BODY **



Sortie : 21 octobre 2009
De : Karyn Kusama
Avec : Megan Fox, Amanda Seyfried, Johnny Simmons, Adam Brody, J. K. Simmons, Kyle Gallner...

Jennifer, la bombe locale de la ville, est victime d'un rituel qui tourne mal. A l'issue de celui-ci, elle est possédée par une créature démoniaque et doit dès lors se nourrir de chair humaine afin de survivre. Seule sa meilleure amie Needy, fait le lien entre le changement de comportement de Jennifer et la succession de corps d'hommes sans vie et mutilés retrouvés au sein de la ville.

A l'instar de Sam Mendes qui vient de réaliser son anti-Noces rebelles avec le très réussi Away we go, Diablo Cody, la nouvelle scénariste star vient de signer son anti-Juno. Film de série plus généreux en gore qu'en peur, Jennifer's body n'est pourtant pas dépourvu de fond. Ultra-féministe, le film donne la part belle aux femmes. Les hommes étant responsables de la nouvelle condition de Jennifer, celle-ci les mange pour survivre. Quand on sait ensuite que le scénariste est une scénariste et que le réalisateur est une réalisatrice, le doute n'est plus permis quand aux ambitions de ce film.
Karyn Kusama (Girlfight, Aeon Flux) s'en sort avec les honneurs mais on attendra la sortie de Paranormal activity pour avoir peur (en tout cas, c'est ce qui est promis). Quant aux acteurs, si tout le monde s'extasie devant Megan Fox, on préférera le personnage d'Amanda Seyfried (Needy). Pas plus vieille que sa partenaire, elle est déjà bien plus expérimentée. Jennifer a beau donné son nom au titre, Needy est la vraie héroïne du film. Pour ceux qui ne parviendraient pas à les départager, la plus grosse surprise du film est de toute façon, Adam Brody. En cherchant certainement à s'éloigner du personnage qui le fit star (Seth Cohen dans Newport Beach), il est étonnant dans son rôle de pseudo-rocker cupide, prêt à tout pour obtenir gloire et fortune. 

samedi 7 novembre 2009

LE CONCERT ***

Sortie: 4 novembre 2009
Réalisateur: Radu Mihaileanu
Avec: Mélanie Laurent, Aleksei Guskov, Dimitry Nazarov, Valeri Barinov, François Berléand, Miou-Miou, Lionel Abelanski...

Dans les années 70, Brejnev, le dirigeant de l'URSS se méfiant des intellectuels et notamment des juifs, interdit à ces derniers d'exercer un quelconque art. Dans "Le concert", Andreï Filipov, le plus grand chef d'orchestre russe décide de ne pas obéir et est alors stoppé en pleine représentation par son propre manager fidèle du régime soviétique. Filipov et ses amis sont licenciés et vivent toujours trente ans plus tard de petits expédients, plein d'amertume. Ayant l'occasion de prendre sa revanche, Filipov n'hésite pas et entraîne ses amis musiciens injustement chassés de leur orchestre à Paris afin de terminer le concerto de Tchaïkovsky qu'on ne les a pas laissé achever.

Mihaileanu aurait pu signer un chef d'oeuvre avec un tel scénario mais « Le concert » tire ses légers défauts de toutes ses qualités. Alors qu'on adore la naïveté des russes quand il redécouvre Paris s'imaginant retrouver tout ce qu'ils y avaient laissé il y a trente ans, on aimera moins les clichés que le réalisateur français pourtant d'origine roumaine n'aura pas su éviter. Car si les Russes se tiennent plutôt tranquilles en Russie, ils se lâchent une fois à Paris. La ville lumière devient aussitôt pour eux un terrain de jeu et d'affaires. Un reprend contact avec un ami communiste pour rétablir le parti à la tête de la France puis un autre tente de vendre son caviar au noir... Bref, ils ne dérogent pas à la réputation du tempérament slave mais ce qui est très drôle et au final également un peu poussif. Quand au secret, celui censé nous tenir en haleine tout au long du film, il se révèle une fois révélé, quelque peu mièvre et ce malgré toute la portée historique qu'il peut dégager. Mais malgré ses très légères fausses notes, « Le concert » doit être vu, absolument. Car si Mihaileanu est inégal dans sa réalisation, le fameux « concert » qui vient clore le film est d’une intensité rarement vu. Aleksei Guskov, inconnu en France mais immense star en Russie est touchant en illustre musicien déchu qui regagne sa place. Tandis que Mélanie Laurent, qui aura appris le violon pendant trois mois pour ce rôle, est juste époustouflante. Celle qui avait déjà volé la vedette aux plus grands dans "Inglourious Basterds" est en passe de devenir la plus grande des actrices françaises. Espérons que les Etats-Unis ne nous la dérobent pas tout de suite. L’alchimie de ses deux acteurs aux parcours si différents, illustrée par l’échange de leurs regards lourds de sens et mêlée à l’incomparable musique de Tchaïkovsky finit de nous convaincre que nous venons d’assister à un grand film.

samedi 24 octobre 2009

AWAY WE GO *** (en avant-première)


Sortie : 4 novembre 2009

De : Sam Mendes
Avec : John Krasinski, Maya Rudolph, Maggie Gyllenhaal, Allison Janney, Jeff Daniels, Melanie Linskey, Chris Messina...

Burt et Verona vont bientôt être parents. Effrayés mais courageux, ils décident de se rechercher un vrai foyer quand ils apprennent que les parents de Burt partent vivre à l'étranger.

