lundi 31 janvier 2011

LE DISCOURS D'UN ROI *** (en avant-première)


Titre original: The King's Speech
Sortie: 2 février 2011
De: Tom Hooper
Avec: Colin Firth, Helena Bonham Carter, Geoffrey Rush, Guy Pearce, Timothy Spall, Michael Gambon...

La voix de la résistance

1936, Edward VIII vient de succéder à son défunt père, le roi George V. Un an après, il abdique afin d'épouser Wallis Simpson*. Il laisse le trône à son frère qui prend le nom de George VI. Bègue et mal à l'aise en public, le roi consulte en vain. Seuls un professeur de diction peu conventionnel, Lionel Logue et le soutien de sa femme, parviendront à lui faire surmonter son handicap.

Il y a encore quelques semaines, personne n’avait encore entendu parler de ce film mais aujourd’hui, les médias ne parlent que de The King’s Speech. Il est le favori des prochains Oscars avec 12 nominations et vient de remporter 7 Golden Globes Awards. Mais n’en fait-on pas un trop ? Après tout, ce n’est que l’histoire d’un type qui tente de surpasser son bégaiement. Soit le quotidien de millions de personnes dans le monde. Parmi les bègues les plus connus, on compte Napoléon Ier, Winston Churchill, Marilyn Monroe et même François Bayrou. Tous ont réussi à vaincre leur handicap et on ne fait pas de films sur chacun d’eux. Pourquoi George VI? Ce n'est pas à la personne du roi en elle-même qu'il faut s'intéresser mais au contexte qui entoure son parcours. On est en 1936, la seconde guerre mondiale est proche. Une scène du film est particulièrement parlante. Tandis que le roi visionne une vidéo faite de lui en famille, celle d’un discours d’Hitler prend la suite. Le chancelier allemand devenu entre temps le Führer commence à inquiéter le reste du monde. Son talent oratoire électrice les masses. Albert est comme paralysé par ce qu’il voit et entend. Il prend conscience qu’il va devoir se surpasser à l’antenne pour lui aussi galvaniser les foules.

jeudi 27 janvier 2011

THE GREEN HORNET ***

Gondry pique au vif

Sortie: 12 janvier 2011
De: Michel Gondry
Avec: Seth Rogen, Jay Chou, Cameron Diaz, Christoph Waltz, Edward Furlong, Tom Wilkinson...

Britt Reid, un fêtard sans ambition, hérite du journal de son père, à la mort de celui-ci. Pendant ce temps, le mafieux Chudnosky tente de prendre le contrôle de la ville. Aidé par Kato, ancien employé de son père spécialisé dans les arts martiaux, Reid décide de combattre le crime sous le nom de Frelon vert.

On pourrait croire que « The Green Hornet » est l’énième adaptation d’un comic américain. Mais le film est en fait l’adaptation ciné d’une célèbre série des années 60, elle-même inspirée d’une émission de radio datant des années 40. Si cette série est plutôt méconnue en France, elle est très populaire aux Etats-Unis. Et encore plus en Chine. Il faut dire que Kato était interprété par le non moins populaire Bruce Lee*.
Reprendre un rôle tenu par un comédien aussi mythique est peu évident. Jay Chou s’y essaye avec succès. Véritable star en Asie, il vole littéralement la vedette à Seth Rogen. C’est Kato, le vrai héro du film, il a toute notre attention. « The Green Hornet » est le premier film américain de Jay Chou, comme la série était le premier travail de Lee aux Etats-Unis. A surveiller donc… Toutefois, les deux acteurs forment un duo complémentaire vraiment comique. Rogen n’est pas très charismatique mais en pro de la comédie potache, il fait de Britt, un ado attardé égocentrique et vaniteux mais au final plus bête que méchant. Même Christoph Waltz, est drôlissime en mafieux russe obsolète qui tente de se refaire une jeunesse.
Michel Gondry, exilé à Hollywood depuis 10 ans, réutilise ses vieux réflexes de clippeur. Il livre un film de superhéros survitaminé et divertissant à souhait, agrémenté d’une jolie 3D.
« The Green Hornet » ne révolutionne pas le monde du cinéma mais on rit et on s’amuse deux heures durant. Vivement la suite.

*A la mort de l’acteur en 1973, un film fut créé à partir de scènes de la série pour lui rendre hommage. Tarantino en a fait de même en utilisant le générique du « Frelon vert » (composé par Al Hirt d'après "Le vol du bourdon" de Nikolaï Rimski-Korsakov) dans "Kill Bill : Volume 1" lors de l’affrontement entre la mariée et les 88 fous. Des fous qui portent tous d’ailleurs les fameux masques de Frelon vert et Kato.

mardi 25 janvier 2011

OSCARS 2011 : les nominations

Le 27 février 2011, Anne Hathaway et James Franco présenteront les Oscars. C'est la première fois qu'un duo de jeunes acteurs animera la cérémonie et vu les vidéos promo, on ne risque pas de s'ennuyer. Parmi les films choisis, "The King's Speech" fait l'objet de 12 nominations et part donc favori. "The Social Network", grand gagnant aux Golden Globes Awards, pourrait créer la surprise. Sans plus attendre, les nommés:

(en rouge, les films dont vous pouvez retrouver les critiques)

Meilleur film
127 heures
Black Swan
The Fighter
Inception
Tout va bien, The Kids Are All Right
Le Discours d'un roi
The Social Network
Toy Story 3
True Grit
Winter's Bone

Meilleur réalisateur
Darren Aronofsky (Black Swan)
Joel Coen & Ethan Coen (True Grit)
David Fincher (The Social Network)
Tom Hooper (Le Discours d'un roi)
David O. Russell (The Fighter)

Meilleur acteur
Javier Bardem (Biutiful)
Jeff Bridges (True Grit)
Jesse Eisenberg (The Social Network)
Colin Firth (Le Discours d'un roi)
James Franco (127 heures)

Meilleure actrice
Annette Bening (Tout va bien, The Kids Are All Right)
Nicole Kidman (Rabbit Hole)
Jennifer Lawrence (Winter's Bone)
Natalie Portman (Black Swan)
Michelle Williams (Blue Valentine)

Meilleur acteur dans un second rôle
Christian Bale (Fighter)
John Hawkes (Winter's Bone)
Jeremy Renner (The Town)
Mark Ruffalo (Tout va bien, The Kids Are All Right)
Geoffrey Rush (Le Discours d'un roi)

Meilleure actrice dans un second rôle
Amy Adams (The Fighter)
Helena Bonham Carter (Le Discours d'un roi)
Melissa Leo (The Fighter)
Hailee Steinfeld (True Grit)
Jacki Weaver (Animal Kingdom)

Meilleur scénario original
Another Year (Mike Leigh)
Fighter (Scott Silver, Paul Tamasy et Eric Johnson)
Inception (Christopher Nolan)
Tout va bien, The Kids Are All Right (Lisa Cholodenko et Stuart Blumberg)
Le Discours d'un roi (David Seidler)

Meilleure adaptation
127 heures (Danny Boyle et Simon Beaufoy)
The Social Network (Aaron Sorkin)
Toy Story 3 (Michael Arndt, John Lasseter, Andrew Stanton et Lee Unkrich)
True Grit (Joel Coen et Ethan Coen)
Winter's Bone (Debra Granik et Anne Rosellini)

Meilleure musique
127 heures (A.R. Rahman)
Dragons (John Powell)
Inception (Hans Zimmer)
Le Discours d'un roi (Alexandre Desplat)
The Social Network (Trent Reznor et Atticus Ross)

Meilleure chanson
127 heures ("If I Rise" - A.R. Rahman, Rollo Armstrong et Dido)
Country Strong ("Coming Home" - Bob DiPiero, Tom Douglas, Hillary Lindsey et Troy Verges)
Raiponce ("I See the Light" - Alan Menken et Glenn Slater)
Toy Story 3 ("We Belong Together" - Randy Newman)

Meilleure photographie
Black Swan
Inception
Le Discours d'un roi
The Social Network
True Grit

Meilleurs décors
Alice au Pays des Merveilles
Harry Potter et les reliques de la mort - partie 1
Inception
Le Discours d'un roi
True Grit

Meilleurs costumes
Alice au Pays des Merveilles
Amore
Le Discours d'un roi
La Tempête
True Grit

Meilleur montage
127 heures
Black Swan
Fighter
Le Discours d'un roi
The Social Network

Meilleur film étranger
Biutiful (Mexique)
Dogtooth (Grèce)
In a better world (Danemark)
Hors-la-loi (Algérie)
Incendies (Canada)

Meilleur documentaire
Faites le mur (Banksy)
Gasland (Josh Fox et Trish Adlesic )
Inside job (Charles Ferguson et Audrey Marrs)
Restrepo (Tim Hetherington et Sebastian Junger)
Wasteland (Lucy Walker)

Meilleurs effets spéciaux
Alice au Pays des merveilles
Harry Potter Et Les Reliques De La Mort : 1ere Partie
Au-delà
Inception
Iron Man 2



lundi 24 janvier 2011

UN RICK'S CAFE A CASABLANCA

Sur les traces d'Humphrey Bogart

A Casablanca, les cinéphiles ont leur point de rendez-vous, le Rick’s Café. C’est une réplique du bar mythique que tient Humphrey Bogart dans le film Casablanca. Il y a 7 ans, une Américaine a eu l’idée de lui faire prendre vie.

Point d’Humphrey Bogart sur le perron. A la place, deux gardes entre deux palmiers reçoivent en haut d’un petit escalier blanc. Deux portiers prennent la suite.
Les arcs et les balustrades se découvrent dans la pénombre. Un serveur prend la commande au son de « Mona Lisa » de Nat King Cole puis déposent des petits pains chauds dans des assiettes prévus à cet effet…
Kathy Kriger a eu cette idée dans l’après-midi du 11 septembre 2001. Elle décide d’abandonner son poste de diplomate américaine basé à Rabat et de reconstituer le café de son film préféré. Elle parvient à réunir 1 million $ auprès de 40 investisseurs en moins de deux ans. Le 1er mars 2004, le Rick’s Café ouvre ses portes.

Un décor digne du film
Adossé à la vieille médina qui surplombe le port, le restaurant est un ancien Riad des années 30. Il est habillé de blanc, à la manière de la ville qui l’abrite. Chaque élément du décor, du toit en voûte aux nappes, la rappelle.
Le soir, la salle s’obscurcit. Des lampes pourvues d’abat-jour perlé installent autour des tables, une ambiance feutrée. Romantisme de rigueur. Il ne manque plus que Bogart et Bergman discutant autour d’un thé à la menthe à la table d’à côté.
21 heures, Issam s’installe au piano. Après quelques classiques français et des standards américains, il joue l’inévitable « As Time goes by » (chanson culte du film). Quand Issam n’est pas là, Lenny Bluett prend le relais. Fils de la cuisinière de Bogart, il avait été auditionné pour incarner Sam (le pianiste du film). En vain. Grâce à Kathy, son rêve est en partie réalisé.
Au second étage, le film est diffusé en boucle en version muette sous-titrée anglais. L’occasion d’aller écouter le Sam original.

Dans l’ombre d’Humphrey Bogart
Lorsque le client a fini de fredonner « As Time Goes By » devant la télé, il peut redescendre dîner. Le serveur en tenue de soirée blanche et turban noir devance tous les désirs. Le menu propose une cuisine internationale de choix (hamburger, foie gras, poissons…).
Kathy Kriger passe dire bonsoir, puis s’accoude dans un coin sombre du bar pour siroter un verre de vin blanc. Tel son personnage préféré, elle scrute les différents clients. Si Rick lui rendait visite, c’est là qu’elle le placerait. A l’écran, en bon patron, il se mêle aux clients. Kathy, elle, se balade de tables en tables, l’air énigmatique, quasi fantomatique. Elle ne s’attarde jamais. N’est pas Humphrey Bogart qui veut. Le vrai Rick’s Café est moins hospitalier que son modèle fictif. Kathy ose déclarer : « Le fait qu’une femme américaine puisse réussir par elle-même dans ce pays en dit long sur le Maroc et sur la tolérance de ses habitants ». Joliment dit sauf que les clients de ce soir là, sont tous occidentaux. La carte est hors de prix pour un salaire marocain moyen. Un plat principal accompagné de vin coûte près de 300 dirhams (environ 27 euros). Everybody doesn’t come to Rick !