Sam Mendes définitivement tourné vers l'analyse de la famille et plus particulièrement vers celle des parents nous revient avec l'antithèse des Noces rebelles. Si Away we go traite également d'un couple attendant un enfant et à la recherche d'un nouveau départ, la direction prise par le film est complètement différente.

vendredi 16 octobre 2009

FAME 0

Sortie: 7 octobre 2009
Réalisateur: Kevin Tancharoen
Avec: Kay Panabaker, Asher Book, Naturi Naughton, Collins Pennie, Walter Perez, Kherington Payne, Anna Maria Perez de Tagle, Paul McGill, Charles S. Dutton...

Le quotidien d'une bande de jeunes qui intègrent la prestigieuse Fiorello H. LaGuardia High School of Music & Art and Performing Arts.

Définition d'un remake: nouvelle version d'une oeuvre.
En ce qui concerne "Fame", le terme "fade copié-collé" serait plus approprié. Des auditions à la scène de la cantine, on recopie sans innover et l'élève ne dépasse pas le maître.
Il aura fallu qu’Alan Parker voie son oeuvre complètement dénaturée. Si son "Fame" était un portrait social et intense d'une jeunesse malmenée mais guidée par ses rêves, ce nouveau "Fame" n'est que de la guimauve sucrée à l'instar de teen movies de commandes tels "Step up" ou "Save the last dance". Les personnages sans consistance n'ont rien d'attachant. Uniquement intéressés par la célébrité, on a vraiment du mal à sentir la sueur du travail qui seyait tellement à l'original. En 1980, les élèves dansaient dans les rues, criait leur rage de vaincre, dévorait la vie à pleine dents. Ici, tout est si propre, des ados à leurs destinées. Quand Parker confrontait l'exubérante Coco à un faux réalisateur pervers, Tancharoen préfère raconter comment une ado naïve se laisse vaguement embobiner par un bellâtre péteux. Passionnant! Ne parlons même pas des chorégraphies. Si Parker laissait parler les corps d'élèves indomptables, l’ancien réalisateur télé croit qu’il dirige un clip.
Seul le personnage de Kevin sauve le film du naufrage. Si nos espoirs reposaient en premier lieu sur les épaules de Malik, le rappeur au passé difficile mais finalement traité de manière décevante, Kevin est celui qui s'inscrit le mieux dans la continuité de l'oeuvre de Parker. Danseur qui n'évolue plus, sa prof lui fait comprendre qu'il n'a aucune chance dans le métier. Le voir faire face à tous ses rêves qui s'écroulent est réellement touchant. Peut-être que le personnage de Neil, le réalisateur en herbe, aurait pu s'en approcher s'il avait été plus travaillé. Mais cela ne suffit pas à donner de l'intérêt à ce film trop lisse. On s'ennuie trop le reste du temps pour ça.
La tâche était trop lourde. Impossible d'oublier l'énergie de l'original portée par un casting pour qui l'art était vital. Impossible d'égaler Leroy, Coco, Doris, Bruno ou Montgomery dans leur quête du bonheur. On devrait interdire les remakes de chefs d'œuvre.

La critique de 500 JOURS ENSEMBLE ***


Sortie : 30 septembre 2009
De : Marc Webb
Avec : Joseph Gordon-Levitt, Zooey Deschanel, Geoffrey Arend, Matthew Gray Gubler...

Les histoires d'amour finissent mal en général. Marc Webb relate la naissance, la vie et la fin d'une relation entre deux êtres aux conceptions bien opposées. Mais loin d'être objectif, on sent qu'il fait de Tom, son alter ego et toute l'histoire est vue à travers ses yeux. Ce dernier fou amoureux de Summer, sa nouvelle collègue de travail, ne supporte pas son départ et tente tout pour la récupérer mais le coeur a ses raisons que la raison ignore. Comme le dit Frédéric Beigbeder, dans un couple, il y en a toujours un qui souffre et un qui s'ennuie et Summer s'ennuie, en tout cas, elle finit par s'ennuyer. Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel sont tous les deux parfaits mais l'acteur se fait complètement voler la vedette. Même si le buzz autour d'elle semble vraiment exagéré (personne ne semble se rappeler à quel point elle était mauvaise dans Phénomènes), son style vintage et mordant la rendent irrésistible. A côté de la jeune femme toujours pimpante, Levitt et son ton larmoyant finissent presque par irriter. Heureusement, il compense sa mine défaite avec une scène géniale. Après que Summer soit enfin tombé dans ses bras, Tom danse son bonheur sur le tube "You make my dreams" des Hall & Oates dans les rues de L.A. 

jeudi 8 octobre 2009

VACANCES ROMAINES *****

Titre original: Roman holiday
Sortie: 1953
Réalisateur: William Wyler
Avec: Audrey Hepburn, Gregory Peck, Eddie Albert...

Une princesse lassée de ses obligations fugue dans les rues de Rome et y rencontre un reporter américain en mal de scoops.

Couronné de trois oscars dont celui de la meilleure actrice pour Audrey Hepburn dont c'est le premier grand rôle, "Vacances romaines" est le "Pretty woman" des années 50. Une parfaite comédie romantique. Audrey Hepburn est une jeune ingénue qui part à la découverte de Rome sous le regard tendre d'un homme plus expérimenté qui tombera en amoureux.
Si Gregory Peck est d'une classe rare et qu'il était le plus parfait des acteurs pour incarner le premier vrai pygmalion de l'actrice toute débutante, c'est Audrey Hepburn, la véritable star de ce film. Qu'elle fume, qu'elle boive ou qu'elle roule à tout va en vespa dans les rues de Rome, Hepburn est magique et enchante le public en même temps que Peck succombe.
La fin si évidente déchire le coeur tant ces "Vacances romaines" sont deux heures de pur bonheur. On en sort avec la folle envie de fuir nous aussi à Rome. Rome qui semble, le temps d'un film, voler à Paris, le titre de la plus belle ville du monde.