samedi 22 janvier 2011

CESARS 2011 : les nominations

Le vendredi 25 février, la 36e cérémonie des Césars sera présidée par Jodie Foster et animée par Antoine de Caunes. Avec 11 nominations, "Des hommes et des Dieux" fait figure de grand favori. Sans attendre, les nommés:

Meilleur film
L'Arnacoeur
Des hommes et des dieux
Gainsbourg (vie héroïque)
The Ghost-Writer
Mammuth
Le Nom des gens
Tournée

Meilleur réalisateur
Mathieu Amalric (Tournée)
Olivier Assayas (Carlos)
Xavier Beauvois (Des hommes et des dieux)
Bertrand Blier (Le Bruit des glaçons)
Roman Polanski (The Ghost-Writer)

Meilleur acteur
Gérard Depardieu (Mammuth)
Romain Duris (L'Arnacoeur)
Eric Elmosnino (Gainsbourg (vie héroïque))
Jacques Gamblin (Le Nom des gens)
Lambert Wilson (Des hommes et des dieux)

Meilleure actrice
Isabelle Carré (Les Emotifs anonymes)
Catherine Deneuve (Potiche)
Sara Forestier (Le Nom des gens)
Charlotte Gainsbourg (L'Arbre)
Kristin Scott Thomas (Elle s'appelait Sarah)

Meilleur acteur dans un second rôle
Niels Arestrup (L'Homme qui voulait vivre sa vie)
François Damiens (L'Arnacoeur)
Gilles Lellouche (Les Petits mouchoirs)
Michael Lonsdale (Des hommes et des dieux)
Olivier Rabourdin (Des hommes et des dieux)

Meilleure actrice dans un second rôle
Anne Alvaro (Le Bruit des glaçons)
Valérie Bonneton (Les Petits mouchoirs)
Laetitia Casta (Gainsbourg (vie héroïque))
Julie Ferrier (L'Arnacoeur)
Karin Viard (Potiche)

Meilleur jeune espoir masculin
Arthur Dupont (Bus Palladium)
Grégoire Leprince-Ringuet (La Princesse de Montpensier)
Pio Marmai (D'amour et d'eau fraîche)
Raphaël Personnaz (La Princesse de Montpensier)
Édgar Ramírez (Carlos)

Meilleur jeune espoir féminin
Leïla Bekhti (Tout ce qui brille)
Anaïs Demoustier (D'amour et d'eau fraîche)
Audrey Lamy (Tout ce qui brille)
Léa Seydoux (Belle Epine)
Yahima Torres (Vénus noire)

Meilleur scénario original
Tournée (Mathieu Amalric, Philippe Di Folco, Marcelo Novais Teles et Raphaëlle Valbrune)
Le Bruit des glaçons (Bertrand Blier)
Des hommes et des dieux (Etienne Comar et Xavier Beauvois)
Mammuth (Benoît Delépine et Gustave Kervern)
Le Nom des gens (Baya Kasmi et Michel Leclerc)

Meilleure adaptation
L'Arbre (Julie Bertuccelli)
La Princesse de Montpensier (Jean Cosmos, François-Olivier Rousseau et Bertrand Tavernier)
The Ghost-Writer (Robert Harris et Roman Polanski)
L'Homme qui voulait vivre sa vie (Eric Lartigau et Laurent de Bartillat)
Potiche (François Ozon)

Meilleure première oeuvre
L'Arnacoeur
Gainsbourg (vie héroïque)
Simon Werner a disparu...
Tête de Turc
Tout ce qui brille

Meilleure musique écrite pour un film
L'Arbre (Grégoire Hetzel)
Bus Palladium (Yarol Poupaud)
The Ghost-Writer (Alexandre Desplat)
Liberté (Delphine Mantoulet et Tony Gatlif)
Océans (Bruno Coulais)
La Princesse de Montpensier (Philippe Sarde)

Meilleure photographie
Des hommes et des dieux (Caroline Champetier)
Gainsbourg (vie héroïque) (Guillaume Schiffman)
The Ghost-Writer (Pawel Edelman)
La Princesse de Montpensier (Bruno De Keyzer)
Tournée (Christophe Beaucarne)

Meilleurs décors
Les Aventures Extraordinaires d'Adele Blanc-sec (Hugues Tissandier)
Des hommes et des dieux (Michel Barthélémy)
Gainsbourg (vie héroïque) (Christian Marti)
The Ghost-Writer (Albrecht Konrad)
La Princesse de Montpensier (Guy-Claude François)

Meilleurs costumes
Les Aventures Extraordinaires d'Adele Blanc-sec (Olivier Beriot)
Des hommes et des dieux (Marielle Robaut)
Potiche (Pascaline Chavanne)
La Princesse de Montpensier (Caroline de Vivaise)
Tournée (Alexia Crisp-Jones)

Meilleur son
Des hommes et des dieux (Jean-Jacques Ferrand, Vincent Guillon et Eric Bonnard)
Gainsbourg (vie héroïque) (Daniel Sobrino, Jean Goudier et Cyril Holtz)
The Ghost-Writer (Jean-Marie Blondel, Thomas Desjonquières, Dean Humphreys)
Océans (Philippe Barbeau, Jerôme Wiciak, Florent Lavallee)
Tournée (Olivier Mauvezin, Séverin Favriau et Stéphane Thiebaut)

Meilleur montage
Des hommes et des dieux (Marie-Julie Maille)
Carlos (Luc Barnier)
Gainsbourg (vie héroïque) (Maryline Monthieux)
The Ghost-Writer (Hervé De Luze)
Tournée (Annette Dutertre)

Meilleur film d'animation
Arthur 3, la guerre des deux mondes
L'Homme à la Gordini
L'Illusionniste
Logorama
Une vie de chat

Meilleur film documentaire
Benda Bilili !
Cleveland contre Wall Street
Entre nos mains
Océans
Yves Saint Laurent - Pierre Bergé, l'amour fou

Meilleur court métrage
Logorama
Monsieur L'Abbé
Petit Tailleur
Un transport en commun
Une pute et un poussin

Meilleur film étranger
Les Amours imaginaires
Bright Star
Dans ses yeux
Illégal
Inception
Invictus
The Social Network

César d'honneur
Quentin Tarantino

lundi 17 janvier 2011

GOLDEN GLOBES AWARDS 2011 : palmarès

Les Golden Globes Awards 2011 se sont déroulés hier soir. Baromètre précédent les Oscars, les heureux gagnants partent favoris pour la cérémonie de février. David Fincher est bien parti pour décrocher la fameuse statuette. Sa dernière réalisation, "The Social Network" a remporté 4 récompenses.
Voici les lauréats:

Meilleur film dramatique
Black Swan
The Fighter
Inception
The King’s Speech

Meilleur film
Alice aux pays des merveilles
Burlesque
The kids are All Right
Red
The Tourist

Meilleur acteur dans un film dramatique
Jesse Eisenberg (The Social Network)
Colin Firth (The King’s Speech)
James Franco (127 heures)
Ryan Gosling (Blue Valentine)
Mark Wahlberg (The Fighter)

Meilleure actrice dans un film dramatique
Halle Berry (Frankie & Alice)
Nicole Kidman (Rabbit Hole)
Jennifer Lawrence (Winter's Bone)
Natalie Portman (Black Swan)
Michelle Williams (Blue Valentine)

Meilleur acteur dans un film comique ou musical
Johnny Depp (Alice au Pays des Merveilles)
Johnny Depp (The Tourist)
Paul Giamatti (Barney's Version)
Jake Gyllenhaal (Love and others drugs)
Kevin Spacey (Casino Jack)

Meilleure actrice dans un film comique ou musical
Annette Bening (The Kids Are All Right)
Anne Hathaway (Love and other drugs)
Angelina Jolie (The Tourist)
Julianne Moore (The Kids Are All Right)
Emma Stone (Easy A)

Meilleur second rôle masculin
Christian Bale (The Fighter)
Michael Douglas (Wall Street : l'argent ne dort jamais)
Andrew Garfield (The Social Network)
Jeremy Renner (The Town)
Geoffrey Rush (The King’s Speech)

Meilleur second rôle féminin
Amy Adams (The Fighter)
Helena Bonham Carter (The King’s Speech)
Mila Kunis (Black Swan)
Melissa Leo (The Fighter)
Jacki Weaver (Animal Kingdom)

Meilleur réalisateur
Darren Aronofsky (Black Swan)
David Fincher (The Social Network)
Tom Hooper (The King’s Speech)
Christopher Nolan (Inception)
David O. Russell (The Fighter)

Meilleur scénario
Danny Boyle (127 heures)
Lisa Cholodenko et Stuart Blumberg (The Kids Are All Right)
Christopher Nolan (Inception)
David Seidler (The King’s Speech)
Aaron Sorkin (The Social Network)

Meilleure chanson originale
Burlesque (Bound to you)
Burlesque (You haven't see the last of me)
Country Strong (Coming home)
Le Monde de Narnia : L'Odyssée du Passeur d'aurore (There's a place for us)
Raiponce (Tangled) (I see the light)

Meilleure musique originale
Alexandre Desplat (The King's Speech)
Danny Elfman (Alice au Pays des Merveilles)
A.R. Rahman (127 heures)
Trent Reznor (The Social Network)
Hans Zimmer (Inception)

Meilleur film d'animation
Moi, moche et méchant
Dragons
L' Illusionniste
Raiponce

Meilleur film étranger
Biutiful
Amore (Io sono l'Amore)
Le Concert
Kray
Heaven, in a better world

Meilleure Série Dramatique
Boardwalk Empire (HBO)
Dexter (Showtime)
The Good Wife (CBS)
Mad Men (AMC)
The Walking Dead (AMC)

Meilleure Série Comique
Glee
The Big C
The Big Bang Theory
Nurse Jackie
Modern Family
30 Rock

Meilleure Mini-Série ou Téléfilm
Carlos (Canal+)
The Pacific (HBO)
Pillars of the Earth (Starz)
Temple Grandin (HBO)
You don't know Jack (HBO)

Meilleure Actrice dans une Série Dramatique
Julianna Margulies (The Good Wife)
Elizabeth Moss (Mad Men)
Piper Perabo (Covert Affairs)
Katey Sagal (Sons of Anarchy)
Kyra Sedgwick (The Closer)

Meilleur Acteur dans une Série Dramatique
Steve Buscemi (Boardwalk Empire)
Jon Hamm (Mad Men)
Hugh Laurie (Dr House)
Bryan Cranston (Breaking Bad)
Michael C. Hall (Dexter)

Meilleure Actrice dans une Série Comique ou Musicale
Toni Collette (United States of Tara)
Edie Falco (Nurse Jackie)
Laura Linney (The Big C)
Tina Fey (30 Rock)
Lea Michele (Glee)

Meilleur Acteur dans une Série Comique ou Musicale
Alec Baldwin (30 Rock)
Steve Carell (The Office)
Thomas Jane (Hung)
Matthew Morrison (Glee)
Jim Parsons (The Big Bang Theory)

Meilleure Actrice dans une Mini-Série ou un Téléfilm
Hayley Atwell (Les Piliers de la Terre)
Claire Danes (Temple Grandin)
Judi Dench (Cranford)
Romola Garai (Emma)
Jennifer Love Hewitt (The Client List)

Meilleur Acteur dans une Mini-Série ou un Téléfilm
Idris Elba (Luther)
Ian McShane (Les Piliers de la Terre)
Al Pacino (You don't know Jack)
Dennis Quaid (Special Relationship)
Édgar Ramírez (Carlos)

Meilleure Actrice de second rôle dans une Série, une Mini-Série ou un Téléfilm
Hope Davis (The Special Relationship)
Jane Lynch (Glee)
Kelly MacDonald (Boardwalk Empire)
Julia Stiles (Dexter)
Sofia Vergara (Modern Family)

Meilleur Acteur de second rôle dans une Série, une Mini-Série ou un Téléfilm
Scott Caan (Hawaii Five-O)
Chris Colfer (Glee)
Chris Noth (The Good Wife)
Eric Stonestreet (Modern Family)
David Strathairn (Temple Grandin) (téléfilm)

dimanche 19 décembre 2010

LE MONDE DE SOFIA


Somewhere, quatrième réalisation et deuxième scénario original de Sofia Coppola, sort le 5 janvier 2011. A cette occasion, le magazine Trois Couleurs diffusé dans tous les cinémas MK2, a décidé de consacrer un hors série à la fille de Francis.
Plus qu’une analyse pointue, Hollywood Princess dissèque littéralement l’univers de la réalisatrice. Son style est décortiqué et étudié sous toutes les coutures.
Débutant par une interview de Sofia, la suite reprend tous les sujets que cette dernière aborde. De la structure en miroir au thème de l’enfermement qui caractérisent tous ses films, la cinéaste moins perdue que ses héroïnes, se livre sur les différentes aspirations qui font son style. Impossible ainsi de faire l’impasse sur son père. Influencé par ce géant auprès duquel elle a pu se former, elle a pourtant su s’en émanciper, créant sa propre signature cinématographique.
Mais le magazine revient surtout sur les différents aspects du cinéma de la fille prodige. Un cinéma tout aussi désenchanté que trendy où la mode, la musique, et même la photo s’allient pour créer un univers gouverné par de jeunes gens languissants, qui traînent leur peine dans des cités aussi fantasques que mélancoliques.
Difficile également de passer à côté de cet important portfolio qui met en parallèle les quatre œuvres de Sofia, suivi d’un autre catalogue de photos, cette fois-ci consacré aux gens et aux œuvres qui l’ont influencé (le tout commenté par Harris Savides, son chef opérateur).
Mais le clou de ce dossier plus que complet, n’est pas la présentation évidente de sa célèbre famille, ni la redécouverte de Stephen Dorff trop longtemps abîmé dans de sombres séries B, mais un long reportage sur le château Marmont. Passage obligatoire pour toute star de Los Angeles qui se respecte. Trois Couleurs nous fait pénétrer dans cet endroit mythique pourtant peu connu dont on découvre l’histoire et les légendes.
Ce Hollywood Princess donne définitivement envie d'aller voir Somewhere, dernier Lion d’Or à la Mostra de Venise. 



Le hors-série consacré à Sofia Coppola est en vente dans tous les bons kiosques de France ainsi que sur Amazon

mercredi 15 décembre 2010

GOLDEN GLOBES AWARDS 2011: les nominations

Katie Holmes, Josh Duhamel et Blair Underwood ont révélé, le mardi 14 décembre, la liste des nominés de la 68e édition des Golden Globes Awards.
La cérémonie aura lieu le 16 janvier prochain.

Meilleur film dramatique
Black Swan
The Fighter
Inception
The King’s Speech
The Social Network

Meilleur film
Alice aux pays des merveilles
Burlesque
The kids are All Right
Red
The Tourist

Meilleur acteur dans un film dramatique
Jesse Eisenberg (The Social Network)
Colin Firth (The King’s Speech)
James Franco (127 heures)
Ryan Gosling (Blue Valentine)
Mark Wahlberg (The Fighter)

Meilleure actrice dans un film dramatique
Halle Berry (Frankie & Alice)
Nicole Kidman (Rabbit Hole)
Jennifer Lawrence (Winter's Bone)
Natalie Portman (Black Swan)
Michelle Williams (Blue Valentine)

Meilleur acteur dans un film comique ou musical
Johnny Depp (Alice au Pays des Merveilles)
Johnny Depp (The Tourist)
Paul Giamatti (Barney's Version)
Jake Gyllenhaal (Love and others drugs)
Kevin Spacey (Casino Jack)

Meilleure actrice dans un film comique ou musical
Annette Bening (The Kids Are All Right)
Anne Hathaway (Love and other drugs)
Angelina Jolie (The Tourist)
Julianne Moore (The Kids Are All Right)
Emma Stone (Easy A)

Meilleur second rôle masculin
Christian Bale (The Fighter)
Michael Douglas (Wall Street : l'argent ne dort jamais)
Andrew Garfield (The Social Network)
Jeremy Renner (The Town)
Geoffrey Rush (The King’s Speech)

Meilleur second rôle féminin
Amy Adams (The Fighter)
Helena Bonham Carter (The King’s Speech)
Mila Kunis (Black Swan)
Melissa Leo (The Fighter)
Jacki Weaver (Animal Kingdom)

Meilleur réalisateur
Darren Aronofsky (Black Swan)
David Fincher (The Social Network)
Tom Hooper (The King’s Speech)
Christopher Nolan (Inception)
David O. Russell (The Fighter)

Meilleur scénario
Danny Boyle (127 heures)
Lisa Cholodenko et Stuart Blumberg (The Kids Are All Right)
Christopher Nolan (Inception)
David Seidler (The King’s Speech)
Aaron Sorkin (The Social Network)

Meilleure chanson originale
Burlesque (Bound to you)
Burlesque (You haven't see the last of me)
Country Strong (Coming home)
Le Monde de Narnia : L'Odyssée du Passeur d'aurore (There's a place for us)
Raiponce (Tangled) (I see the light)

Meilleure musique originale
Alexandre Desplat (The King's Speech)
Danny Elfman (Alice au Pays des Merveilles)
A.R. Rahman (127 heures)
Trent Reznor (The Social Network)
Hans Zimmer (Inception)

Meilleur film d'animation
Moi, moche et méchant
Dragons
L' Illusionniste
Raiponce
Toy Story 3

Meilleur film étranger
Biutiful
Amore (Io sono l'Amore)
Le Concert
Kray
Haeven, in a better world

Meilleure Série Dramatique
Boardwalk Empire (HBO)
Dexter (Showtime)
The Good Wife (CBS)
Mad Men (AMC)
The Walking Dead (AMC)

Meilleure Série Comique
Glee
The Big C
The Big Bang Theory
Nurse Jackie
Modern Family
30 Rock

Meilleure Mini-Série ou Téléfilm
Carlos (Canal+)
The Pacific (HBO)
Pillars of the Earth (Starz)
Temple Grandin (HBO)
You don't know Jack (HBO)

Meilleure Actrice dans une Série Dramatique
Julianna Margulies (The Good Wife)
Elizabeth Moss (Mad Men)
Piper Perabo (Covert Affairs)
Katey Sagal (Sons of Anarchy)
Kyra Sedgwick (The Closer)

Meilleur Acteur dans une Série Dramatique
Steve Buscemi (Boardwalk Empire)
Jon Hamm (Mad Men)
Hugh Laurie (Dr House)
Bryan Cranston (Breaking Bad)
Michael C. Hall (Dexter)

Meilleure Actrice dans une Série Comique ou Musicale
Toni Collette (United States of Tara)
Edie Falco (Nurse Jackie)
Laura Linney (The Big C)
Tina Fey (30 Rock)
Lea Michele (Glee)

Meilleur Acteur dans une Série Comique ou Musicale
Alec Baldwin (30 Rock)
Steve Carell (The Office)
Thomas Jane (Hung)
Matthew Morrison (Glee)
Jim Parsons (The Big Bang Theory)

Meilleure Actrice dans une Mini-Série ou un Téléfilm
Hayley Atwell (Les Piliers de la Terre)
Claire Danes (Temple Grandin)
Judi Dench (Cranford)
Romola Garai (Emma)
Jennifer Love Hewitt (The Client List)

Meilleur Acteur dans une Mini-Série ou un Téléfilm
Idris Elba (Luther)
Ian McShane (Les Piliers de la Terre)
Al Pacino (You don't know Jack)
Dennis Quaid (Special Relationship)
Édgar Ramírez (Carlos)

Meilleure Actrice de second rôle dans une Série, une Mini-Série ou un Téléfilm
Hope Davis (The Special Relationship)
Jane Lynch (Glee)
Kelly MacDonald (Boardwalk Empire)
Julia Stiles (Dexter)
Sofia Vergara (Modern Family)

Meilleur Acteur de second rôle dans une Série, une Mini-Série ou un Téléfilm
Scott Caan (Hawaii Five-O)
Chris Colfer (Glee)
Chris Noth (The Good Wife)
Eric Stonestreet (Modern Family)
David Strathairn (Temple Grandin) (téléfilm)

vendredi 10 décembre 2010

HARRY BROWN *** (en avant-première)

Sortie: 12 janvier 2011
Réalisateur: Daniel Barber
Avec: Michael Caine, Emily Mortimer, Charlie Creed-Miles, Liam Cunningham, Jack O’Connell, David Bradley, Ben Drew…

Harry Brown, ancien marine vient de perdre sa femme. Alors qu’il ne lui reste plus que Leonard, son meilleur ami, celui-ci se fait assassiner par des jeunes de cité. Fatigué par la violence qui a envahi son quartier, Harry décide de se venger.

Pour son premier long-métrage, Daniel Barber dresse le portrait d’une Grande-Bretagne populaire gangrenée par la violence. Il y met en scène un Michael Caine de retour dans le quartier de son enfance. En effet l’acteur est né et a vécu non loin du tournage. Les gangs, il connaît. D’ailleurs, il en avait intégré un. Et l’armée, il en fit également partie. Michael Caine semblait donc prédestiné à incarner « Harry Brown ».
Excédé par cette jeunesse hors de contrôle que même la police n’intimide plus, le retraité décide de passer à l’action. On pourrait débattre durant des heures de ses procédés mais comment ne pas le soutenir face à des ados qui n’ont aucune limite.
« Harry Brown » n’est pas le premier film à traiter de ce sujet. Déjà en 2007, "This Is England" y faisait référence à travers le prisme du néonazisme.
Après 50 ans de carrière et 77 ans au compteur, qui d’autre que Michael Caine peut se vanter de tenir encore le haut de l’affiche ? D’ « Alfie », le séducteur, au psychiatre psychopathe de « Pulsions », l’acteur a un peu près tout expérimenté. Il excelle une fois de plus « Harry Brown ». Face à lui, Emily Mortimer. L’actrice anglaise interprète une inspectrice dévouée à son travail. Incarnation de la légalité et de la morale, elle perce vite à jour la vendetta orchestrée par Brown. Malgré l’opposition évidente des deux personnages, elle tendra à se diminuer tout au long du film. Si celui-ci a tendance à faire pencher la balance du côté de la loi du talion, le spectateur reste cependant libre de se forger sa propre opinion.
Thriller avant d’être une satire sociale, le film est toutefois ancré dans la réalité. Alors que des vidéos de passages à tabac circulent sans peine sur le net, « Harry Brown », sans être un tueur sans foi, ni loi, n’est que le reflet de notre société qui usée par une violence quotidienne, presque banalisée, atteint le point de non retour.

dimanche 5 décembre 2010

HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT - Partie 1 **


Sortie : 24 novembre 2010
De : David Yates

Avec : Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint, Ralph Fiennes, Tom Felton, Alan Rickman, Bonnie Wirhgt, Robbie Coltrane, Helena Boham-Carter, Jason Isaacs, David Thewlis, Clémence Poésy, Brendan Gleeson, Bill Nighy, Rhys, Ifans...

Voldemort est de retour pour de bon. Alors que celui dont on ne doit pas prononcer le nom et ses mangemorts raflent moldus et tout opposant, Harry Potter et ses amis partent à la recherche des horcruxes afin de les détruire.

Adaptation du dernier tome des aventures de Harry Potter, inutile de présenter l’apprenti sorcier et son univers. Si vous n’avez pas grandi avec, vous avez dû néanmoins, suivre ses aventures sur grand écran. Toujours réalisé par David Yates, pire réalisateur de toute la saga, celui-ci s’est tout de même amélioré depuis Le prince de sang-mêlé. Ce dernier qui désavouait complètement le travail de J. K. Rowling est à jeter aux oubliettes. Cette première partie de Harry Potter et les reliques de la mort n’est pas le meilleur chapitre de l’heptalogie, mais au moins, on n’est pas déçu.
Sombre, intelligent, plus adulte, on sent qu’on est passé à un tout autre niveau, et malheureusement, qu’on se rapproche de la fin. Fidèle au livre sans toutefois l’égaler, le film ne prend pas les spectateurs pour des imbéciles. La violence minimisée dans les opus précédents est cette fois-ci plus présente. Le trio plus que jamais complémentaire, devant affronter le maître du mal et ses sbires, impossible de dissimuler leur cruauté. Ralph Fiennes, peu effrayant à son arrivée, incarne enfin un Voldemort inquiétant. Son inhumanité envers humains et sang-mêlés n’est pas sans rappeler une certaine époque de notre Histoire. Difficile de ne pas rapprocher la conduite de Voldemort et de ces rafleurs à celle du nazisme (la scène d’introduction, est à cet égard, parfaite).
Daniel Radcliffe, Emma Watson, et Rupert Grint qui incarnent pourtant Harry, Hermione, et Ron depuis maintenant 10 ans, en font parfois trop. Bouches ouvertes, regards affolés… Après six années passées à Poudlard, on attendait plus de self-control de leur part. Radcliffe est finalement celui qui s’en sort le mieux. Dommage que Jason Isaacs et Tom Felton, charismatiques à souhait en mangemorts tourmentés, ne soient pas plus présents à l’écran. Le film aurait gagné en subtilité et intensité.
Deux films pour un livre. On pense immédiatement à une affaire d’argent. A première vue, aucun intérêt à diviser, un roman très court. Finalement, la décision est cohérente. Le livre recèle tant d’informations et de détails indispensables à la bonne compréhension de l’intrigue, qu’un seul et unique film n’est absolument pas suffisant.
Si Yates n’atteint pas une seule fois le niveau des quatre premiers films où le mot magie prenait tout son sens, son exploitation des paysages est par contre excellente. Contempler nos trois héros dans ces contrées désertiques et hostiles nous fait réaliser à quel point ils peuvent être seuls et vulnérables. Restent les livres. Irremplaçables, même par la plus belle des adaptations. Aucun réalisateur ne pourra un jour rendre compte du talent ensorcelant de J. K. Rowling.


vendredi 26 novembre 2010

MONSTERS **** (en avant-première)



Sortie: 1er décembre 2010
Réalisateur: Gareth Edwards

Avec: Whitney Able, Scoot McNairy…

Six ans après qu’une sonde de la NASA se soit écrasée au Mexique, libérant sur terre des particules de vie extra-terrestre, une partie du pays est désertée par la population et mise en quarantaine. Un photographe est prié par son patron d’escorter sa fille à travers la zone dévastée jusqu’à la frontière américaine.

Après les excellents Cloverfield, et District 9, difficile de ne pas être sceptique devant « Monsters ». Le titre ne laisse pas vraiment place au mystère et la bande annonce enfonce le clou. Hollywood, lassé de sa phase vampires, se réfugie dans une valeur sûre, les aliens. Ces derniers ont toujours fait, il est vrai, le bonheur du box-office. Sauf que Gareth Edwards nous rappelle qu’il ne faut pas toujours se fier aux apparences. Plus un moyen qu’une fin, ces mystérieux Monsters ne sont qu’un prétexte pour le réalisateur qui préfère se pencher sur l’âme humaine.
Road-trip fantastique sur fond de jungle mexicaine dévastée, on suit le parcours initiatique de Sam et Andrew. Outre un rapprochement évident entre ces deux jeunes gens que tout oppose (Scoot McNairy et Whitney Able sont tous deux irréprochables), Edwards glorifie et défend une nature martyrisée par l’homme aussi aveugle qu’ignorant. Combattant une créature qu’il ne cherche jamais à connaître, il ravage aussi bien territoire que population tandis que les pays voisins (impossible de ne pas penser à la politique protectionniste des Etats-Unis) se referment sur eux-mêmes.
Loin du blockbuster dont on nous fait la pub, Monsters est une fable écologiste et pacifiste qui nous surprend à chaque instant. De la poésie de Terrence Malick au scènes haletantes d’un Spielberg (le film réserve quelques moments de pur suspens), il n’y a qu’un pas. Edwards a su prendre à contre-pied toutes les attentes. En plus de signer une très jolie histoire d’amour subtilement amenée, qui vit son apothéose lors d’une scène finale de toute beauté, il livre un OVNI cinématographique qui laisse bouche bée.

jeudi 18 novembre 2010

DATE LIMITE **

Sortie: 10 novembre 2010
Réalisateur: Todd Phillips
Avec: Robert Downey Jr, Zach Galifianakis, Jamie Foxx, Michelle Monaghan, Danny Mc Bride, Juliette Lewis...

Peter est à des milliers de kilomètres de sa femme prête à accoucher. Après une altercation avec Ethan, aspirant acteur, ils se font tous deux éjecter de l'avion censé les mener à Los Angeles. Ils finissent par partager une voiture pour s’y rendre.

Todd Phillips ne semble plus pouvoir se passer de Zach Galifianakis. Alors que la suite de « Very Bad Trip », le film le plus hilarant de ces dernières années, est en plein tournage, le réalisateur met de nouveau l’acteur en tête d’affiche. Et ce n’est pas pour nous déplaire.
A la fois, buddy et road movie, « Date Limite » nous propose un duo inédit qui fonctionne plutôt bien. Ce qui n’empêche pas de ressortir du film, un peu déçu. En effet, les scènes les plus drôles sont dans la bande annonce. Du coup, aucune surprise à l’arrivée. On tourne vite en rond.
En tout cas, Robert Downey Jr semble ravi de travailler avec Zach Galifianakis. Si leur relation se serait dernièrement détériorée*, l’acteur a l’air très admiratif de l’humoriste. Plutôt crédible dans la peau d’un « Sherlock Holmes » adulescent, il est ici complètement dépassé par le génie comique de Galifianakis. Plus habitué aux drames qu’aux comédies, il en fait des tonnes pour tenter d’égaler son partenaire sans jamais y parvenir. Par contre, on adore voir cet ancien toxicomane déclarer qu’il n’a jamais touché à la drogue de sa vie. Auto dérision ultime!
Mais Galifianakis est définitivement la star de ce film. Drôle et touchant (et ce même dans les situations les plus ridicules), il est incompréhensible qu’il ne soit pas plus connu. Vivement la suite de « Very Bad Trip », qu’il soit enfin consacré star mondiale, comme il se doit.

*Un différend à propos d'une éventuelle participation de Mel Gibson dans la suite de « Very Bad Trip » aurait envenimé leur relation. Robert, adepte des secondes chances, n'aurait pas apprécié l'opposition de Zach et du reste de l'équipe à son cameo.

vendredi 12 novembre 2010

LA PRINCESSE DE MONTPENSIER **


Sortie: 3 novembre 2010
Réalisateur: Bertrand Tavernier
Avec: Mélanie Thierry, Lambert Wilson, Gaspard Ulliel, Raphaël Personnaz, Grégoire Leprince-Ringuet, Michel Vuillermoz, Florence Thomassin...

1562. Marie de Mézières est folle amoureuse d’Henri de Guise mais son père décide de la marier avec Philippe de Montpensier. Après leur mariage, ce dernier appelé par le roi, la confie à son bon ami, le comte de Chabannes. Il ne tarde pas, lui aussi, à être séduit par la jeune femme. Mais Marie n'a pas oublié de Guise. Enjeu de rivalités amoureuses auxquelles viendra s'ajouter par la suite, le duc d'Anjou, le frère du roi, Marie à force de passion, se perdra.

Après un thriller au cœur du bayou de la Nouvelle-Orléans avec Dans la Brume électrique, Bertrand Tavernier retourne aux films de costume. La princesse de Montpensier, sélectionné en compétition officielle au dernier festival de Cannes (où il n’a rien remporté), est une adaptation de la nouvelle éponyme de Madame de la Fayette (1662). Vie romancée de personnages ayant réellement existé (quoique Marie semble être une pure invention), Madame de la Fayette, féministe avant l’heure, y décrit à travers l’histoire d’une passion, la liberté entravée des femmes de son époque.
Difficile pour Bertrand Tavernier de choisir celle qui interprétera cette femme au destin bridé. Il a finalement porté son choix sur Mélanie Thierry. Césarisée pour Un dernier pour la route, l’actrice française qui a donc le vent en poupe en ce moment, est plutôt crédible dans la peau de Marie. Mais elle ne se contente que du strict minimum. Elle est bien belle et douce, mais tant que le tout manque cruellement de fougue. Pendant que Gaspard Ulliel (Henri de Guise), lui, déborde de passion, son animalité croissant avec les années, Mélanie Thierry aurait dû s’adjaniser davantage.
Ses partenaires masculins s’en sortent par contre à merveille. Ainsi, Grégoire Leprince-Ringuet (croisé dans La princesse de Clèves, également une adaptation de Madame de la Fayette) assure dans le rôle du mari trompé et jaloux. Ulliel est, quant à lui, dans son élément. Tandis que Raphaël Personnaz (le duc d’Anjou) est la révélation du film. Heureusement que le jeune comédien est là pour relever le ton accablé du film, de sa jovialité et de son charisme. Mais tout du long, on a d’yeux pour que Lambert Wilson. L’acteur auréolé du succès du très récent Des hommes et des dieux, doit être dans une période prolifique. Tour à tour, pygmalion, protecteur, amoureux platonique, père de substitution de la jeune Marie, le comte de Chabannes est le plus admirable et le plus sincère de tous ses prétendants. Wilson est tout bonnement magnifique. On ne lui connaissait pas cet aura si romantique.
La princesse de Montpensier serait d’un académisme ennuyeux selon certains. Peut-être. Mais le dernier Tavernier vaut tout de même le détour. Un rappel de la place de la femme au XVIème siècle ne peut pas faire de mal et Lambert Wilson est plus touchant que jamais.

dimanche 7 novembre 2010

L'HOMME QUI VOULAIT VIVRE SA VIE ***

Sortie: 3 novembre 2010
Réalisateur: Eric Lartigau
Avec: Romain Duris, Maina Foïs, Niels Arestrup, Catherine Deneuve, Branka Katic...

Avec l’adaptation libre mais fidèle du livre éponyme de Douglas Kennedy, Eric Lartigau change de registre. Réalisateur de « Mais qui a tué Pamela Rose » ou « Prête moi ta main », le compagnon de Marina Foïs donne cette fois dans le genre dramatique. Paul Exben (Romain Duris), avocat réputé et passionné de photographie, tue par accident l'amant de sa femme. Il décide alors de se faire passer pour mort et de fuir au loin. Une occasion pour lui de s'adonner à sa passion et d'enfin vivre sa vie.
Critique acerbe de l’Amérique bien pensante, Kennedy a refusé cinq offres de transposition avant d’accepter celle du réalisateur français. Si ce dernier installe l’intrigue en Europe au lieu de l’Amérique d’origine, il ne trahit pas un instant le caractère acéré de la plume du New Yorkais. Ainsi Lartigau joue le jeu et dénonce les travers de la petite bourgeoisie française. Mais c’est surtout la seconde partie du film axée sur la fuite de Paul qui nous intéresse le plus. Après la découverte de son talent comique monstre dans « L’arnacoeur », Romain Duris se montre ici tout en nuance. L’acteur, certainement le meilleur de sa génération, est aujourd’hui âgé de 38 ans. Il semble enfin en avoir fini avec ces rôles de trentenaires puérils et avoir gagné en maturité. Six ans après « De battre mon cœur s’est arrêté », il retrouve son partenaire Niels Arestrup. Dans « L’homme qui voulait vivre sa vie », ce monstre sacré du cinéma français, incarne une véritable chance pour le personnage de Duris. On adore également Branka Katic, actrice serbe solaire qu’il ferait bon de voir davantage.
Au final, ce long-métrage ne restera pas dans les annales mais c’est un joli film sur le thème de la rédemption qui mérite d’être vu. La réalisation de Lartigau, tout comme la totalité du casting, est à la fois sobre et juste. Jamais grandiloquent, « L’homme qui voulait vivre sa vie », est un de ces films où l'on ne se permet pas de craquer à l'image du héros. On retient son souffle jusqu'à la fin, touché par la destinée de cet homme torturé, voué à vivre dans la peur toute sa vie.